Tunisie: Bijouterie et orfèvrerie - La fièvre acheteuse aux abonnés absents

8 Août 2020

Certains artisans tiennent boutique dans des hôtels ou des sites touristiques huppés et à forte concentration de touristes. D'où la nécessité de produire régulièrement des quantités de colliers, bracelets et boucles d'oreilles qui sont écoulés au prix fort. Les touristes sont souvent en mesure d'acheter de tels produits qui rappellent la civilisation et l'histoire de la Tunisie.

D'habitude, les joailliers font des affaires juteuses au cours de la saison estivale connue pour l'organisation des mariages et des fiançailles, ainsi que pour les succès dans les examens. Pour fêter ces heureuses cérémonies, les citoyens se rendent à Souk El Berka, situé dans la Vieille Médina pour acheter ce dont ils ont besoin.

Les dépenses par un seul acheteur peuvent atteindre les 3.000 dinars et plus. Avant de se décider à acheter, les futurs mariés font le tour des échoppes en vue de dénicher un beau collier en or, ainsi qu'une montre, des boucles d'oreilles et des bracelets à présenter la nuit des noces.

Certains vendeurs acceptent volontiers de négocier les prix avec l'acheteur qui cherche toujours à profiter d'un rabais de quelques dinars. D'autres vendeurs ne tolèrent pas de telles négociations au niveau des prix.

Or, cette saison estivale est différente des autres, dans la mesure où plusieurs joailliers n'ont pu commercialiser une grande quantité de leurs produits.

Confinement général oblige, certains commerçants ont arrêté le travail, et ce, pour permettre à leurs travailleurs de rester chez eux, le temps de voir la pandémie maîtrisée.

Depuis quelque temps, les artisans ont repris le travail en préparation de la haute saison, mais ils se sont aperçus que les quantités d'or cassé ne sont pas suffisantes. Le quota de chaque artisan est en deçà des besoins et ne permet pas d'exercer le métier sur le moyen et long terme.

Les achats en régression

Mais pourquoi produire de grandes quantités d'objets en or, alors que la demande est en régression ? Pour plusieurs joailliers, il est important de disposer d'un stock d'objets en or pour le commercialiser dans d'autres régions touristiques.

En fait, la vente de ces artisans ne se limite pas à la région de Tunis. Certains artisans disposent de leur échoppe dans des hôtels et dans les sites touristiques huppés et à forte concentration des touristes.

D'où la nécessité de produire régulièrement des quantités de colliers, bracelets et boucles d'oreilles qui sont écoulés au prix fort. Les touristes sont souvent en mesure d'acheter de tels produits qui rappellent la civilisation et l'histoire de la Tunisie.

Or, avec le quota d'or accordé aux maîtres artisans, la situation ne peut que se compliquer car ces matières premières ne sont pas suffisantes pour travailler toute l'année. Les artisans bijoutiers demandent de libérer le secteur de la joaillerie au niveau de la vente des objets en or destinés à la casse.

Ces quantités de matières premières à vendre ne doivent pas être limitées ou restreintes, et ce, pour que les artisans puissent acheter, en fonction des moyens financiers dont ils disposent, les quantités nécessaires d'or destinées à la casse.

Les artisans exigent, d'autre part, de disposer d'un poinçon de maître qui est limité actuellement aux maîtres-artisans. Une telle disposition permettrait aux artisans de faire des bénéfices conséquents tout au long de l'année.

Evidemment, les professionnels du secteur sont pour la poursuite du travail de l'amine du souk qui est chargé de vérifier la qualité du produit et de rappeler à l'ordre tout artisan qui effectue des opérations frauduleuses ou ne répondant pas aux normes de qualité et de transparence.

En l'absence de nouvelles dispositions au profit du secteur, plusieurs artisans se trouvent dans une situation peu enviable et sont obligés de limiter leur activité dans cette conjoncture économique difficile.

Il est primordial d'augmenter la matière première des artisans en libéralisant les ventes des citoyens qui veulent se débarrasser de leurs bijoux pour la casse.

Profitant de son statut de valeur refuge, l'or a augmenté ses gains enregistrés depuis le début de l'année, autour de 30%, pour atteindre mardi dernier, un sommet inédit à plus de 2.000 dollars l'once. Le cours a ensuite reculé à 1.995 dollars.

La crise sanitaire du Covid-19, qui alimente les incertitudes, a renforcé depuis le début de l'année, la perception du métal précieux comme opportunité d'achat, d'autant plus que le dollar américain, sur lequel est libellé le prix de l'or est en repli depuis plusieurs mois, avec une perte de 3% selon le dollar index.

Plus de: La Presse

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.