Congo-Kinshasa: Les rebelles M23 ont-ils attaqué les positions de l'armée en RDC?

Le gouvernement congolais confirme que les combattants du M23 sont les auteurs des récentes attaques mais l'ex-groupe rebelle M23 nie que ses combattants au Kivu soient en position offensive.

En RDC, le gouvernement confirme que les combattants du M23 sont les auteurs des récentes attaques contre des positions de l'armée congolaise dans le territoire de Rutshuru,au Nord-Kivu.Mais si le porte-parole du M23 nie l'implication de son mouvement dans ces attaques, la société civile de la région ne croit pas à ce démenti.

Dans le compte rendu du Conseil des ministres du 31 juillet,le ministre de la Défense nationale a fait mention d'un rapport du Mécanisme conjoint de vérification élargi (MCVE) qui confirme que les membres du M23 ont conduit des attaques contre des positions des FARDC.

Le M23 en position inoffensive ?

Le M23, qui a été défait par l'armée congolaise il y a sept ans,reconnaît pour sa part que ses quelques membres sont sur le sol congolais mais ils seraient dans une "position non-offensive" et donc, selon son porte-parole, le M23 n'aurait jamais mené les attaques contre les positions des FARDC

Pour Elie Mutela, il s'agit de rumeurs véhiculées par les services de renseignement de l'armée congolaise. Élie Mutela, porte-parole du M23 : "S'agissant des rumeurs faisant étant des assauts lancés contre les positions de l'armée congolaise, c'est faux et archi-faux. Il est vrai que certains de nos camarades ont décidé de rentrer au pays depuis plus de trois ans et ils sont en territoire de Rutshuru. Mais ils sont dans une position inoffensive face à la population et à l'armée. Cette fausse information a été créée par le service de renseignement de l'armée congolaise. C'est ce même service qui a fait arriver cette fausse nouvelle au ministre national de la Défense et de la sécurité. "

"Nous demandons à l'armée d'être plus vigilente"

Mais la société civile, qui a récemment alerté les autorités sur la reprise des activités militaires des combattants du M23, affirme ne pas croire à la réponse du M23.

John Balingene, le président de la société civile du Nord-Kivu, estime que le fait que ce groupe rebelle se trouve dans la région où les attaques ont eu lieu prouve que le M23 a repris ses activités. John Balingene, président de la société civile au Nord-Kivu.

"Si les membres du M23 disent qu'ils sont Innocents et qu'ils n'ont jamais lancé des attaques contre les positions de l'armée,c'est faux.Eux-mêmes reconnaissent qu'ils sont sur le sol congolais. Nous demandons à l'armée d'être plus vigilante et de renforcer ses effectifs dans la région. Au gouvernement congolais, nous demandons de doter les soldats des moyens conséquents pour barrer la route à ces ennemis de la paix."

L'armée quant à elle reste réservée sur cette question. Aucune communication n'a été faite par cette dernière depuis que les affrontements ont été signalés à Rutshuru.

Rappelons qu'après la défaite militaire de la rébellion du M23 en 2013, le gros des combattants avait trouvé refuge en Ouganda et y vivait dans le camp de Buhanga pour les uns, tandis que d'autres étaient passés au Rwanda.Ceux qui sont sur le sol congolais y sont revenus depuis 2017 sous la conduite de leur chef militaire.

A La Une: Congo-Kinshasa

Plus de: DW

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.