Cameroun: « Le capital humain a constitué un axe majeur »

interview

Alamine Ousmane Mey, ministre de l'Economie, de la Planification et de l'Aménagement du territoire, président du caucus africain 2020.

M. le ministre, vous a travaillé au cours de ce Caucus sur le mémorandum de l'Afrique à présenter à la Banque mondiale et au FMI en octobre prochain. Peut-on en connaître les principaux axes ?

Cinq grands axes ont été retenus pour traduire les volontés, les engagements, les attentes des Etats africains représentés autour du caucus africain. Le premier aspect, c'est le renforcement de l'aide extérieure, la mobilisation des ressources. Cet appel a été adressé à l'endroit du FMI et de la Banque mondiale pour relever le niveau des ressources dont on a besoin en cette période difficile. Deuxièmement, il est évident que pour faire face à cette pandémie, le renforcement des infrastructures de santé, l'accès aux services sociaux de base, le relèvement de la qualité de l'éducation, en d'autres termes, la place du capital humain a constitué un axe majeur de nos politiques de développement. C'est un axe qui va faire l'objet de la présentation du mémorandum aux institutions de Bretton Woods.

Quid des autres axes ?

Le troisième axe concerne la gestion macro financière et budgétaire de la gouvernance en pareille circonstance de crise. Nous avons convenu qu'il faille bénéficier davantage de l'assistance, du soutien, de l'accompagnement de nos partenaires pour garantir une stabilité à l'intérieur et à l'extérieur. Le quatrième pan concerne le secteur privé, à travers l'emploi qui doit être préservé mais aussi créé pour nous permettre d'aller de l'avant en matière d'inclusion sociale. Le dernier axe de ce mémorandum concerne naturellement notre représentation au sein des institutions de Bretton Woods. Les pays africains sont représentés dans diverses sphères de ces institutions et nous saluons les développements récents qui ont donné lieu à la désignation d'un second vice-président de l'Afrique centrale et l'Afrique occidentale pour la Banque mondiale. Mais aussi la nomination, au niveau du FMI de Mme Antoinette Sayeh, comme directeur général adjoint

Comment les pays africains envisagent-ils globalement la riposte ?

Nous sommes dans une dynamique qui permettra à nos pays de poursuivre non seulement la riposte face à la pandémie, mais de se structurer dans le futur à travers des transformations structurelles économiques. Ceci passe par la promotion du numérique, du genre, des jeunes. Il y a également la création d'entreprises, le soutien au secteur privé, afin que nous puissions retrouver le sentier d'une croissance durable et plus forte. Le continent va rencontrer d'énormes difficultés. C'est la toute première fois, après près de 25 années de croissance que l'Afrique subsaharienne connaitra une récession. C'est donc dire l'ampleur des conséquences socio-économiques de la pandémie. Mais Dieu merci, au regard des statistiques des pays, nous voulons penser que cette pandémie est maitrisée.

Plus de: Cameroon Tribune

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.