Congo-Kinshasa: Crimes dans l'Est de la RDC - Dr Mukwege plaide pour la fin de l'impunité

Denis Mukwege souhaite voir les auteurs de graves crimes commis dans l'Est de la RDC être punis sans exception. Le prix Nobel de la paix 2018 relance ainsi le débat sur l'examen du rapport « Mapping » de l'ONU.

Nul n'est au-dessus de la loi. Ainsi, tous ceux qui ont commis des crimes de sang devront être punis sans exception. C'est le combat mené par le prix Nobel de la paix 2018.

Loin de céder aux intimidations et menaces, Dr Dénis Mukwege reste droit sur ses bottes pour l'application de la justice, gage d'une paix durable. Le réparateur des femmes tient à mettre sur la sellette les auteurs des violations graves des droits humains et du droit international humanitaire commises en RDC suivant le rapport « Mapping » de l'Onu. C'est dans l'objectif de parer au cycle de violence dans l'Est de la République.

À travers son « appel à la paix » lancé, le jeudi 30 juillet, depuis Bukavu dans la province du Sud-Kivu et dont une copie est parvenue à la rédaction du journal Le Potentiel, Denis Mukwege soutient fermement l'examen approfondi du rapport « Mapping », réalisé par le Haut-commissariat des Nations unies pour les droits de l'Homme.

Pour rappel, le rapport « Mapping » élaboré par le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme, décrit les violations les plus graves des droits humains et du droit international humanitaire commises en République démocratique du Congo entre mars 1993 et juin 2003. Il s'agit d'un document dense et détaillé, basé sur des recherches extensives et rigoureuses effectuées par une équipe d'une vingtaine de professionnels congolais et internationaux en matière de droits humains sur une période de 12 mois. Le rapport examine 617 des incidents les plus graves survenus dans tout le Congo sur une période de 10 ans et fournit des détails sur des cas graves de massacres, de violence sexuelle et d'attaques contre des enfants, ainsi que d'autres exactions commises par une série d'acteurs armés, notamment des armées étrangères, des groupes rebelles et des forces du gouvernement congolais.

Réaction aux menaces des ennemis de la paix

Par ailleurs, l'alerte lancée par Denis Mukwege via son compte twitter dimanche 26 juillet, lui a valu des menaces de la part des ennemis de la paix. Il a réagi en ces termes : « Depuis mon tweet du dimanche 26 juillet dénonçant le récent massacre survenu à Kipupu en territoire de Mwenga au Sud-Kivu, j'ai reçu diverses correspondances haineuses et des membres de ma famille ont été́ intimidés et menacés. Il y a 22 ans, je découvrais les conséquences dramatiques de la guerre sur le sol congolais, dans la région des Kivus et dans d'autres provinces de notre pays. Depuis, je n'ai cessé́ de militer pour la recherche de la vérité́ et l'application de la justice, sans lesquelles nous ne pouvons espérer une paix durable. Peu importe la période, peu importe la région du monde, aucun mensonge, aucune construction falsifiée de l'Histoire n'a jamais réussi à pérenniser la paix ».

Pour ce célèbre gynécologue de l'hôpital de Panzi, la vérité sur les atrocités commises reste un préalable pour la réconciliation et la réparation pour les victimes. Ainsi, dire la vérité́, c'est le début du changement. Ce qui est d'autant valable pour une victime de violences sexuelles comme pour une victime de guerre, de génocide ou de n'importe quel traumatisme.

« Aucune malversation intellectuelle, aucune menace, aucune utilisation de la peur, ne m'empêchera de m'exprimer sur la réalité́ des atrocités que vivent les populations de mon pays et dont je soigne les séquelles tous les jours dans mon hôpital à Bukavu. Depuis 2012, après deux tentatives d'assassinat, je continue de recevoir des menaces de mort. Je vis dans mon hôpital sans pouvoir en sortir sauf lors de mes voyages à l'étranger. Qui a intérêt à m'assassiner ? Pourquoi ma recherche de la vérité́ et mon désir de justice dérangent ? La recherche de la vérité́ est un processus extrêmement difficile, je comprends que je sois attaqué et menacé par des gens qui ont choisi un camp, ce n'est pas mon cas, mon combat est la disparition de tous les massacres dans mon pays », a-t-il réagi avant de préconiser la mise en place d'une juridiction spéciale pour les crimes commis en RDC.

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