Afrique: Intégration - La Zlecaf pour stimuler la croissance et réduire la pauvreté

La Zone de libre-échange africaine(Zlecaf) peut stimuler la croissance et réduire la pauvreté, selon la Banque mondiale. En mars 2019, les dirigeants africains ont signé la déclaration de Kigali pour le lancement de la Zlecaf lors du sommet extraordinaire de l'Union africaine dans la capitale du Rwanda.

Le développement économique du continent

La Zone de libre-échange continentale africaine représente une occasion de stimuler la croissance, de réduire la pauvreté et d'élargir l'inclusion économique en Afrique, et cela malgré la crise engendrée par le coronavirus, souligne la Banque mondiale. Selon un nouveau rapport de l'institution financière internationale, la Zlecaf pourrait rapporter à l'Afrique 450 milliards de dollars de revenus supplémentaires soit une hausse de 7%. La libéralisation des tarifs douaniers et la réduction des barrières non tarifaires comme les quotas et les règles d'origine permettraient d'augmenter les revenus d'environ 153 milliards de dollars.

Les 292 milliards de dollars restants proviendraient de mesures de facilitation du commerce qui limitent les formalités administratives, abaissent les coûts de mise en conformité pour les sociétés commerciales, et facilitent l'intégration des entreprises africaines dans les chaînes logistiques mondiales. La mise en œuvre réussie de l'accord de libre-échange pourrait accélérer l'augmentation de la rémunération des femmes et sortir 30 millions de personnes de l'extrême pauvreté en Afrique d'ici 2035. "La Zone de libre-échange continentale africaine a la capacité d'accroître les possibilités d'emploi et les revenus, ce qui contribue à élargir les perspectives de tous les Africains ", a souligné Albert Zeufack, économiste en chef de la Banque mondiale pour l'Afrique.

" Elle devrait permettre de sortir de la pauvreté modérée environ 68 millions de personnes et de rendre les pays africains plus compétitifs", a-t-il précisé.

Amortir les effets négatifs du coronavirus

Le rapport de la Banque mondiale indique, en outre, que l'obtention de tels résultats sera particulièrement importante au regard des conséquences économiques de la Covid-19 qui devrait entraîner jusqu'à 79 milliards de dollars de pertes de production en Afrique en 2020. La pandémie a déjà provoqué des perturbations majeures dans les échanges commerciaux sur le continent africain, notamment pour des biens essentiels tels que les fournitures médicales et les denrées alimentaires.

La mise en œuvre réussie de la Zlecaf contribuerait à amortir les effets négatifs du coronavirus sur la croissance économique, en soutenant le commerce régional et les chaînes de valeur grâce à la réduction du coût des échanges. À plus long terme, l'accord continental ouvrirait aux pays africains des possibilités d'intégration et de réformes favorables à la croissance. En remplaçant la mosaïque d'accords régionaux, en rationalisant les procédures aux frontières et en donnant la priorité aux réformes commerciales, la Zlecaf pourrait aider les pays africains à renforcer leur résilience face à de futurs chocs économiques.

Stimulation des échanges intrarégionaux dans le secteur manufacturier

Le rapport de la Banque mondiale précise également que la Zlecaf pourrait permettre de réorganiser les marchés et les économies de la région, entraînant la création de nouvelles industries et l'expansion de secteurs clés. Les gains économiques d'ensemble seraient variables, les plus importants bénéficiant aux pays qui supportent actuellement des coûts d'échanges élevés. Ainsi, la Côte d'Ivoire et le Zimbabwe, où les coûts commerciaux sont parmi les plus lourds de la région, enregistreraient les résultats les plus favorables avec une augmentation de 14% des revenus dans chaque pays.

La zone de libre-échange stimulerait également de manière significative le commerce africain, en particulier les échanges intrarégionaux dans le secteur manufacturier. Les exportations intracontinentales augmenteraient de 81%, tandis que la progression vers les pays non africains serait de 19%. La mise en œuvre de l'accord entraînerait également des hausses de salaire plus importantes pour les femmes que pour les hommes d'ici à 2035, avec des augmentations respectives de 10,5% et de 9,9%. Elle permettrait également d'augmenter de 10,3% le salaire des travailleurs non qualifiés et de 9,8% ceux des travailleurs qualifiés.

"Néanmoins, la réussite de sa mise en œuvre sera primordiale », a prévenu M. Zeufack. Pour l'économiste en chef de la Banque mondiale pour l'Afrique, il conviendra notamment de suivre attentivement les effets de la zone de libre-échange "sur tous les travailleurs -- femmes et hommes, qualifiés et non qualifiés -- dans tous les pays et secteurs afin de garantir que l'accord porte pleinement ses fruits ".

Réduire tous les coûts commerciaux exigera une action volontariste

La publication du rapport de la Banque mondiale a pour but d'aider les pays africains à mettre en œuvre des politiques susceptibles de maximiser les bénéfices potentiels de l'accord tout en minimisant les risques. La création d'un marché à l'échelle du continent exigera une action volontariste pour réduire tous les coûts commerciaux. Il faudra pour cela adopter des législations permettant aux marchandises, aux capitaux et aux informations de circuler librement et facilement à travers les frontières. Les pays qui y parviendront pourront attirer les investissements étrangers et stimuler la concurrence, facteurs d'augmentation de la productivité et de l'innovation des entreprises nationales.

La Banque mondiale estime enfin que les gouvernements africains devront aussi préparer leur main-d'œuvre à tirer parti des nouvelles opportunités grâce à de nouvelles réformes destinées à réduire les coûts liés aux réorientations professionnelles.

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