Afrique: Double explosion à Beyrouth - Onde de choc sur le continent

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Longtemps surnommé « la petite Suisse du Proche Orient » du fait de son économie prospère, le Liban a été ravagé par 15 longues années de guerre civile (1975 à 1990) faisant des centaines de milliers de morts et de disparus et des millions de déplacés.

Depuis, la reconstruction du pays se poursuit tant bien que mal avec tantôt des succès, tantôt des crises politiques et des difficultés économiques. Malgré ce lourd passé, les Libanais ne s'attendaient pas à vivre une apocalypse telle que celle de ce mardi soir.

« Même pendant la guerre on n'a pas vécu une chose comme ça », a déclaré un habitant de Beyrouth au micro de RFI. En effet, le 4 août 2020, une forte explosion a retenti dans le quartier du port, en plein centre de la capitale, provoquant un incendie.

Elle a été suivie d'une seconde déflagration encore plus puissante accompagnée d'un champignon rappelant les images d'explosions nucléaires. Une scène dantesque.

Selon la Croix-Rouge, le bilan au lendemain de la catastrophe s'établit à plus de 100 morts et 4000 blessés, 300 000 sans-abri et un nombre encore incertain de disparus, probablement ensevelis dans les décombres.

Des vitres ont été brisées à des kilomètres à la ronde, notamment à l'aéroport de Beyrouth, situé à 9 km de la ville, tandis que le souffle des explosions était ressenti jusque sur l'île de Chypre, à 200 km de là.

Quant à l'origine de la catastrophe, elle reste incertaine, même si le Premier ministre Hassan Diab a évoqué l'inflammation de 2 750 tonnes de nitrate d'ammonium, une substance utilisée pour fabriquer des engrais et des explosifs, qui auraient été stockées depuis six ans et oubliées dans un entrepôt. Résultat, les dommages et pertes matérielles sont immenses.

Port de marchandises et de transport de passagers, Beyrouth est un point névralgique au bord de la Méditerranée pour les importations et les exportations de tout le Moyen- Orient.

Après la guerre civile, les infrastructures avaient été modernisées et de nouveaux terminaux construits pour atteindre la taille de quatre bassins, seize quais, ainsi qu'un gigantesque silo à grains qui, à lui seul, peut charger deux navires entiers.

Il a été éventré. Dès mardi soir, le gouvernement a décidé de réduire la vente de farine aux fours pour anticiper le risque d'une pénurie.

Que faisait une matière aussi dangereuse en telle quantité au cœur d'une ville de plus de deux millions d'habitants ? Quelle est l'origine de l'étincelle meurtrière ? Autant de questions qui, au lendemain de l'hécatombe, restent sans réponses.

Et si le souffle des explosions a été ressenti jusqu'à Chypre, son onde de choc, elle, est allée bien au-delà du bassin méditerranéen car de nombreux pays ont proposé leur aide au Liban, après que le Premier ministre a lancé un « appel urgent à tous les pays amis et aux pays frères ».

Cette vive émotion a été ressentie jusqu'au cœur de l'Afrique, quand on sait les liens qui existent depuis des générations entre le pays du Cèdre et le continent noir à travers la diaspora libanaise.

Une communauté qui, bien qu'intégrée, conserve des liens très forts avec la terre de ses ancêtres. Dès lors, on ne peut que compatir à la douleur de ce peuple qui vient de vivre l'une des pires tragédies de son histoire. En cette circonstance, nous sommes tous Libanais.

Plus de: L'Observateur Paalga

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