Maroc: La responsabilisation des cas Covid+ a tout l'air d'un vœu pieux - Faut-il s'attendre au pire ?

Mieux vaut s'y préparer

C'est l'histoire d'un cas Covid-19 asymptomatique à qui les autorités sanitaires ont demandé de respecter une quatorzaine à son domicile. Malheureusement, il a bravé l'isolement, pour se rendre chez des membres de sa famille qui ignoraient tout de son état de santé. Il y a passé tout un weekend sans porter de masque à nager dans leur piscine, à manger à leur table, et tout cela en sachant qu'il est porteur du virus.

Pis, à la fin de sa quatorzaine, il a éludé son escale familiale aux autorités sanitaires en leur assurant que la seule personne qu'il avait côtoyée était sa femme. Cette attitude totalement irresponsable et coupable a non seulement mis en danger les membres de sa famille, mais a également nourri des inquiétudes au sujet des récentes modifications apportées par le ministère de la santé. En effet, il y a du nouveau concernant le protocole de prise en charge et notamment l'instauration du suivi à domicile pour certains cas. Avant de rentrer dans les détails de la procédure, le récit d'introduction soulève plusieurs interrogations. Car certes, le suivi médical répond au besoin urgent et légitime de soulager les hôpitaux, mais il dépend un peu trop du sens de la responsabilité des cas Covid-19 auxquels il s'appliquera. Or, comme nous venons de vous le raconter, rien ne garantit que le protocole sera respecté.

En tout cas, le nouveau protocole de prise en charge concernera tout d'abord les cas asymptomatiques. Ils seront mis sous traitement de première intention pour une durée de 7 jours dans le cas où ils présentent des facteurs à risques tel qu'un âge supérieur à 65 ans, ou encore de l'asthme et autres maladies respiratoires chroniques. L'hypertension artérielle, le diabète, l'obésité pathologique, ainsi que l'insuffisance d'organes et les cancers sont également considérés comme des facteurs à risques.

En revanche, si le patient a la capacité de respecter les précautions recommandées et déclarer tout signe clinique à l'équipe chargée, il sera apte pour une prise en charge à domicile avec un isolement qui devrait d'abord durer 7 jours de traitement, puis 7 jours supplémentaires, pour un total de 14 jours d'isolement.

Dans cette configuration où la prise en charge se fait à domicile, le patient doit impérativement disposer d'une chambre individuelle bien aérée. Un critère très ambitieux, si ce n'est beaucoup trop ambitieux de la part du ministère de la Santé. Mais il y a encore plus incongru.

D'après le ministère de la Santé, si d'autres personnes partagent le lieu de vie d'un patient Covid-19 asymptomatique, il leur sera demandé de quitter leur domicile durant toute la période de prise en charge et d'isolement du patient, soit 14 jours.

Si c'est impossible, alors les personnes qui vivent sous le même toit seront considérées comme des cas contacts, ce qui impliquera inévitablement un suivi médical fréquent et rigoureux de leur état de santé. Et dans le cas où une de ces personnes présente un ou plusieurs facteurs à risques, elle n'aura d'autre choix que de quitter le domicile durant la période totale de prise en charge et d'isolement du patient (14 jours). En cas d'impossibilité, le cas Covid-19 devra être pris en charge dans une structure hospitalière, de préférence non-conventionnelle.

Là encore, le ministère de la Santé est à la merci de la responsabilité civique des uns et des autres. Plus en détail, la prise en

charge à domicile passe par un traitement curatif standard selon le protocole en vigueur. Une sensibilisation par rapport aux effets indésirables et aux mesures barrières et d'hygiène. Sans oublier une surveillance téléphonique journalière dont l'objectif est de guetter l'apparition des symptômes du Covid-19 et des effets indésirables du traitement. L'installation de l'application wiqaytna est impérative également tout comme le port du masque en permanence sauf lorsque le patient est isolé. En outre, les toilettes doivent être javellisées à chaque usage et un électrocardiogramme est primordial avant d'entamer la prise d'hydroxychloroquine.

Ça, c'est ce qui est prévu sur le papier. Mais comme tout le monde sait, entre le protocole prévu et son application il y a

souvent un décalage qui peut malheureusement avoir des conséquences tragiques. Pour finir sur une note d'espoir, concluons avec les critères de guérison. Ainsi, on apprend que pour un cas asymptomatique, on ne peut parler de guérison qu'à la fin des 7 jours de traitement sans l'apparition du moindre symptôme évocateur de la maladie. S'agissant des cas symptomatiques (probables ou confirmés), la guérison ne peut être actée avant une période de traitement de 10 jours. En plus, il faut constater une nette amélioration clinique, couplée à une absence de fièvre pendant trois jours consécutifs.

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