Afrique de l'Ouest: Renforcement des capacités des OSC pour un engagement efficace des parties prenantes à la conservation de la biodiversité

communiqué de presse

La forêt Haute-Guinéenne, en Afrique de l'Ouest, considérée comme l'un des « points névralgiques de la biodiversité planétaire » en raison de son extrême richesse en espèces végétales et animales, est de plus en plus menacée. Elle a perdu plus de 84 % de son étendue forestière originelle en un demi-siècle.

La Côte d’Ivoire, qui détient l’un des couverts forestiers les plus importants de la forêt Haute-Guinéenne a également perdu 13,5 millions d’hectares, soit 85 % de couverture forestière depuis son indépendance, en 1960. En 2017, l’organisation environnementale Mighty Earth déplorait que « malgré les lois ivoiriennes interdisant le défrichement dans les parcs nationaux du pays et dans les aires protégées, jusqu'à 90 % des terres protégées de la Côte d'Ivoire ont été défrichés pour laisser place à des exploitations de cacao, la matière première du chocolat».

La dégradation de la biodiversité de l’Afrique de l’Ouest est due à l’expansion agricole pour subvenir aux besoins d’une population en expansion dans les zones rurales et urbaines, l’exploitation forestière et la pêche non durable, la chasse et le commerce de viande de brousse, l’exploitation minière industrielle et artisanale, le développement industriel, le changement climatique et la pollution, etc.

Ces menaces ont accru la destruction et l’extinction des interactions terrestres, des milieux d’eau douce et d’autres interactions écologiques à travers l’Afrique de l’Ouest. Ces menaces, liées directement ou indirectement à la pauvreté sont cause d’instabilité politique et/ou de conflit civil, et sapent les efforts de paix et la stabilité en Afrique de l’Ouest, une région qui n’est sortie que récemment de décennies de conflits violents.

Bien que les Organisations de la Société Civile (OSC) aient contribué de manière significative à traiter un large éventail de thématiques avec l’approche fondée sur les droits en Afrique de l'Ouest, elles ont encore un rôle essentiel à jouer dans l'accompagnement des gouvernements et dans la sensibilisation à la protection de la biodiversité de l’Afrique de l’Ouest. Toutefois, étant donné la vaste portée et le développement rapide des questions émergentes liées au changement climatique, la performance effective des OSC, en particulières celles qui opèrent au niveau local et national, parfois sous financées, est freinée par des obstacles de manque de capacités pour mieux influencer les décisions des autorités. L'expérience a montré que les principales contraintes de capacité des OSC sont les problèmes liés à leurs systèmes de gouvernance et à leurs pratiques de gestion, à la redevabilité financière, au rapport sur les subventions des donateurs et à la communication.

Parmi les autres défis opérationnels qui affligent la société civile, on peut citer la faible documentation, le plaidoyer pour influencer les politiques et l'engagement des décideurs ainsi que le secteur privé. Il y a donc un besoin de fournir un appui institutionnel et opérationnel aux ONG locales clés opérant dans le domaine de la conservation de la biodiversité et de lutte contre le changement climatique pour stimuler encore plus d’efforts d'atténuation des changements climatiques et d'adaptation

C'est dans ce contexte que l’Institut de la Société Civile de l’Afrique de l’Ouest (WACSI) a été choisi par le Fonds de Partenariat pour les Ecosystèmes Critiques (CEPF) pour mettre en œuvre le projet intitulé « Renforcement des Capacités des OSCs pour un engagement efficace des parties prenantes pour la conservation de la biodiversité ».

Ce projet vise à renforcer les capacités institutionnelles et opérationnelles de 17 OSC de la Côte d’Ivoire, de la Guinée et de la Sierra Leone afin d’accroître leur engagement à la protection et à la conservation de la biodiversité. A travers ce projet, les organisations seront équipées pour engager efficacement et plaider en faveur de l’élaboration et de la mise en œuvre de cadres, de politiques et de règlements nationaux pour l’atténuation et l’adaptation au changement climatique, qui répondraient aux besoins nationaux en matière de développement et de durabilité environnementale.

« JVE Côte d'Ivoire accueille avec beaucoup de bonheur et d'enthousiasme ce programme de formation qui va venir soutenir la restructuration stratégique de notre organisation. Après plus de 10 ans d'existence, un défi se présente à notre organisation et main dans la main avec WACSI nous souhaitons franchir ce pont de la réinvention de nos actions pour le bien-être de l'environnement en Côte d’Ivoire », explique Mme Larissa YAPO, Directrice Exécutive de JVE Côte d’Ivoire, l’une des six organisations sélectionnées en Côte d’Ivoire.

Le projet sera décliné en série d'activités de renforcement des capacités à l’endroit des organisations participantes. Les activités se dérouleront en quatre phases : (1) la formation ; (2) le mentorat et l'encadrement ; (3) l'appui à la candidature de petites subventions et (4) la documentation des changements majeurs et des leçons apprises.

Le projet permettra d’améliorer la productivité organisationnelle et de renforcer les compétences de gestion axées sur les résultats des organisations participantes.

Les organisations participantes renforceraient également leur capacité à développer et à institutionnaliser les outils et les politiques essentielle de gestion financière.

« Nous espérons renforcer nos compétences en matière de mobilisation de ressources, de gestion financière et de talents, de même que bâtir une organisation efficace pour répondre aux besoins nationaux et régionaux en matière de meilleure gestion des ressources environnementales, humaines et naturelles », souligne Darius Barrolle, Directeur Exécutif de GREENLIFE Afrique de l’Ouest, l’une des cinq organisations du Sierra Leone.

Le projet va doter également les organisations participantes de connaissances et de compétences pertinentes pour influencer la prise de décisions et les politiques aux niveaux local et national et améliorer leurs capacités à communiquer efficacement les impacts et les résultats de leur interventions.

Les Partenaires :

Le Fonds de partenariat pour les écosystèmes critiques (CEPF) est une initiative conjointe de l’Agence Française de Développement, Conservation International, l’Union européenne, du Fonds pour l’Environnement Mondial, du gouvernement du Japon, et de la Banque Mondiale. Un objectif fondamental est de garantir que la société civile est engagée dans la conservation de la biodiversité.

L’Institut de la Société Civile de l’Afrique de l’Ouest (WACSI) – est créé en 2005 avec pour mandat principal de renforcer les capacités institutionnelles et opérationnelles de la société civile dans toute la région. En outre, l'Institut cherche à promouvoir et à faciliter le dialogue et la collaboration entre et parmi la société civile, le gouvernement et le secteur privé dans la poursuite de la bonne gouvernance, de la démocratie et du développement dans la région. Depuis qu'il est devenu opérationnel il y a plus de douze ans, l'Institut continue à appliquer une stratégie en trois volets pour combler les besoins en matière de capacités institutionnelles et opérationnelles des OSC à savoir : 1) le renforcement des capacités ; 2) la gestion des connaissances ; et 3) le plaidoyer et l’influence sur les politiques. Depuis, les programmes de l'Institut ont bénéficié à 4 535 acteurs du développement issus de 3 798 organisations de la société civile en Afrique de l'Ouest et au-delà.

 

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