Cote d'Ivoire: Abdoulaye Racine M'Bengue (Secrétaire exécutif et vice-président du PDCI) - «Les Ivoiriens doivent sortir des passions...»

interview

Cadre de l'Indénié, secrétaire exécutif chargé des communautés et récemment nommé vice-président du Pdci-Rda, Abdoulaye Racine Mbengue appelle à une nécessaire cohésion partagée.

L'actualité politique est très alimentée par des déclarations qui renvoient à une certaine guerre entre votre parti politique et le parti au pouvoir, est-ce votre avis ?

Certainement pas. Les allures et les échauffements des esprits à l'approche des futures joutes présidentielles semblent présenter cet état.

Il nous faut maintenant veiller à ne pas reproduire les erreurs qui nous ont tant coûté en vies humaines, en destructions de richesses, jusqu'à la dégradation de biens de nos valeurs dans notre très récente histoire. Dans tous nos actes, gardons cela en mémoire.

Qu'est-ce que les populations ivoiriennes doivent alors espérer de ces anciens alliés politiques que sont le Pdci et le Rdr ?

Nous devons aux Ivoiriens et à l'ensemble des populations vivant dans notre pays le meilleur. C'est pourquoi chacun de ces partis politiques doit s'atteler à n'offrir que ce qu'il a de meilleur, en terme de cohésion sociale et de paix pour le bonheur et le cœur apaisé de chaque habitant de la Côte d'Ivoire.

C'est le minimum que ces ex-alliés et au-delà, les autres partis ainsi que l'ensemble des acteurs politiques doivent à chaque enfant, à chaque femme et à chaque homme vivant sur le territoire ivoirien.

Le ton monte dans tous les camps, tout de même...et vous dites qu'il n'y a pas de guerre entre les deux partis, Pdci et Rdr...

Je vous dirai même que nous subissons tous déjà la poussée intense et croissante de cette montée de ton les uns contre les autres, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de toutes les chapelles politiques. Mais, je vous répète qu'il n'y a pas de guerre.

Il nous faut par-contre veiller à bien canaliser cette montée de tension pour éviter qu'elle ne suscite la haine et qu'elle ne soit source de division entre les filles et fils de la Côte d'Ivoire.

Quelle solution proposez-vous à cette crise politique qui inquiète les Ivoiriens ?

Je ne vois pas, pour l'heure, de crise politique. Mais nous subissons, il est vrai, de vives tensions politiques qui annoncent ou signalent une éventuelle explosion dans le cadre de la préparation et la tenue de l'élection présidentielle 2020.

Il nous faut nécessairement contenir cette montée de ton pour nous éviter tout débordement au niveau de chaque organisation et chaque acteur politique, par des déclarations apaisées faites par les leaders politiques.

Il est fondamental que ces dirigeants s'engagent fermement et strictement à amener les Ivoiriens à aimer la paix.

Les Ivoiriens doivent sortir et oublier maintenant les passions tristes et faire le choix de la paix et de l'apaisement pour une cohésion vraie. Félix Houphouët-Boigny ne disait-il pas que la paix est notre seconde religion en Côte d'Ivoire ?

Que doit-on privilégier pour la réussite de la présidentielle ?

Nous avons le devoir de promouvoir l'expression de la fermeté de nos convictions, d'exiger le respect des engagements convenus et pris. Tels sont les enjeux des organisations politiques en cette année électorale.

Les Ivoiriens, en cette année 2020, sont attendus; ils seront regardés et observés de partout. C'est pourquoi, je voudrais tous nous exhorter à la responsabilité afin que le peuple ivoirien démontre aux yeux du monde sa maturité démocratique, gage de la stabilité de notre pays.

Il nous faut éviter l'irrespect, l'arrogance, la suffisance, les amalgames et les équivoques et nous rappeler que le Président Houphouët-Boigny nous appelait à éviter, en toutes circonstances, les vilains sentiments, qui seront la base de réactions dont les conséquences pourraient être excessives et générer une crise politique qu'il nous faut impérativement éviter cette année 2020.

Pouvez-vous être plus explicite?

Évitons, par exemple, de faire l'amalgame entre les problèmes de citoyenneté qui se règlent par des démarches administratives avec les problèmes politiques ou juridiques.

C'est en l'occurrence le cas de la demande de passeport de l'ancien Président Gbagbo Laurent, qui relève de démarches administratives liées à sa citoyenneté, qu'il faut éviter d'en faire un problème politique.

Par contre, les sujets relatifs à la Cei, à la liste électorale, au contentieux électoral et même l'analyse de l'opportunité du report des élections sont déjà des sujets pertinents et suffisamment lourds à aborder avec tous les acteurs socio-politiques.

Quel commentaire faites-vous de la liste électorale qui est aussi au cœur des débats ?

C'est justement tous ces points que nous devons pouvoir aborder sereinement durant la période de contentieux qui s'ouvre. On pourrait constater bien plus d'absents.

Ça peut arriver... mais il faut éviter les amalgames. C'est à cela que sert le contentieux électoral, corriger et rectifier les erreurs et omissions sur la présumée liste électorale affichée après la période de recensement.

A vous écouter, vous paraissez totalement serein...

Au Pdci-Rda, nous sommes sereins certes, mais vigilants. Ne nous donnons pas d'autres voies que celle d'avancer sereinement, mais avec fermeté et rigueur en vue de l'organisation d'élections crédibles et paisibles.

Dans tous les cas, le Pdci s'inscrit dans cette voie d'expérience et de sagesse. La campagne électorale n'étant pas encore ouverte, le moment opportun, vous en saurez plus.

Pour l'heure, concentrons-nous sur le cadre organisationnel de ces élections afin que celles-ci soient incontestables.

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