Madagascar: Test positif

Impitoyable. Le coronavirus a causé beaucoup de déchirement dans plusieurs familles qui ont perdu parents et proches. Il a également bousculé les mœurs et les traditions au point de secouer vivement l'identité culturelle des Malgaches en particulier leur rapport avec les morts.

La covid-19 perturbe aussi la vie socio-économique contrairement aux autres épidémies qui n'ont eu que des impacts relatifs sur les activités professionnelles et sociales de la population. Tout est chamboulé dans cette guerre d'usure dont personne ne peut prédire la fin. La pandémie reprend de plus belle en Europe après le déconfinement. Elle n'a jamais reculé aux États-Unis. Au Brésil, on a atteint le cap des cent mille morts. En Australie la covid-19 a repris la courbe ascendante de façon fulgurante.

Le monde entier mène une guerre acharnée contre cette pandémie qui n'est pourtant pas la plus meurtrière en terme de taux de mortalité comparée aux autres maladies qui déciment l'humanité et contre lesquelles on ne déploie pas de moyens aussi immense à l'image de la malaria, du sida, de la fièvre Ebola...

Tout compte fait le coronavirus n'a pas que des inconvénients. Il a permis de réduire nettement la pollution industriel et la course à la croissante avec l'arrêt total ou partiel des usines. Du coup, il a permis de réduire nettement le réchauffement climatique dans une proportion plus importante que les réunions au sommet comme Cop 21 ou 22 n'ont pas pu décider.

Chez nous, le coronavirus a permis de constater qu'on peut encore imposer une certaine discipline à une population jusque là imperméable à tout discours d'assainissement et de civisme. Les marchés ferment à 13 heures, l'embouteillage disparaît même provisoirement, les problèmes d'ordures semblent résolus étant donné que sans revenu les gens mangent moins. Espérons que le Vatsy Tsinjo ne contribue pas à faire déborder les bacs à ordures.

La capitale est plus propre et moins bruyante sans les bars à la belle étoile et les vendeurs de brochettes un peu partout.

Sur les routes nationales, sans les taxi-brousse, les bandits coupeurs de route sont au chômage. Si le coronavirus dure davantage, ils finiront par crever. À moins qu'ils figurent également parmi les heureux bénéficiaires de Vatsy Tsinjo.

Les charges familiales baissent sans transport et sans déplacements des écoliers mais malheureusement le revenu suit la même tendance.

Comme les prévisions de l'OMS annoncent une longue cohabitation avec ce diable de coronavirus, autant donc voir le côté positif apporté par le virus aussi bien dans la vie quotidienne qu'au niveau mondial. Un test positif vaut mieux qu'un cas asympathique.

Plus de: L'Express de Madagascar

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