Ile Maurice: Politique énergétique - Nouvelle orientation sans Collendavelloo

Ivan Collendavelloo (photo) out, il semblerait que la politique énergétique du gouvernement change également d'orientation. Le projet de Combined Cycle Gas Turbine, tant défendu par l'ancien ministre de l'Énergie, a été mis de côté officiellement par le conseil d'administration du Central Electricity Board (CEB) la semaine dernière.

Pourtant, la direction du CEB comptait sur ce projet pour répondre à la demande d'électricité en prévision du retrait de deux des cinq moteurs disponibles à Fort-George. Ces deux turbines, d'une capacité de 20 MW chacune, ont bien 30 ans et sont pratiquement arrivées en fin de cycle de vie, même si elles sont toujours opérationnelles.

Des experts se demandent quelle est la solution que le gouvernement adoptera. D'autant plus que dans le dernier Budget, il n'y a rien concernant la rénovation des moteurs de Fort-George alors que la consommation d'électricité sera en hausse, même si la centrale de Saint-Louis a été fraîchement redéveloppée, ses moteurs ne fonctionnent pas comme celles vieillissantes de Fort-George et qui produisent de l'électricité d'une façon discontinue alors que celles de Saint-Louis doivent être mises en veille pour ensuite redémarrer et ainsi satisfaire la demande en électricité.

Pour comprendre ce changement, nous avons sollicité Chavan Dabeedin, qui a pris les commandes du CEB. Cependant, il n'a pas pris notre appel téléphonique alors que nous voulions qu'il nous explique aussi comment le fournisseur d'électricité fera pendant les prochaines années pour satisfaire tout le monde.

À noter que Shamshir Mukoon, en retrait depuis l'éclatement de l'affaire Saint-Louis, était un défenseur du projet de Combined Cycle Gas Turbine, tout comme l'ancien ministre Ivan Collendavelloo. Toutefois, il y avait des indications à l'effet que le Premier ministre, Pravind Jugnauth, n'était pas d'accord avec ce projet, qui nécessitait un investissement oscillant entre Rs 6 et Rs 8 milliards.

Pas de position officielle

Le chef du gouvernement n'a jamais pris une position officielle contre ce projet pour ne pas désavouer publiquement son ancien adjoint, mais il y avait des signes clairs comme l'eau de roche. Lors d'une question parlementaire le 4 décembre 2018, Ivan Collendavelloo devait indiquer que le projet était en bonne voie et que le CEB était en contact avec des bailleurs des fonds, notamment des banques pour le financer.

Aussitôt après cette réponse, le secrétaire financier, Dev Manraj, avait émis un communiqué pour dire que les corps paraétatiques devaient avoir le feu vert du ministère des Finances avant de négocier avec des bailleurs de fonds ou avant de contracter un emprunt alors que le ministre des Finances n'était autre que Pravind Jugnauth.

Ce n'est pas tout. Depuis quelques années, il n'y a aucune provision dans les budgets du gouvernement pour soutenir financièrement ce projet. «C'était clair que le Premier ministre n'avait aucune intention d'aller de l'avant avec ce projet, mais il n'a pas voulu l'annoncer officiellement pour ne pas mettre en péril l'alliance avec le Muvman Liberater. Désormais, avec un Ivan Collendavelloo affaibli, il peut le faire», note un observateur de ce dossier depuis des années. D'ailleurs, il n'est pas à écarter que le conseil d'administration du CEB a eu le soutien du bureau du Premier ministre pour mettre de côté ce projet car Ken Arian, conseiller spécial de Pravind Jugnauth, siège sur ce board.

Il n'y a pas que l'histoire de Combined Cycle Gas Turbine. Le contrat du CEB avec le groupe PAD Green, une filiale de PAD CO, pour l'aménagement d'un parc éolien pourrait également être résilié. Le fournisseur d'électricité a sollicité un avis légal avant de rompre cet accord pour éviter toute poursuite.

Pour rappel, la police enquête sur le consortium Padgreen-Suzlon, soupçonné d'avoir falsifié une garantie bancaire par rapport au projet des éoliennes. Et depuis l'éclatement de l'affaire Saint-Louis, la commission anticorruption tente d'établir s'il y a un lien entre Ivan Collendavelloo et PAD CO Ltd.

Le moratoire pour les pénalités sur les factures impayées étendues au 31 août

Dans la «Covid-19 (Miscellaneous Provisions) Act» de 2020, il était question d'offrir un moratoire de deux mois après le déconfinement total pour que les Mauriciens puissent régler leurs factures d'électricité. Ainsi, il avait été décidé que les abonnées du CEB avaient jusqu'à fin juillet pour payer leurs factures impayées durant le confinement sans encourir de pénalités. Le CEB a étendu ce moratoire d'un mois supplémentaire, soit jusqu'au 31 août.

Les pénalités seront imposées à partir du 1er septembre sur les factures impayées. Plusieurs abonnés ont été surpris de se retrouver avec une facture d'électricité très élevée représentant leur consommation d'électricité durant le confinement de deux mois et demi. Cela a soulevé plusieurs interrogations sur les méthodes de calcul de la consommation électrique car les «Meter Readers» étaient aussi confinés. Ainsi, la surcharge n'avait pas été applicable depuis mars.

Plus de: L'Express

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