Congo-Brazzaville: Secteur informel - 42.295 unités identifiées

Le directeur de cabinet de la ministre en charge des Petites et moyennes entreprises, Bienvenu Vouidibio, a fait l'état de la situation générale du secteur informel, le 4 août à Brazzaville, au cours de la séance plénière de l'assemblée générale du Conseil économique, social et environnemental.

Le secteur informel au Congo compte 42.295 unités dans la quasi-totalité des activités économiques principalement dans l'agriculture, le commerce et les activités assimilées, et le transport de masse.

Dans la dynamique de création de ces entités, on constate une progression moyenne annuelle de 2,29% au cours des dix dernières années.

Avec 76.764 personnes employées en permanence, il faut ajouter, outre le secteur informel maitrisé, une estimation de 100.000 personnes présentes dans les marchés, d'autres en acteurs ambulants ou épisodiques ou encore exerçant dans des sites précaires.

Selon la cartographie réalisée en 2018-2019, on note un chiffre d'affaires annuel à fin 2017 de 3.165 milliards FCFA, exclus du système bancaire national, alors que les dépôts dans les banques sont estimés à 1200 milliards FCFA.

Amortisseur social, le secteur informel contribue donc à la réduction du chômage, de la pauvreté et de l'exclusion sociale. Toutefois, ces entités sont très vulnérables.

Pendant les enquêtes en vue de réaliser cette cartographie, les acteurs du secteur informel interrogés sur l'évolution de leurs activités au cours des dernières années ont indiqué à 75% environ qu'elles étaient en régression, contre 17,3% les jugeant stables et à peine 6% environ les estimant en progression.

Un secteur davantage fragilisé

A la crise économico-financière s'ajoute la crise sanitaire. Née de la pandémie de la Covid-19, cette dernière s'est caractérisée par une désorganisation inédite de l'économie réelle avec l'arrêt brutal des activités, de l'augmentation du taux de chômage et de la baisse drastique et soudaine des revenus.

La dégradation de la situation a durement affecté ce secteur, causant ainsi la hausse des prix des produits locaux de l'agriculture, de la pêche et de l'élevage. Au cours de cette période de crise sanitaire, de plus en plus de personnes font recours à l'automédication. Une situation qui accroit également le nombre de personnes sur les listes des potentiels bénéficiaires des aides en numéraire comme Lisungui ou en nature.

« L'impératif est alors de déployer des actions en vue de renforcer la résilience des populations touchées sévèrement en même temps que le secteur privé et les autres acteurs pourvoyeurs d'emplois et de revenus dont une partie sert à alimenter la pompe distributrice au niveau du secteur informel », a souligné Bienvenu Vouidibio dans son exposé sur le thème « Le secteur informel : place et rôle dans la sortie de crise Covid-19 »

Au regard de cette situation qui fragilise le secteur informel, il est impérieux que l'Etat affecte prioritairement des ressources disponibilisées à l'acquisition des équipements, matériels et éventuellement des consommations intermédiaires pour renforcer le capital productif et améliorer la productivité.

« Le secteur informel recèle une très grande capacité de multiplicateur monétaire. Ainsi, plus tôt les aides globales prévues seront distribuées aux entreprises, plus vite sera la diffusion des sommes injectées dans l'économie nationale, dont une partie ira au secteur informel », a-t-il indiqué.

Ce décaissement favorisera la relance des productions et services structurés qui, à leur tour, sont sources d'impôts, de taxes et de l'emploi.

Pour engager une démarche plus élaborée d'appui direct et durable aux activités informelles, il est impérieux de développer des programmes visant l'amélioration des infrastructures à aménager et du processus de délivrance des papiers par l'Etat, mais également l'accès aux formations et aux services sociaux de base.

Gisement à fort potentiel d'emploi et de revenu, le secteur informel occupe une position centrale pour résorber le chômage et la pauvreté. « La créativité, l'ingéniosité, la résilience, l'adaptation des acteurs du secteur informel révélées particulièrement en ces temps difficiles commandent d'accorder une attention plus grande et mieux appropriée à ces catégories longtemps tenues à l'écart pour en faire des agents économiques à part entière », a-t-il conclu.

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