Sénégal: Communication paradoxale du président de la république - Thierno Bocoum s'étonne du jeu trouble de Macky Sall

La déclaration du président de la République, Macky Sall, lors du Conseil présidentiel d'évaluation de la riposte à la pandémie à coronavirus, en rapport avec la couverture médiatique «alarmiste», a fait réagir Thierno Bocoum.

Dans un communiqué rendu public hier, le président du mouvement Alliance Générationnelle pour les Intérêts de la République (Agir) dit ne pas comprendre la communication à la fois «alarmiste» et «rassurante» pour la même cible.

La sortie du chef de l'Etat, Macky Sall contre la couverture médiatique de la pandémie, qu'il trouve «alarmiste», n'a pas laissé de marbre le président du mouvement politique Alliance Générationnelle pour les Intérêts de la République (Agir).

En effet, Thierno Bocoum, dans un communiqué rendu public hier, vendredi 7 août, se demande en réalité le but visé par le chef de l'Etat.

Dans la note, il estime que «la question fondamentale est de savoir ce que veut finalement le président de la République. Cherche-t-il à alarmer ou à rassurer ?» Sur les fondements de cette interrogation, l'ancien député de Rewmi trouve que le chef de l'Etat communique en réalité sur les deux registres.

Pour lui, «il (Macky Sall) a malheureusement jusque-là été sur les deux tableaux : «l'heure est grave», au moment où nous n'avions recensé aucun mort, et «la situation n'est guère inconfortable», quand nous recensons des centaines de morts. Ce sont là deux arguments opposés du même président de la République, sur le même sujet : la Covid-19».

Faisant ainsi une analyse des différentes sorties «paradoxales» du président Sall, Thierno Bocoum dira «qu'on ne peut pas à la fois alarmer et rassurer en direction d'une même cible sur un même sujet. Alarmer pour mieux pousser nos compatriotes à se ressaisir ou rassurer en faisant développer des réflexes d'assouplissement ou même d'insouciance. Il faut choisir.

On ne peut pas rassurer et vouloir compter sur les populations pour respecter des mesures contraignantes à venir».

Tout en estimant, par ailleurs, «qu'on ne peut pas se permettre de rassurer quand rien n'est rassurant ni dans la gestion ni dans l'évolution de la pandémie», Thierno Bocoum pense que «si l'Etat est incapable d'imposer son autorité pour le respect des mesures barrières et le port systématique de masque, le reflet alarmant de la situation peut développer des réflexes d'autodéfense et d'autoprotection de la part de certains récalcitrants. Ils auront peur pour eux et pour leur famille».

L'ancien poulain d'Idrissa Seck n'a pas manqué de faire remarquer à l'Etat que seuls les résultats palpables pourront attirer l'attention des «partenaires techniques et financiers ainsi que la solidité des relations bilatérales entre pays entamée par des fermetures de frontières». Soupçonnant ainsi un appel du pied du chef de l'Etat en direction de cette cible, par cette déclaration.

Plus de: Sud Quotidien

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