Sénégal: Durcissement de la surveillance du port de masque - Un exercice de rattrapage tardif

Réveil brusque de l'État ! Mais le Sénégal compte déjà 223 cas de décès liés à la pandémie de la Covid 19 et plus de 1700 cas issus de la transmission communautaire. Après plusieurs mois de mutisme face à l'incivisme des populations, le président de la République, Macky Sall lors du dernier conseil des ministres a ordonné à son ministre de l'intérieur de durcir la surveillance du port de masque dans les lieux publics et les transports en commun.

Après plusieurs mois de mutisme, laissant libre cours au non-respect du port obligatoire du masque dans les lieux publics, le président de la République lors du dernier conseil des ministres tenu ce mercredi 5 août, a ordonné à son ministre de l'intérieur de « déployer sur le terrain un dispositif spécial de régulation et de contrôle de l'accès des plages et des rassemblements publics sur l'étendue du territoire de la région de Dakar».

Avant ce réveil si soudain, Dr Mouhamadou Mbengue, au regard de cette passivité «odieuse» dit-il de l'État a d'emblée affirmer que «vous êtes malades ?... Circule on ne teste pas, allez transmettre le virus à vos proches, allez donner la mort! Quel État irresponsable ». Ajoutons qu'à l'approche des fêtes de la Tabaski, l'État n'a opté pour aucune mesure contraignante dans le cadre de faire respecter le port de masque dans les lieux publics. Ceci, malgré d'immenses foules que drainaient les marchés, les transports en commun, entre autres.

Ainsi, les Sénégalais vautrés dans l'incivisme, ont eu droit comme à la coutume, aux meilleurs vœux du chef de l'État et de ses ministres. Rien de plus. Des actes de «légèretés dans la riposte contre la Covid 19 » qui ont conduit le Khalife général des Tidiane, Sérigne Babacar Sy Mansour a déclaré «ce qu'on a noté avec le déconfinement n'est qu'une démission ; alors qu'un responsable ne démissionne pas».

Dans la même foulée, l'ancien ministre du président Wade, Thierno Lô a laissé entendre que «devant l'indiscipline qui tue, la force qui sauve des vies devient légitime». Comme ces derniers, les réactions venant d'experts en santé publique et épidémiologiste dénotent «des manquements graves et une gestion houleuse» de la part du gouvernement.

Pour rappel, le Sénégal décompte 223 cas de décès à la date d'hier, jeudi 6 août et près de 2000 cas communautaires. La moyenne de mortalité liée à cette nouvelle maladie dans le pays est nettement à la hausse, soit au moins 03 cas de décès au quotidien. Aussi, « la pandémie ne laisse aucune catégorie sociale et le Sénégal a eu sa dose depuis le début» déclare M. Lô.

Et de souligner : «nous savons tous que ce sont les populations qui ont la réponse par le respect des mesures barrières donc l'État, qui doit garantir la sécurité des personnes doit faire appel aux autorités religieuses, aux leaders d'opinions, aux différents responsables de partis politiques, et autres, pour qu'ils lancent des mots d'ordre de respect des mesures barrières dans les lieux de rassemblement». Non sans insister sur le fait que «il faudra par la force, contraindre les populations au respect strict de ces mesures en appliquant avec vigueur la loi qui oblige au port de masques». Nous évoluons vers des «lendemains incertains» avait déclaré Dr Ndiaye et comme lui, l'ancien ministre Thierno Lô affirme que « si la progression continue dans Dakar, il faudra confiner la région pour 2 à 3 semaines pour mesurer la progression. Il faut agir avant la catastrophe car le nombre de morts dépasse celui qui est communiqué car tous ceux qui sont décédés, ne sont pas testés avant enterrement partout dans le pays ». Et de poursuivre : «il y a aussi de nombreux asymptomatiques qui circulent. Regardons les choses en face... Devant la désobéissance qui tue, la violence qui sauve des vies et rétablit l'ordre devient légitime »

Plus de: Sud Quotidien

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