Congo-Kinshasa: Cobaye !

L'Etat de droit c'est une bonne chose. Mais, Vital Kamerhe ne doit pas en être le cobaye, répètent les cadres et militants de l'UNC. D'ailleurs, ils ont promis de descendre encore une fois massivement dans la rue ce vendredi 7 août 2020, date prévue pour le début du procès en appel de leur leader, pour clamer son innocence.

Enième rejet de la demande de mise en liberté provisoire de Vital Kamerhe. Hier mercredi, la Cour de Cassation s'est déclarée incompétente à ce sujet. Par conséquent, le Directeur de Cabinet de Félix Tshisekedi restera à la Prison Centrale de Makala jusqu'au terme du procès à la Cour d'Appel siégeant en audience foraine qui s'ouvre demain.

Est-ce un acharnement à l'égard de cet acteur politique de premier plan qui a récemment reçu une visite de compassion du Coordonnateur du FCC, Néhémie Mwilanya ? Les partisans de celui qu'on surnomme «le Pacificateur» dénoncent une justice à double vitesse. Parce que dans ce même procès 100 jours, dans son volet construction des sauts-de-mouton, l'Américain David Blattner, patron de la société Safricas, a été acquitté et libéré alors que les chantiers entamés demeurent inachevés.

Pourtant promis à la population pour le 30 juin dernier à l'occasion des 60 ans d'indépendance, ces ouvrages inachevés sont la cause principale des embouteillages monstres à travers la ville de Kinshasa. Ce n'est que ce mercredi 5 août que le saut-de-mouton de Pompage a été temporairement ouvert aux Kinoises et Kinois pour une durée d'un mois. Les cadres et militants de l'UNC n'ont pas tort de crier à deux poids, deux mesures.

Il y a lieu de se demander si un acteur de la trempe de Kamerhe, probable candidat à la présidentielle de 2023 si l'on se réfère à l'accord CACH conclu à Nairobi, peut-il s'enfuir, quitter le territoire national, une fois la liberté provisoire ou liberté conditionnelle accordée? Tout homme ayant le bon sens répondrait par le négatif. Certains ne comprennent pas que d'autres Kulunas en cravate courent les rues sans être inquiétés.

Dans son allocution à l'occasion de 60 ans d'indépendance, Félix Tshisekedi avait déclaré qu'à l'instar du procès 100 jours, les auteurs de coulages des fonds publics notamment, dans le projet Bukanga Lonzo, ... allaient être traqués par la justice. Rien n'est fait jusqu'à ce jour. Peut-être que les nouveaux magistrats nommés vont oser fouiner dans le passé et tirer des cadavres dans les placards.

Plus de: La Prospérité

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