Congo-Brazzaville: Environnement - La société IFO dispose de trois mois pour se conformer aux normes

La ministre du Tourisme et de l'Environnement, Arlette Soudan-Nonault, a effectué le 3 août dernier une visite de travail à la société Industrie forestière de Ouesso (IFO) dans le département de la Sangha où elle a accordé trois mois aux responsables de cette entreprise pour se conformer aux prescriptions environnementales.

C'est après avoir reçu les plaintes des ONG et parlementaires que la ministre en charge de l'Environnement s'est rendue sur le terrain pour constater la dégradation des ressources naturelles, causée par la société IFO.

Située dans la bourgade de Ngombé dans la sous-préfecture de Mokéko, à 60 km de Ouesso, chef-lieu du département de la Sangha, la société IFO, avec ses 1.159.642 hectares, exploite les ressources forestières depuis 2001. Elle ne répond pas à certaines dispositions de la loi 1991 sur la protection de l'environnement.

La Sangha étant un département vert, regorgeant de nombreuses ressources naturelles, il n'est point besoin de les dégrader, plutôt de concilier l'exploitation et la préservation. La loi exige que lorsqu'une entreprise qui veut s'installer au Congo, doit avoir l'autorisation de mise en concession des ministères de tutelle, certes, mais les textes voudraient aussi que les établissements de classe 1 et de classe 2, soient assujettis. Ceux de classe 1 sont assujettis à une étude d'impact environnemental et social, et ceux de la classe 2 à l'audit environnemental.

Les études d'impact environnemental et social permettent de prendre en compte tous les désagréments, les questions de nuisances, de pollution que pourrait générer l'exploitation des ressources naturelles, a souligné Arlette Soudan-Nonault. Ces études n'interdisent point l'exploitation, mais montrent comment exploiter pour préserver des vies humaines. Parce qu'il est question de pollution des eaux, des sols... Nul n'est censé ignorer la loi, a lancé la ministre de l'Environnement déplorant le fait que la société IFO ne dispose pas d'un certificat de conformité signé par son département, donnant droit à une autorisation d'ouverture (ce qui empêche toute sorte de dégradations).

IFO échappe à l'application de l'article 45 de la loi de 1991

Arlette Soudan-Nonault a saisi cette occasion pour demander au directeur général de la société IFO de lui présenter le certificat de conformité et lui expliquer pourquoi est-ce que les audits ne sont pas réalisés. Reconnaissant certains manquements, Geffroy Patrick, directeur général de IFO, a indiqué que depuis juin 2019, il est dans la dynamique de régulariser les choses qui n'allaient pas. « Depuis que je suis arrivé, je me suis mis dans une démarche de régularité. Nous sommes dans une dynamique d'aménagement continu. », a-t-il dit.

L'article 45 de la loi de 1991 stipule que « lorsqu'une installation rangée dans l'une des deux catégories d'activités classées est exploitée sans l'autorisation requise par la présente loi, le ministre chargé de l'Environnement met l'exploitant en demeure, soit d'en arrêter le fonctionnement, soit de régulariser sa situation en déposant une demande d'autorisation dans les plus brefs délais ».

La ministre de l'Environnement a accordé à la société IFO un délai de trois mois pour se conformer puis de monter un groupe de travail concerté. Elle lui a proposé un plan d'action triptyque, dans lequel il y aura une double tutelle, à savoir, l'Économie forestière, l'Industrie, impliquées dans ce genre de démarche, puis l'Environnement qui intervient non pas comme tutelle, mais comme régulateur de la protection de l'environnement.

Avant de visiter les différents sites de l'usine, elle a rappelé à la direction générale de faire un audit ; d'utiliser à bon escient les déchets dont l'incinération est faite à ciel ouvert ; de payer les taxes environnementales ; de répondre au cahier des charges.

Le préfet de la Sangha, Gilbert Moanda-Moanda, a fustigé la faiblesse des services de contrôle des exploitants forestiers. « Votre dynamique de dépoussiérer certains articles, certains documents liés à l'environnement, je pense que c'est une nouvelle ère qui commence. Car, il y a beaucoup de fonds, beaucoup de droits, qui reviendraient à l'État mais qui s'en vont parce que nous croisons les bras. J'exprime toute ma satisfaction de vous voir vous impliquer par vous-même dans les situations qui sont restées longtemps en veilleuse », a-t-il dit.

Notons que la ministre du Tourisme et de l'Environnement a remis au directeur général de IFO la carte touristique du Congo qui intègre l'un des volets du programme national de développement.

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