Madagascar: « Loharano » se tarit déjà

Réorganisations à la base. Des modifications notables ont été constatées lors de la distribution de vivres et nourritures aux habitants de trois fokontany du Vème arrondissement, au Coliseum mardi dans la matinée. Dans le cadre de l'opération « Sosialim-bahoaka » d'envergure nationale, financée à hauteur de 20 millions de dollars.

La veille, des membres fondateurs du « Comité Loharano » d'Analamahitsy-Cité, par exemple, n'ont plus effectué le porte-à-porte pour remettre les tickets « du bonheur » aux ménages bénéficiaires du package de 50 kilos de riz, de deux litres d'huile, de deux boîtes de lait concentré, de 5 kilos de haricots secs, du sel, et d'un sachet du format familial du CVO. Ils ont été mis à l'écart.

Lors de la première phase des mesures énoncée par le Plan d'urgence social, des « bénévoles » du Comité Loharano ont été pris sous les feux des critiques. Presque un peu partout dans le pays. Ils ont été accusés par les laissés-pour-compte de s'adonner au favoritisme et à la corruption. Dans l'élaboration des listes des bénéficiaires du « Vatsy Tsinjo » et surtout du « Tosika Fameno » de 100 000 ariary par famille.

Dans le district de Farafangana, l'écho des détournements avérés a été dénoncé sur les réseaux sociaux. Ce qui a conduit à une ouverture d'enquête, comme il est de coutume dans un tel cas d'espèce. Sans que des poursuites judiciaires ne soient entamées pour condamner les présumés coupables.

Pourtant, cette entité ou structure de proximité aux contours flous sur le plan statutaire, a été initiée par le président de la République Andry Rajoelina. Il a souhaité que ce soient des personnes connues, respectées, dignes et intègres qui... intègrent le cercle restreint du « Comité Loharano ». Dont les chefs des secteurs qui devaient choisir « leurs collabos ». Mais au vu des doléances des concernés, devenus des éternels oubliés de la bonne cause de ces œuvres de bienfaisance, beaucoup parmi ces forçats volontaires ont failli à leurs nobles missions.

Aussi, la présidence de la République et le gouvernorat d'Analamanga ont décidé de prendre en charge et en main toutes les étapes de la chaîne de distribution. Les acteurs restants des « Comités Loharano », ont été réduits au rôle de figurants. « Les derniers des Mohicans » n'ont plus le droit de « manipuler » les donations présidentielles.

Par ricochet, ce sont les chefs fokontany qui attirent les foudres du chef de l'État. Par la désorganisation du dispatching. Il a été ferme et sans équivoque à l'endroit des velléités corruptrices, d'où qu'elles viennent, lésant les nécessiteux. Soit tout le monde, en somme.

Mais ces « inculpés », désignés ou choisis sans être des élus, ont-ils la légitimité « légale » auprès de leurs administrés? Possèdent-ils les moyens techniques, humains et financiers suffisants à leurs dispositions pour répondre aux attentes de l'Administration? Ils sont plus à plaindre qu'à blâmer. En fait, « Loaharano » a fini par devenir une source inépuisable de problèmes.

Plus de: L'Express de Madagascar

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