Burkina Faso: Issouf Nacoulma, candidat a la présidence de la fédération burkinabe de tennis - « Mon bilan parle pour moi »

interview

En course pour un second mandat à la tête de la fédération burkinabè de tennis, Issouf Nacoulma ne veut pas se détourner de l'essentiel.

Convaincu de la qualité de son programme, il demande, dans cet entretien qu'il nous a accordé le lundi 3 août 2020 au stade du 4-Août, aux présidents de clubs, de faire le bon choix pour le renouveau du tennis burkinabè, le dimanche 16 août lors de l'élection à Manga.

Nous sommes à l'orée du renouvellement de toutes les structures sportives au Burkina Faso et nous constatons que vous êtes à nouveau candidat. Dites-nous ce qui motive votre décision de briguer un nouveau mandat.

Je vous remercie pour l'attention particulière que vous avez pour le tennis burkinabè. En fait, j'ai pris la décision de renouveler le mandat pour finir un travail déjà entamé.

Notre objectif, en prenant la tête de la fédération, c'était de relancer le tennis burkinabè. Je crois que nous sommes sur la bonne voie.

Nous avons aujourd'hui beaucoup de jeunes qui sont intéressés par ce sport parce qu'au niveau des seniors, on a senti que les joueurs étaient vieillissants et qu'il n'y avait pas de relève. Notre objectif, dis-je, c'était la relance du tennis à la base, en mettant des écoles de tennis en place.

Et comme j'ai une équipe assez dynamique, je me suis dit qu'il vaut mieux continuer plutôt que de s'arrêter en si bon chemin.

Ne sachant pas exactement si l'œuvre que nous avons si bien entamée sera poursuivie et bien sauvegardée par quelqu'un d'autre, nous avons pris la décision de nous engager tout simplement pour un second mandat

Quel bilan peut-on faire de votre premier mandat ?

Sans vouloir verser dans l'autosatisfaction, je pense que notre bilan est positif. Avant que mon équipe et moi ne prenions la tête de la fédération de tennis, le Burkina Faso n'avait participé à aucune compétition internationale pendant 12 ans.

De 2016 à 2019, nous avons participé à des compétitions internationales au moins 2 fois l'année, en catégories minime et cadette. Cela a permis aux enfants d'avoir de l'expérience.

Et mieux, nous avons reçu les remerciements et les félicitations de l'ITF (l'instance mondiale de tennis) et de la confédération africaine de tennis, grâce au travail que nous abattons au quotidien sur le terrain pour le développement du tennis burkinabè. Nous avons aussi reçu un trophée à Lomé.

Ceux qui nous ont remis ce trophée ont justifié leur décision par le fait que le tennis Burkinabè a, en l'espace de deux années, fait d'énormes progrès dans le domaine de la vulgarisation et de la promotion de cette discipline.

Et tout cela est à l'honneur de mon pays et de cette jeune fédération que j'ai la chance de diriger. Au regard de tous ces éléments que je viens de citer, on ne peut pas dire que le bilan n'est pas positif. En plus de cela, nous avons mis en place des écoles de tennis, où les entraîneurs sont rémunérés.

Et cela, sous la supervision d'un coordinateur. Ce qui n'existait pas avant notre arrivée. Maintenant, il faut bien sûr continuer dans cette dynamique. C'est la raison pour laquelle j'ai décidé de me porter candidat.

On constate qu'il y a trop de passion autour de ces élections. A votre niveau, peut-on dire que tout va pour le mieux ?

Au niveau de la fédération burkinabè de tennis, il n'y a pas de problème particulier. Et cela est dû au fait que nous nous sommes accordés dès le départ.

Vous savez que généralement, quand il y a des élections comme celles que nous vivons présentement, immédiatement après, le nouveau bureau livre un combat sans merci au bureau sortant.

Ce qui, souvent, entraîne des fissures et des divisions dans la maison. Moi, je n'ai jamais voulu m'inscrire dans cette démarche.

