Congo-Brazzaville: Voir ou revoir - « Alicia » de Michael Gandoh

Court-métrage dramatique, sorti en 2018 et réalisé par le Congolais Michael Gandoh, « Alicia » raconte l'histoire d'une petite fille autiste, considérée comme une charge inutile et une sorcière.

Très proche de la réalité, « Alicia » est une fiction qui peint, avec pertinence et démagogie, la problématique de l'autisme au cinéma tout en emmenant le téléspectateur à réfléchir sur son comportement face aux personnes qui en sont atteintes. Maladie handicapante, l'autisme est un trouble du neuro-développement humain caractérisé par des difficultés dans les interactions sociales et la communication, ainsi que des comportements et intérêts à caractère restreint, répétitif et stéréotypé.

Rendant impossible l'établissement d'un lien social avec le monde environnant, l'autisme a fait d'Alicia sa victime et sa prisonnière. A cause d'une maladie qu'elle n'a pas choisie, la petite fille se voit rejetée par son père et haïe par sa grand-mère, qui ne voit en elle que l'image d'une malédiction. Face à cette calamité, son seul soutien demeure désormais sa mère qui doit se battre contre tous pour préserver sa fille de la méchanceté de la société.

« Alicia », c'est un peu le reflet de la vie des enfants autistes et le mépris qu'endurent leurs mères. Leur douleur et leur souffrance partagées au cinéma aident notamment à inverser les rôles pour se dire : et si c'était moi la victime ? Voudrais-je vraiment être traité de la sorte ?...

Positionnant l'œuvre comme une sensibilisation à cette maladie difficile à guérir, le réalisateur souhaite également amener les personnes qui en souffrent et leur entourage à garder espoir. Compte tenu de leur incapacité à être activement mobiles, il est évident que les personnes autistes ont besoin d'amour, d'attention et d'affection pour ne pas sombrer dans le chaos. Et parce que l'autisme ne fait pas d'elles des aveugles ni des êtres insensibles, grâce à l'assistance de leur proche, elles peuvent guérir et ne pas se sentir inférieures aux autres.

En compétition lors de la cinquième édition du Festival Emergence en 2018 au Togo, « Alicia » s'était vu remettre le prix de la « Meilleure interprétation féminine » attribué à Mira Loussi. Séduite par le scénario du film dès sa première lecture, la jeune actrice déclarait à cette occasion que le cinéma congolais a du potentiel et qu'il mérite d'être soutenu pour se hisser encore plus haut, hors de ses frontières.

Notons que la journée mondiale de la sensibilisation à l'autisme est célébrée chaque année le 2 avril.

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