Madagascar: Relance du tourisme - Le protocole sanitaire en cours de validation

Le Protocole sanitaire pourra être utilisé comme un outil marketing, pour attirer les touristes étrangers à Madagascar, selon Sandra Afick, directeur exécutif de la CTM.

Près de 100% des réservations émises par les principaux pays émetteurs de touristes sont annulées, selon la Confédération du Tourisme de Madagascar (CTM). Cependant, les opérateurs du secteur sont prêts à amorcer la relance, cette année même.

Les statistiques sont alarmantes. 44.000 emplois directs du secteur du tourisme sont en péril, suite à la crise de la pandémie de Covid-19. Plus précisément, il s'agit de 37.882 emplois dans l'hôtellerie et la restauration, et plus de 2.500 guides touristiques. Selon la CTM, 98% des employés du secteur sont au chômage technique. Cette année, 5.000 emplois auraient pu être créés par les nouvelles entreprises touristiques, s'il n'y avait pas de crise. A ces emplois directs sacrifiés s'ajoutent les quelques 300.000 emplois indirects. En tout, la CTM a indiqué un manque à gagner des opérateurs touristiques, s'élevant à plus de 475 millions d'euros, soit environ 2.137,5 milliards d'ariary.

Relance. Malgré cette situation désastreuse, la relance est déjà en gestation. Depuis que le président Andry Rajoelina a annoncé une première réouverture des activités touristiques, programmée en octobre 2020 pour la destination Nosy-Be, les différents acteurs du secteur du tourisme se sont préparés pour la reprise de leurs activités.

« Mandatées par le ministère de tutelle, la CTM et l'ONTM (Office nationale du tourisme de Madagascar) ont travaillé avec un consultant expert, pour la préparation du Protocole sanitaire à appliquer à la reprise des activités touristiques. Ce Protocole est déjà validé par le secteur privé et par le Ministère du Tourisme, des Transports et de la Météorologie. Il reste la validation du Ministère de la Santé, avant qu'il puisse être communiqué aux acteurs concernés », a indiqué Sandra Afick, directeur exécutif de la CTM.

D'après ces explications, l'application de ce Protocole engendrera des coûts aux opérateurs touristiques concernés, mais en contrepartie, il peut être considéré comme un outil marketing et un gage de confiance pour les touristes. Une fois validé, le Protocole sera diffusé. « Nous avons bénéficié d'un appui de l'Union Européenne, qui nous permettra de produire des affiches et vidéos facilitant la formation des opérateurs touristiques sur l'application du Protocole », a affirmé la représentante de la CTM.

Avantagé. Nosy-Be est un pôle touristique avec une superficie assez réduite, facile à gérer. Pour le secteur privé, cette ouverture prévue en octobre peut être considéré comme un « projet pilote », qui sera dupliqué dans les autres destinations, si tout se passe bien. Déjà informés sur la situation, quelques pays émetteurs ont déjà confirmé, qu'ils sont prêts à envoyer des touristes à Madagascar, et attendent impatiemment le contenu du Protocole sanitaire.

Selon la CTM, Madagascar est avantagé car il vise surtout les marchés européen et américain. « Nous avons beaucoup moins de cas de Covid-19, par rapport à ces pays. Cependant, le nombre de touristes potentiels qui pourraient visiter la Grande-île diminue pour diverses raisons. D'abord, la plupart des touristes que nous accueillons à Madagascar sont ceux du troisième âge. Ceux-ci sont pourtant les plus touchés par la pandémie.

En outre, dans le monde, la plupart des employés ont épuisé leurs congés, certains sont même passés au chômage technique. Cela veut dire que le nombre de touristes va certainement baisser. A cela s'ajoutent la politique des dirigeants visant à promouvoir le tourisme interne, c'est-à-dire, à garder leurs concitoyens dans leurs pays », a noté le directeur exécutif de la CTM. Certes, la relance sera difficile pour tous les secteurs d'activité économique, la différence pour le secteur du tourisme, est que les différents acteurs se montrent déjà prêts.

Plus de: Midi Madagasikara

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