J'ai essayé de regrouper tout le monde parce que j'ai compris, dès le départ, que si tu n'as pas la majeure partie des acteurs avec toi, tu ne pourras jamais travailler dans la sérénité. Dès les premiers moments de mon mandat, j'ai tout de suite prôné la carte de l'apaisement en rassemblant toute la famille du tennis.

Je pense qu'on a réussi ce pari. Au niveau de la ligue de tennis, on a fait pareil. Nous nous sommes retrouvés, Traoré Karim et moi, avec nos adversaires d'hier autour d'un repas pour sceller la réconciliation. Et je pense qu'il n'y a pas de soucis à notre niveau

Peut-on donc dire que vous êtes un exemple à suivre au regard de tout ce qui se passe dans les autres fédérations ?

Je partage votre avis parce que ce n'est pas fréquent de voir une ligue et une fédération s'entendre de la sorte. Généralement, il y a une rivalité qui ne dit pas son nom entre ces deux entités.

Mais dès le départ, avec mon aîné de la ligue du centre, Karim Traoré, nous avons joué la carte de la transparence. Il n'y a pas de sournoiserie entre M. Traoré et moi.

Certaines personnes ont tenté, à maintes reprises, de nous opposer, mais ça n'a jamais marché parce que nos relations ont toujours été empreintes de respect et de franchise. Dès qu'il apprend quelque chose me concernant, il m'appelle immédiatement pour savoir ce qu'il en est. Et c'est pareil pour moi.

Certaines personnes sont même venues me dire de me méfier de lui parce qu'elles auraient appris qu'il voulait me ravir mon fauteuil. Mais il n'en était rien.

J'ai toujours bénéficié de son soutien. Vous savez, contrairement au football, le tennis est un monde restreint. Et si nous voulons toujours bénéficier du soutien de notre ministère de tutelle, nous avons tous intérêt à nous entendre.

Parlant du ministère, est-ce que les moyens qu'il met à votre disposition peuvent vous permettre de développer le tennis au Burkina Faso ?

« Seuls ceux qui ne font rien ou ne savent rien, ont la critique facile »

Le ministère donne ce qu'il a. Vous savez, dès lors qu'on parle d'accompagnement, ça exclut d'office toutes exigences de notre part.

Donc, tout ce qu'on peut faire, c'est de les approcher quand nous sommes confrontés à des difficultés. Mais cela dit, nous le faisons avec des éléments à l'appui. Sinon, nous savons tous que ce qu'il nous donne n'est pas suffisant pour développer ce sport. Mais on fait avec.

Qu'est-ce qu'il faut au tennis burkinabè pour véritablement prendre son envol ?

La formation surtout. La formation de nos entraîneurs et la formation de nos joueurs. Il y a aussi les stages. J'en ai parlé, à quelques occasions, au ministre des Sports qui a promis d'étudier la situation et nous revenir.

On dit que rien ne remplace la compétition. Si les enfants sortent à chaque occasion, s'ils rencontrent des joueurs plus forts qu'eux, cela va de soi que leur niveau va augmenter.

Mais s'ils sont toujours cantonnés dans le même cadre où ils ont l'habitude de se rencontrer entre eux, cela n'aboutira pas à grand-chose.

Allez-vous toujours continuer à compter sur la diaspora dans le cadre des compétitions internationales ?

On est obligé de compter sur eux, puisque ce sont des Burkinabè. Et nous leur apportons du soutien. Une partie du matériel que l'ITF nous offre, prend la direction de la Côte d'Ivoire où se trouve la diaspora.

Nous avons des entraîneurs, sur place là-bas, qui s'occupent de ces enfants. Et puis, ces athlètes ont, pour la plupart, leurs parents ici au Burkina Faso. Dans l'année, ils peuvent passer six mois ici, auprès de leurs familles.

Nous ne pouvons pas prendre le risque de leur dire de tout laisser tomber en Côte d'Ivoire pour rentrer au Burkina Faso sans pouvoir leur garantir quelque chose en retour.

Ce sont des enfants qui vivent du tennis là-bas. Sinon, ils ont des pièces d'identité burkinabè, des passeports burkinabè et ils voyagent au nom du Burkina Faso. On ne peut que les aider.

