Cameroun: Prétendue dotation de 8 milliards de F - La mise au point du Mincom

communiqué de presse

Dans une émission diffusée sur les antennes d'une radio privée émettant à partir de Yaoundé, un journaliste de la presse nationale a, au cours de la matinée du lundi 03 août 2020, cru devoir porter à l'attention de ses auditeurs, une information faisant état d'une dotation financière de 8 (huit) milliards de F qui, selon ses allégations, auraient été reçus par le ministre de la Communication, Monsieur René Emmanuel SADI, dans le cadre des ressources provenant du décaissement de 226 millions de dollars US, soit environ 126 (cent vingt-six) milliards de F, approuvé le 04 mai 2020 en faveur du Cameroun, par le Conseil d'Administration du Fonds Monétaire International (FMI).

En effet, ledit décaissement avait été effectué au titre de la Facilité de Crédit Rapide (FCR), pour accompagner les autorités camerounaises dans leur réponse aux besoins urgents de financement de la balance des paiements du Cameroun, dus à la pandémie du Covid-19 et aux chocs subséquents sur les termes de l'échange provoqués par la chute brutale des cours du pétrole à l'échelle mondiale.

Cette mesure du FMI intervenait deux mois après le lancement de la riposte nationale contre la pandémie du coronavirus au Cameroun, sous la Très Haute Impulsion du chef de l'Etat, Son Excellence Paul Biya, dans le cadre de laquelle le ministre de la Communication avait élaboré un plan gouvernemental de Communication sur la prévention et la sensibilisation contre la pandémie du Covid-19, validé par le Premier ministre, chef du gouvernement, pour un montant de 300 millions de F.

Sur les 300 (trois cents) millions de F sollicités, le chef du gouvernement, après les arbitrages effectués à son niveau, instruira le ministre des Finances en date du 27 mars 2020, de mettre à la disposition du ministre de la Communication, une dotation de 100 (millions) de F, soit le tiers de la demande initialement exprimée.

Par la suite, et il y a seulement quelques jours, c'est-à-dire en date du 22 juillet 2020, le Premier ministre, chef du gouvernement a, par décret n°2020/3221, procédé à la répartition de la dotation du Fonds Spécial de Solidarité Nationale pour la lutte contre le coronavirus et ses répercussions économiques et sociales.

Au titre de cette répartition du reste rendue publique, il est prévu que le ministère de la Communication recevra, dans les conditions prévues par ledit décret, une dotation de 420 millions de F pour le financement des deux activités suivantes, qui devront être exécutées d'ici au plus tard le 31 décembre 2020 :

l'intensification de la sensibilisation de proximité dans les espaces publics et les établissements scolaires à travers les caravanes mobiles sonorisées dans les dix régions ; l'animation des cadres de dialogues communautaires avec les leaders d'opinion et les médias de proximité mobilisés pour la promotion des bonnes pratiques liées à la thématique du coronavirus.

Il est donc clair que jusqu'à ce jour, le ministère de la Communication n'a jamais reçu aucun autre financement au titre du Covid-19 que celui d'un montant de 100 (cent) millions de F, du reste octroyé par le Premier ministre, chef du gouvernement à la fin du mois de mars 2020, pour nous permettre de faire face aux impératifs urgents de communication.

C'est au moyen de cette seule dotation que le chef de ce département ministériel s'emploie depuis quatre mois, à mettre en œuvre le plan initialement approuvé par le chef du gouvernement, avec bien entendu le concours de nos ressources budgétaires propres.

Autrement dit, le ministre de la Communication n'a jamais reçu, aucun financement autre que celui qui vient d'être indiqué, et qui comme chacun peut aisément s'en rendre compte, se situe loin, très loin des 8 (huit) milliards de F allégués par ce journaliste.

Il ne peut donc s'agir que d'une grossière et maladroite contre-vérité, mue par des intentions visiblement malveillantes et sans doute, inspirées par des sources avides de manipulation.

Quoi qu'il en soit, ce que traduit une fois de plus cette autre dérive journalistique, ce sont les graves carences des professionnels de nos médias qui, malheureusement, déteignent sur la presse camerounaise et portent un sérieux coup à sa crédibilité. Car, quelle que soit la source de cette contre-information, un simple recoupement des faits aurait permis au présentateur de cette émission pompeusement baptisée « Editorial », de parvenir à une justesse de son analyse.

Convié à une entrevue avec le ministre de la Communication en son cabinet l'après-midi de son forfait, ce journaliste, s'il en est encore un, alors qu'il était en train d'être confondu par ses propres turpitudes, a préféré s'illustrer par une attitude à la fois désinvolte et outrageante.

A la suite de quoi, il a été mis un terme à l'audience. Sur ces entrefaites, les services de sécurité sont allés l'auditionner ; audition au cours de laquelle il est passé aux aveux complets sur sa forfaiture, avant d'implorer le pardon des personnalités qu'il avait délibérément offensées dans son émission.

Je tiens à souligner que contrairement aux allégations mensongères de ce personnage, ni lui, ni ses enfants n'ont été l'objet de quelque maltraitance que ce soit, encore moins de séquestration dans le cabinet du ministre.

Telle se présente la vérité des faits sur cette affaire qui, en réalité, n'en est pas une, mais pour laquelle il se fallait d'informer l'opinion publique à bon escient, afin de mettre un terme définitif à toutes les affabulations distillées ces derniers jours, avec un emballement des réseaux sociaux notamment, dont la teneur était susceptible d'avoir de graves répercussions sur l'honneur et la dignité des personnalités injustement calomniées, et pire encore, d'impacter négativement la riposte nationale contre la pandémie du coronavirus au Cameroun, dont la pertinence et l'efficacité nous valent déjà une réelle appréciation de nombreux pays dans le monde.

Yaoundé, 04 août 2020

Pour le ministre de la Communication

Et par ordre,

Le Secrétaire général,

Félix ZOGO

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