Madagascar: Ces âmes vagabondes

Des dépenses folles. Des bailleurs de fonds ont alloué 60 millions de dollars pour le plus récent Recensement général de la population et des habitats ou RGPH-III. Soit 2,5 par personne, pour une estimation approximative et prévisionnelle de 25 millions d'habitants. Avec des maigres résultats publiés sur le tard, au compte-goutte et avec parcimonie. Pour se terminer dans les limbes de l'oubli collectif.

À peine des généralités des plus banales ont été annoncées en public. Sans les caractéristiques détaillées et élémentaires des données statistiques dignes d'intérêt, liées à l'évolution et à l'essor démographique. Pour ne citer que la moyenne, l'écart-type, la variance, la densité par région et à l'échelle nationale, les répartitions par sexe et par tranches d'âge...

Il s'agit d'un outil de première importance pour les techniciens qui ont la charge d'élaborer le cadrage macro-économique. À travers le projet de loi de finances initiales, au fil des années.

Comme le dernier RGPH, avant sa troisième édition, remonte en 1993, il est tout à fait normal que toutes les bonnes intentions des dirigeants successifs, même ayant obtenu la faveur et le soutien des partenaires financiers, ont échoué dans leur volonté de lutter contre la pauvreté.

Elles ont été conçues, échafaudées sur la base du tâtonnement. Dépourvues de certitude. Ne répondant pas aux besoins réels de la population dont tout le monde ignore le nombre exact.

Le Programme général de l'État, PGE, avec ses variantes propres au Président de la république en exercice, passe pour être une coquille vide. Sa présentation devant les députés de l'Assemblée nationale par le Chef du gouvernement, une simple formalité pour matérialiser le chimérique équilibre du pouvoir.

Aussi dès l'entame du RGPH-III, une opération assez délicate en elle-même, beaucoup de réserves ont été émises sur sa fiabilité. D'abord, le temps imparti pour le boucler, un mois, jugé trop court par des spécialistes en la matière.

Puis, l'existence de ces nombreux hameaux, en haut sur la colline, inaccessibles à cause du relief escarpé qui les entoure. Fiefs, tanières et repaires des « dahalo ».

Enfin, dans la capitale, les Chefs fokontany et leurs proches collaborateurs n'ont pas été associés aux enquêtes menées auprès de chaque ménage. Alors qu'ils possèdent quand même des bases de données essentielles et connaissent leurs bastions.

Aussi, des agents recenseurs venus d'ailleurs n'ont pas été adoptés par les concernés. Ils ont éprouvé des difficultés à trouver l'issue de ces labyrinthes qui serpentent chaque quartier. Avec des risques réels de croiser sur leur chemin étroit, des voleurs à l'esbroufe.

Les doublons et les omissions dans les listes électorales, les perturbations et cafouillages lors de la distribution du Vatsy Tsinjo, ont démontré à quel point il est utile et nécessaire de mener à bien « les travaux d'inventaire » des habitants dans chaque fokontany. Le lifting des registres poussiéreux s'impose. L'essai d'aujourd'hui doit être transformé.

Plus de: L'Express de Madagascar

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