Afrique du Sud: Le calvaire du personnel de santé

Établi dans un centre sportif communautaire appartenant à la ville du Cap, l'hôpital de campagne de Khayelitsha fonctionnera comme une extension de l'hôpital du district de Khayelitsha adjacent, augmentant essentiellement sa capacité à traiter les cas de COVID-19 modérés à graves.

Depuis le début de la pandémie, le personnel dans les hôpitaux sud-africains soignant des malades de la Covid-19 est mis à l'épreuve, notamment en raison du nombre et la qualité des équipements de protection.

Avec 521.318 cas confirmés, dont 8.884 morts, l'Afrique du Sud est le pays le plus touché du continent africain par la Covid-19, et le cinquième le plus touché au monde. A elle seule, la "nation arc-en-ciel" a enregistré plus de la moitié des cas de nouveau coronavirus en Afrique.

181 morts parmi le personnel de santé

Le personnel soignant est particulièrement touché : d'après le docteur Zweli Mkwize, le ministre sud-africain de la Santé, ce sont quelque 24.000 membres du personnel de santé qui ont été contrôlés positifs depuis mars dernier, soit un peu plus de 5% du nombre de cas dans le pays; 181 d'entre eux en sont d'ailleurs morts.

Il faut dire que les conditions de travail dans les hôpitaux sud-africains sont extrêmes : depuis le début de la pandémie, les syndicats ont mis en garde sur la sécurité du personnel soignant les malades de la Covid-19, ainsi que sur le nombre et la qualité des équipements de protection.

Le ministre de la Santé se veut optimiste

Malgré la propagation rapide du virus dans le pays, notamment dans les centres urbains pauvres et surpeuplés au Cap, à Johannesburg et dans d'autres villes, les hôpitaux ne sont pas encore débordés.

"Les unités de soins intensifs sont pleines mais n'ont pas encore atteint leur capacité maximum", a déclaré le docteur Zweli Mkwize lors d'une conférence de presse qui s'est tenue ce mercredi, avant d'ajouter qu'il y avait "encore de la place dans les hôpitaux de campagne".

Le ministre de la Santé a également déclaré que le gouvernement était en train de distribuer des équipements de protection individuelle - des gants et des masques - aux hôpitaux, et ce à travers tout le pays.

En outre, il a rappelé le vœu du président Cyril Ramaphosa d'éradiquer la corruption liée au coronavirus.

Des malversations liées au coronavirus

Lundi dernier, la médiatrice de la République Busisiwe Mkhwebane a en effet déclaré que son bureau enquêtait sur plusieurs plaintes concernant la fourniture irrégulière d'équipements de protection et d'installations de quarantaine dans le cadre de la lutte contre la pandémie de coronavirus.

Parmi les malversations présumées, il y a notamment la vente d'équipements de protection au gouvernement à des prix gonflés.

Selon le quotidien Business Day, Khusela Diko a dû quitter temporairement son poste de porte-parole de la présidence. Il s'est avéré que son mari avait obtenu un contrat de 124 millions de rands (soit un peu plus de six millions d'euros) pour fournir le département de la santé de la province du Gauteng, province où Khusela Diko est membre du comité exécutif de l'ANC, le parti au pouvoir.

Pour le président Cyril Ramaphosa, la corruption lors d'une catastrophe nationale est un "type de crime odieux". "Il est difficile de comprendre le manque total de conscience qui conduit un homme d'affaires, qui a entendu l'appel à fournir des fournitures de survie pendant une pandémie dévastatrice, à gonfler le prix d'un masque chirurgical de 900 %", a-t-il déclaré dans son bulletin d'information hebdomadaire, publié ce lundi.

"Tenter de tirer profit d'une catastrophe qui coûte la vie à notre peuple chaque jour, c'est l'action de charognards. C'est comme une meute de hyènes qui tournent autour de leur proie blessée".

Plus de: DW

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