Afrique: Allocution liminaire du Directeur général de l'OMS au point presse sur la Covid-19

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Intervention au Forum d'Aspen sur la sécurité

Excellences, Mesdames, Messieurs,

Distingués invités,

Chers collègues et amis,

C'est un honneur pour nous de nous associer au Forum d'Aspen sur la sécurité, dans le cadre de notre conférence de presse régulière.

Je tiens à remercier sincèrement la ville d'Aspen et la chaîne NBC d'avoir invité le Dr Mike Ryan, la Dre Maria Van Kerkhove et moi-même à nous exprimer devant vous aujourd'hui.

Les événements des 7 derniers mois sont un rappel tragique de l'insécurité et de l'instabilité que la maladie peut provoquer.

La pandémie de COVID-19 a changé le monde.

Elle a mis à l'épreuve notre infrastructure politique, économique, culturelle et sociale.

Et cette situation a révélé un manque.

La pandémie a repoussé les limites des systèmes de santé, faibles et solides, ne laissant aucun pays intact.

Elle nous a enseigné l'humilité.

Le monde dépense des milliards chaque année pour se préparer à d'éventuelles attaques terroristes, mais nous avons appris à nos dépens que si nous n'investissons pas dans la préparation en cas de pandémie et face à la crise climatique, nous nous exposons à des risques considérables.

Depuis la création de l'OMS il y a plus de 70 ans, nous nous sommes efforcés de mobiliser l'action collective internationale en matière de santé publique pour construire un avenir en meilleur santé et plus sûr pour l'humanité.

De l'élimination de la variole à l'éradication prochaine de la poliomyélite ; de l'introduction de traitements contre le VIH, la tuberculose et le paludisme destinés à des millions de personnes dans le monde entier à la riposte face à des centaines de situations d'urgence.

Le développement de l'ensemble des systèmes de santé et la garantie du principe de la santé pour tous sont nos meilleurs atouts pour atteindre l'objectif de sécurité sanitaire mondiale.

Il y a 15 ans, la communauté internationale s'est réunie et a adopté le Règlement sanitaire international (RSI, 2005).

Son application par 196 États Parties a constitué une étape majeure dans la coordination de l'action internationale visant à renforcer la sécurité sanitaire mondiale.

Après la notification à l'OMS d'une souche de pneumonie atypique circulant dans la province de Wuhan, en Chine ; le Règlement sanitaire international a été activé et le monde a ensuite été informé de l'épidémie au début du mois de janvier.

Le génome a été cartographié au cours de la première semaine de janvier.

Au cours de la deuxième semaine de janvier, il a été publiquement partagé et l'OMS a publié des orientations du laboratoire partenaire en Allemagne sur la façon de mettre au point un test par PCR pour le dépistage de la COVID-19.

Au cours de la troisième semaine, l'OMS a identifié les besoins et a commencé à établir des contrats en vue de la production validée de tests par PCR de qualité.

Et dès la première semaine de février, l'OMS a commencé à expédier des tests à plus de 150 laboratoires dans le monde entier, ce qui a permis de rechercher et de suivre rapidement le virus à l'échelle mondiale.

Par ailleurs, au titre du Règlement sanitaire international (RSI), l'OMS a déclaré l'urgence de santé publique de portée international le 30 janvier, soit le niveau d'alerte de sécurité sanitaire le plus élevée de l'OMS en vertu du droit international.

À cette période, moins de 100 cas avaient été enregistrés en dehors de la Chine et aucun décès.

Aujourd'hui, plus de 18,5 millions de cas de COVID-19 ont été signalés à l'OMS et 700 000 personnes ont perdu la vie.

Aucun pays n'a été épargné. Les pays à revenu faible, intermédiaire ou élevé ont tous été durement touchés. La Région des Amériques reste l'épicentre actuel du virus et a été particulièrement touchée.

Seuls 3 pays ont signalé plus de la moitié de l'ensemble des cas.

Aucun pays ne peut combattre ce virus seul.

Sa présence dans le monde entier met des vies en danger et des moyens de subsistance en péril.

