Cote d'Ivoire: Un discours à la nation particulièrement attendu

Le président ivoirien Alassane Ouattara

La Côte d'Ivoire attend le traditionnel discours à la nation d'Alassane Ouattara, à la veille de la fête de l'indépendance. Et une question est sur toutes les lèvres : le président ivoirien annoncera-t-il sa candidature à l'élection du 31 octobre prochain ?

Tout le pays est suspendu à l'allocution de ce jeudi soir. Évidemment, les militants d'Alassane Ouattara aimeraient non seulement que le président se présente à la prochaine présidentielle, mais qu'il profite aussi de ce discours pour déclarer sa candidature.

Ce mardi, le chef de l'État a présidé le Conseil des ministres, avec le nouveau chef du gouvernement Hamed Bakayoko, juste après un mini-remaniement lundi. En s'adressant à l'équipe, Alassane Ouattara a déclaré : « C'est vrai que nous sommes dans une année électorale, mais ça ne doit pas nous divertir par rapport à nos objectifs. » Avec une claire volonté de continuité, il a aussi encouragé les ministres à « travailler avec la même efficacité ».

Un pas en faveur de la réconciliation

Le Conseil a dans le même temps annoncé que le 16 décembre serait une journée nationale du pardon et du souvenir en mémoire du 16 décembre 2010, et des nombreuses victimes survenues lors d'affrontements devant le siège de la Radio télévision ivoirienne. Cette décision arrange le président ivoirien, alors qu'on lui a longtemps reproché de ne pas avoir fait suffisamment en faveur de la réconciliation.

Mais pour certains, il n'y aura pas d'annonce de candidature avant la mi-août, lorsque le deuil musulman de 40 jours sera terminé suite au décès d'Amadou Gon Coulibaly, très proche d'Alassane Ouattara. Ce dernier a d'ailleurs déclaré à ses ministres que la douleur était « encore assez grande pour tous ».

Des manifestations non loin de la Commission électorale

Dans le même temps, la fièvre électorale monte en Côte d'Ivoire. Dans le secteur du boulevard Latrille, à Cocody, des Ivoiriens manifestent depuis ce jeudi matin. Ils ont brûlé des pneus et mis des objets sur la route. En face, les forces de l'ordre les dispersent à coup de gaz lacrymogène notamment.

Ces protestataires seraient opposés à un nouveau mandat d'Alassane Ouattara mais aussi à l'absence de Laurent Gbagbo sur les listes électorales. Le FPI, le parti de l'ancien président, affirme qu'il a été radié.

Tout cela a lieu juste à côté de la Commission électorale. Le lieu n'a donc probablement pas été choisi par hasard, d'autant que depuis hier et jusqu'à demain, c'est la période du contentieux des listes électorales. Chacun peut déposer des recours concernant leur contenu, ce que ne vont pas manquer de faire les partisans de Laurent Gbagbo, mais aussi de Charles Blé Goudé et Guillaume Soro, car selon leurs équipes, les trois hommes auraient perdu le droit de vote à cause de leurs diverses condamnations par la justice ivoirienne.

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