Congo-Kinshasa: Eschatologie du grand soir ?

Aussi simple que cela puisse paraître, la RD. Congo est aujourd'hui à la croisée des chemins. Les sociétaires de la coalition au pouvoir n'arrivent toujours pas à se déterminer sur la meilleure façon de diriger ensemble.

Ils se promettent l'enfer alors qu'ils se promettaient, plutôt, l'eschatologie du grand soir. Le 24 janvier 2019, à la lisière de la Gombe, plus précisément au Palais de la Nation, Félix Antoine Tshisekedi succédait à Joseph Kabila au pouvoir sous le rythme de vingt-un coups de canon, tout semblait indiqué que le mariage était scellé et que rien ne présageait le moindre signe que les convives n'allaient pas convoler en justes noces.

Dès le départ, en effet, un discours plantait bien le décor du triomphe d'une longue lutte, vieille de plus 36 ans dans l'opposition, pour un homme devant imposer la rupture, si pas radicaliser les idées novatrices à la tête du pays en vue d'un changement profond dans les différentes strates de la vie nationale. Aujourd'hui, à quelques encablures de la seconde année, les frasques récessives et fantasques de l'ivresse et la bouillabaisse réapparaissent, des fissures lézardent le ciel politique congolais si bien que les espoirs suscités par cette osmose initiale tentent, vraisemblablement, de s'étioler. A la place, c'est un épais brouillard qui vient ainsi jeter en pâture aux rapaces, les espoirs de la renaissance du Congo-Kinshasa.

Et, dans un tel contexte, les juges prêtent serment devant le Chef de l'Etat, Félix Tshisekedi, en l'absence de Mabunda, Alexis Thambwe Mwamba et même, du Premier Ministre. Alors que dans l'entretemps, deux d'entre eux boudent et s'accrochent à leurs postures à la Cour Constitutionnelle au détriment de leurs nouvelles fonctions à la Cour de Cassation.

La session de septembre qui arrivera très incessamment, devra, elle aussi, compter par ses priorités, de nombreux arriérés dont le poids de ces trois lois rebutées, rabrouées et répugnées par une bonne frange de la classe politique, la finalisation du dossier de la CENI aux animateurs arrivés fin mandat depuis juin 2019 et dont un rapport d'activités traîne, du moins jusqu'ici, dans les pupitres des Députés, le remplacement de Kabund et, pourquoi pas, l'investiture, en cas d'un éventuel réaménagement technique, du nouveau gouvernement devant se reconstituer après la démission de Tunda.

Déjà, le débat engagé autour de l'inconstitutionnalité ou non des Ordonnances présidentielles trahit, à la limite du raisonnable, un début de méfiance qui, progressivement, peut conduire à des axiomes susceptibles de plonger, une fois, le pays sur la voie d'une marche à reculons.

D'où, des appels à la sagesse à l'endroit des ténors se multiplient, pour éviter le pire. Chacun est ainsi appelé à mettre un bémol dans ses excentricités et appétits gloutons du pouvoir calqués, sans nul doute, sur les "agendas cachés" autour des prochaines joutes électorales fixées, comme tout le monde le sait, en 2023.

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