Il n'est jamais trop tard pour inverser la tendance de l'épidémie et c'est précisément ce que de nombreux pays ont accomplis. Il n'est jamais trop tard pour redresser la situation.

Notre meilleure façon d'aller de l'avant est de nous en tenir à la science, aux solutions et à la solidarité et, ensemble, nous pourrons surmonter cette pandémie.

La COVID-19 a également révélé la façon dont la diffusion de fausses informations représente l'une des plus grandes menaces à la sécurité de notre temps.

En effet, les fausses informations peuvent se propager plus rapidement que le virus lui-même.

Depuis le début de cette pandémie, l'OMS s'efforce de lutter contre celles-ci.

Nous avons collaboré avec toutes les grandes entreprises technologiques pour briser les mythes et faire face aux rumeurs grâce à la diffusion de conseils fiables et fondés sur des bases factuelles.

Le mois dernier, l'OMS a réuni des experts du monde entier dans le cadre de la première conférence sur l'infodémie liée à la COVID-19 et les moyens de la combattre.

Grâce à nos rapports de situation quotidiens et à nos interventions régulières dans les médias, les bureaux de l'OMS ont tenu le monde informé de la situation. Maria, Mike et moi-même avons participé à plus de 90 points de presse.

Chaque semaine, nous avons organisé des sessions d'information à l'intention de nos États Membres afin de présenter les dernières données scientifiques, de répondre à leurs questions, de partager informations et de tirer des enseignements de leurs expériences en matière de lutte contre la COVID-19.

L'OMS continuera à apporter un soutien à tous, partout, et à œuvrer en collaboration avec les dirigeants, les communautés et les personnes pour favoriser la solidarité mondiale, éliminer le virus, sauver des vies et préserver des moyens de subsistance.

Alors même que nous luttons contre cette pandémie, nous venons de mettre fin, en République démocratique du Congo, à la deuxième épidémie d'Ebola la plus importante et probablement la plus difficile et la plus compliquée de l'histoire.

Nous avons tiré des enseignements des flambées et des innovations précédentes qui ont été mises au point et fait l'objet de travaux recherche de manière éthique dans les situations de conflit pour maîtriser cette maladie mortelle.

Et cette semaine, notre équipe au Liban intervient après la grande explosion qui a fait plus de 130 morts et au moins 5 000 blessés.

La COVID-19, les flambées épidémiques ou la riposte face aux catastrophes humanitaires ou naturelles : ces événements sont tous étroitement liés à la sécurité sanitaire mondiale.

Si la santé a souvent été considérée comme un coût, la première pandémie de coronavirus de l'histoire a montré à quel point les investissements dans le domaine de la santé sont essentiels pour la sécurité nationale.

La couverture sanitaire universelle est essentielle à notre sécurité sanitaire mondiale collective.

La reconstruction de systèmes de santé plus solides nécessitera une volonté politique, des ressources et une expertise technique dans les pays à revenu élevé comme dans ceux à revenu faible.

C'est pourquoi, la plus haute priorité de l'OMS consiste à apporter un soutien à tous les pays afin qu'ils renforcent leurs systèmes de santé et que chacun, partout dans le monde, puisse accéder à des services de santé de qualité quand il en a besoin.

La COVID-19 nous a déjà privé de tant de choses.

Nous devons saisir cette occasion pour nous rassembler, travailler ensemble dans une logique d'unité nationale et de solidarité mondiale pour maîtriser cette pandémie de COVID-19, s'attaquer à la question de la résistance aux antimicrobiens et à la crise climatique.

Malgré toutes nos différences, nous sommes une race humaine partageant la même planète, et notre sécurité est étroitement liée : aucun pays ne sera en sécurité tant que nous ne le serons pas tous.

J'invite instamment tous les dirigeants à choisir la voie de la coopération et à agir maintenant pour mettre fin à cette pandémie !

Ce n'est pas seulement le choix intelligent, c'est aussi le bon choix et c'est le seul choix dont nous disposons.

Je vous remercie de nouveau.

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