Mali: Amnesty International accuse les forces de sécurité maliennes de répression sanglante

Des Maliens écoutent des Casques bleus de la MINUSMA lors d'une réunion sur la justice et la réconciliation dans la région de Mopti (photo d'archives).

L'organisation non gouvernementale, qui a documenté ces violations, parle de onze personnes tuées parmi les manifestants et les passants par les forces de sécurité.

Sidi Boumbia a succombé de ses blessures après avoir reçu une balle dans l'estomac. Ce jeune lycéen de 16 ans n'était pourtant pas parmi les manifestants, selon Amnesty International. Doumbia a été blessé par balle alors qu'il reparait des motos au quartier Badalabougou, a affirmé son père à l'ONG.

Doumbia fait partie des onze manifestants et passants tués lors des trois jours de violences qui ont secoué la capitale malienne début juillet.

Les balles réelles, pas une première

Pour Ousmane Diallo, chercheur à Amnesty International pour l'Afrique de l'Ouest, "On note clairement l'usage excessif de la force par les forces de sécurité qui a causé des morts à Bamako durant les journées des 10,11 et 12 juillet dernier. Et ce n'est pas la première fois qu'on voit ça ces derniers mois. Donc on ne peut pas comprendre qu'à un moment les forces de l'ordre tirent à balle réelle sur des manifestants."

Amnesty International fait état du déploiement de la force spéciale antiterroriste Forsat pour réprimer la contestation civile et exige que des sanctions soient mises en œuvre.

Pour l'ONG des droits de l'homme, l'affectation de la Forsat à une mission de maintien de l'ordre serait une violation claire de l'arrêté qui structure cette force, chargée exclusivement de lutter contre le terrorisme.

Pas de déclaration pour l'instant

Le porte-parole du ministère de la Sécurité, Amadou Mahamane Sangho, qui n'a pas voulu s'exprimer sur le communiqué d'Amnesty International, a toutefois indiqué à la DW que, (je cite) "une enquête judiciaire est déjà ouverte et les éléments judicaires situeront les responsabilités des uns et des autres".

À ce stade, celui-ci n'a pas voulu faire plus de déclaration.

Pour sa part, le Premier ministre Boubou Cissé a adressé un courrier au Ministre de la Sécurité pour lui demander qui a décidé d'engager la force spéciale et pourquoi Amnesty International a relevé aussi des cas d'abus des forces de l'ordre contre des journalistes.

Plus de: DW

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