Congo-Brazzaville: Couleurs de chez nous - Mutuelles virtuelles

On a déploré l'avènement des réseaux sociaux pour leur côté destructeur de l'image des individus par une exposition de la vie privée des gens, car ces nouveaux médias sont devenus de véritables cours de justice. C'est ici que des couples viennent en découdre ou divorcer. C'est ici que des méchants exposent les secrets de leurs adversaires. C'est aussi ici que des peines sont prononcées contre des individus ayant trahi les alliances.

Alors que certains y sont accrochés, d'autres ne veulent rien savoir des réseaux sociaux. Il en va des institutions qui y recourent à certains Etats qui s'ingénient à en contrôler les contenus. Entre peur et admiration, ils sont à la fois objets de passion et d'information développant au passage des sentiments complexes et contradictoires.

Cependant, au-delà de ces considérations qui ne sont pas à rejeter, les réseaux sociaux commencent à nous montrer leur nouveau visage. Surtout pour les Africains, notamment les Congolais, dont l'esprit communautaire est fortement souligné par les experts des sciences sociales.

En effet, les réseaux sociaux ont inspiré des gens à se retrouver autour des plateformes appelées « groupes ». Ils sont composés des membres d'une famille ; des agents d'une société ou d'une institution, d'anciens amis, d'anciens élèves de tel collège ou tel lycée ou même des « ressortissants des villages ou zones de... », comme savent le faire les gens de chez nous.

En réalité, ces groupes ne sont que le visage virtuel de ce qui a toujours existé chez nous et que sont les fameux « muzikis » ou mutuelles. Si dans le schéma classique, ces associations avaient fait des rencontres physiques une exigence statutaire (assortie d'une sanction !), il n'en est plus le cas pour les mutuelles de l'ère numérique.

Ici, les contributions sont faites par transfert. Ici, encore, un appel vidéo ou un enregistrement audio sont considérés comme des actes de présence à une réunion ou à une « veillée ». Comme le disait le philosophe : « Exister, c'est être perçu ! ». Or, être perçu aujourd'hui ne se ramène pas à la notion physique mais au facteur virtuel.

En toute objectivité, le basculement des « muzikis » dans le monde virtuel a plus ou moins civilisé les pratiques et renforcé les liens. Même des ennemis acceptent de faire partie d'un même groupe, car rassurés, chacun, de ne jamais se croiser tout en s'assistant sans devoir se parler. Un point de gagné dans le cadre du vivre-ensemble et de la tolérance sociale. Sur le plan financier, la note est positive avec les contributions qui deviennent systématiques grâce à la levée d'un facteur bloquant qu'est le déplacement.

Une anecdote pour terminer : la création des groupes ou « muzikis » des « homos » (Pardon ! Lisez plutôt « homonymes ») : ces personnes qui ont soit le même prénom soit le même nom. Exemple : « Groupe des Clotilde » ; « Groupe des Brice » ou Groupes des « Makosso », «Likibi », « Ndinga » ou « Samba »./-

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