Congo-Kinshasa: Retrait de troupes zambiennes - La diplomatie congolaise l'emporte

Le ministre d'État en charge de la Communication et des Médias et porte-parole du gouvernement, David-Jolino Diwampovesa-Makelele, a confirmé, jeudi 6 août, le retrait de troupes zambiennes du sol congolais. Il l'a fait savoir au cours d'une conférence de presse organisée en son cabinet de travail situé dans la commune de la Gombe.

«Le rapport de la mission de la SADC effectuée du 22 au 29 juillet 2020 a abouti à la reconnaissance par la Zambie que les territoires frontaliers de Kalumbamba et Kibanga qu'elle avait occupés appartenaient à la RDC. Aussi, le début d'évacuation des troupes zambiennes des sols congolais était convenu sur la période allant du 30 juillet 2020 au 4 août 2020. À la date du 4 août 2020, nos services compétents en la matière et tous les responsables congolais et étrangers ont constaté le retrait effectif des troupes zambiennes», a déclaré le porte-parole du gouvernement congolais.

À en croire le ministre d'État, «le comité mixte a ordonné, par ailleurs, l'implantation des bornes frontalières provisoires, en attendant la construction des bornes frontalières définitives et à matériaux durables. En ce moment, la population congolaise en général concernée est en liesse, en particulier, celle de Muliro. Elle a commencé à regagner les territoires anciennement occupés par l'armée zambienne».

La Zambie a fini par avouer

Pour rappel, le litige frontalier opposant la RDC à la Zambie résulte d'une divergence d'appréciation des limites frontalières entre les autorités britanniques qui ont colonisé la Zambie et le roi Léopold II souverain de l'État indépendant du Congo. Un traité afférent à la résolution de ce litige a été conclu en 1894 entre les 2 parties. Celui-ci n'a pas vidé la problématique de l'interprétation des limites frontalières faisant l'objet de ce litige.

En vue de prévenir tout conflit entre les deux pays et de résoudre les différends nés de l'interprétation du Traité de 1894 ci-haut évoqué, les deux pays ont mis sur pied un comité mixte d'experts en 1982 en vue de procéder à l'interprétation des dispositions de ce traité. Dans la méthodologie, les deux parties ont convenu de délimiter toute la longueur de la frontière congolo-zambienne querellée en deux phases : la première phase concernait la délimitation de la frontière terrestre ; la seconde phase concernait la délimitation des frontières lacustres entre les deux pays (c'est le litige le plus complexe).

Ceci a abouti à la signature du Traité de 1989 relatif à la délimitation de la frontière terrestre entre les deux pays (limites frontalières d'environ 200 kilomètres entre le lac Moero et le lac Tanganyika). Malgré tout, ce Traité de 1989 n'a toujours pas été totalement exécuté faute des moyens logistiques et autres, pour le matérialiser. Dans la suite des évènements sur ce litige, notamment en mars 2020, les troupes zambiennes ont commencé à occuper une partie du territoire congolais. Ceci a suscité la réaction congolaise qui avait trouvé cela inacceptable. Et la Zambie a fini par avouer que cela résultait d'un malentendu.

Intégrité territoriale

Saisie par la RDC, la SADC a décidé la constitution et le déploiement d'une équipe d'experts techniques en vue d'effectuer une mission de vérification dans les zones concernées.Comme on peut le constater, la RDC reste attachée au principe de l'intangibilité des frontières tel qu'édicté par les différents instruments juridiques internationaux auxquels elle a adhéré. C'est le cas de la Résolution du Caire de 1964, relative au respect des frontières héritées de la colonisation.

Cela a été maintes fois réaffirmé par le président de la RDC, Félix-Antoine Tshisekedi, garant de l'intégrité territoriale, qui avait invité les Africains à relever des challenges plus importants (développement, paix, démocratie, droits de l'Homme, etc.) que de se faire la guerre. Ce qui prouve à suffisance que ce ne seront pas les élucubrations des uns, ni les vociférations et les contre-vérités des autres qui empêcheront le chef de l'État congolais de privilégier la voie du règlement pacifique des différends pouvant opposer le pays à ses voisins.

Plus de: Le Potentiel

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