« Dès les premiers moments de mon mandat, j'ai tout de suite prôné la carte de l'apaisement en rassemblant toute la famille du tennis ».

Quel commentaire faites-vous de la rencontre entre le ministère des Sports et les présidents des fédérations à la veille du renouvellement des structures sportives ?

Cette rencontre était la bienvenue parce que même si au niveau du tennis, nous ne connaissons pas ce genre de tiraillements, ailleurs, on constate qu'il y a beaucoup de bruit autour de ces élections.

C'est une rencontre qui nous a fait du bien et avec les conseils que le SG du ministère a donnés, je pense que les gens vont revenir à la raison pour qu'on puisse avoir des élections apaisées.

Quelles sont les premières actions que vous allez entreprendre si vous êtes réélu pour un second mandat ?

C'est, immédiatement, d'organiser des tournois au niveau des minimes et des cadets. Ça fait vraiment plaisir de voir ces enfants jouer.

Si je dis immédiatement, c'est à cause de la Covid-19 qui a mis beaucoup de nos activités à l'arrêt. Il faut renouer immédiatement avec les compétitions afin que les joueurs soient en jambe pour les échéances internationales.

On entend souvent certains acteurs du tennis dire que les lignes n'ont pas bougé depuis que vous êtes à la tête de cette fédération. Quel commentaire cela vous inspire-t-il ?

Seuls ceux qui ne font rien ou ne savent rien, ont la critique facile. Comme je vous l'ai dit tantôt, mon bilan parle pour moi.

Ceux qui ruent dans les brancards aujourd'hui, étaient là avant moi. Qu'ils me disent ce qu'ils ont fait de positif en comparaison avec mon bilan.

Si le tennis burkinabè connait une baisse de régime aujourd'hui, c'est à cause d'eux. Alors, qu'ils arrêtent d'intoxiquer les gens.

D'où vous vient cette passion pour le tennis ?

C'est venu à tout hasard. J'étais en train de commenter un match de tennis avec tous le langage qui sied à cette discipline.

C'est-à-dire les revers, coup droit et autres. C'est là que des entraîneurs qui étaient assis juste à côté de moi, ont été séduits par ma parfaite maîtrise de cette discipline. Et c'est de là qu'est parti le déclic.

Ils se sont présentés et m'ont invité à participer à des matchs de tennis. Et depuis lors, je suis devenu un amoureux de cette discipline. Deux fois dans la semaine (jeudi et dimanche), je joue au tennis. Ma passion pour cette discipline m'a amené à voir plus loin.

C'est ainsi que grâce aux encouragements des uns et des autres, j'ai décidé de prendre les rênes de la fédération burkinabè de tennis. Je veux, moi aussi, apporter ma modeste contribution au développement de cette discipline.

Et je pense que je suis sur le bon chemin car, depuis que je suis là, le champion de la saison perçoit une prime de 250 000 F CFA.

Chose qui n'était jamais arrivée avant que nous ne prenions la tête de cette fédération. Et ce n'est que le début car, en fonction des moyens qui seront mis à notre disposition, nous allons valoriser et motiver davantage nos athlètes parce qu'ils le méritent.

Avez-vous un message à l'endroit des amoureux de cette discipline ?

Je souhaite que les Burkinabè s'intéressent au tennis. Qu'ils évitent de se mettre dans la tête que le tennis est un sport de riches. Non, ce n'est pas un sport réservé aux bourgeois. Ailleurs, on a vu des enfants de pauvres qui sont arrivés très loin grâce au tennis.

S'il y a une bonne politique en place, il n'y a pas de raison que la mayonnaise ne prenne pas. On n'a pas besoin d'argent pour inscrire son enfant. Nous avons des écoles de tennis partout au Burkina Faso.

Je peux citer, entre autres, l'ASECNA, l'espace aéré de la BCEAO, le tennis club de Ouagadougou et le stade du 4-Août.

Je voudrais signaler par ailleurs que les inscriptions sont libres. Que les parents n'hésitent pas à prendre d'assaut ces endroits. Nous les invitons et les encourageons à inscrire les enfants pour nous aider à développer notre sport.

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