Sénégal: Gestion de la Covid-19 - Dr Mohamed Lamine Ly décèle les erreurs et délivre l'antidote

Cinq (5) mois sont déjà passés et la pandémie du nouveau coronavirus continue de faire des ravages dans le pays. Les chiffres relevant du tableau épidémiologique montre l'ampleur du mal et pour le Dr Mohamed Lamine Ly, « le gouvernement sénégalais semble plonger, depuis plusieurs semaines, dans une profonde torpeur, donnant l'impression d'avoir perdu le leadership de la gestion de la pandémie».

Dans la même foulée, la blouse blanche affirme que « à entendre nos autorités, le port obligatoire du maque constitue l'alpha et l'oméga de la lutte anti-COVID-19». Or, selon lui « le but ultime de la manœuvre devrait être l'isolement des individus infectés et de leurs contacts ».

Aussi, pour une maîtrise des causes de décès le professionnel de santé évoque «la mise sur pied d'un observatoire des causes de décès» pour mieux mesurer l'impact de la maladie dans le pays.

Non sans souligner dans sa note de recommandation que «le changement de paradigme, dont il est question a trait à une implication accrue des usagers, des patients, des ONG et de la société civile, y compris les organisations féminines».

10.887 cas sont déjà enregistrés au Sénégal.

Le nombre de décès est passé à trois chiffres et le dernier bilan fait état de 225 cas de décès après 05 mois dans cette pandémie de la Covid 19. Sur le continent africain, le Sénégal est le 10e pays le plus endeuillé par cette nouvelle maladie.

Malgré ces statistiques démontrant la progression du virus sur nos terres, le gouvernement a jugé juste de lever les mesures restrictives à tel point de lever l'état d'urgence assorti du couvre-feu.

«Une décision inadmissible», selon plusieurs spécialistes en santé publique et épidémiologiste. «Le ministre de la santé avait mis sur le compte d'une tendance baissière, aussi fictive que saugrenue», rappelle Dr. Ly.

Or, bien au contraire poursuit le professionnel de santé «on avait plutôt constaté une circulation active du virus se manifestant par une explosion des cas positifs et un accroissement de la létalité, si évidents qu'ils ont suscité un tollé général».

Mieux révèle la blouse blanche «le communiqué du conseil des ministres du mercredi 05 août 2020, traitant de la Covid 19, semble surtout destiné à se fabriquer, par anticipation, un alibi sur les conséquences redoutées, suite au laxisme observé durant la période de Tabaski et ce, depuis l'assouplissement des mesures barrières».

Pour finir par affirmer qu'il «est permis de douter qu'on puisse résumer, en deux phrases, la complexité de la riposte à la pandémie et la nécessité de mesures correctrices. C'est précisément à cause de ces schémas simplificateurs, que notre pays n'arrive pas à s'extirper des sables mouvants de la Covid 19 ».

Aussi, suite à l'opprobre du fiasco de la riposte contre la Covid 19 que le gouvernement semble jeter sur les populations notamment la jeunesse, le Dr Mohamed Lamine Ly indique qu'il «est trop facile pour les tenants de l'idéologie dominante, de réfuter des critiques objectives sur la gestion de la pandémie, en rejetant toute la responsabilité sur une jeunesse inconsciente ou égoïste, ne se préoccupant pas du sort des séniors».

Non sans souligner qu'une «politique exclusivement répressive ne saurait prospérer, comme on l'a déjà constaté», car explique-t-il, «la lutte contre ce nouveau virus est en soi assez complexe pour qu'on n'ait pas besoin d'y greffer des considérations politiciennes».

«LE PORT OBLIGATOIRE DU MASQUE N'EST PAS L'ALPHA ET L'OMEGA DE LA LUTTE ANTI-COVID 19»

Dr Mohamed Lamine Ly déclare «à entendre nos autorités, le port obligatoire du maque constitue l'alpha et l'oméga de la lutte anti-Covid 19». Mais, poursuit-il « le but ultime de la manœuvre devrait être l'isolement des individus infectés et de leurs contacts.

Or, le gouvernement, a décidé, avec les nouveaux algorithmes, de restreindre le dépistage aux seuls cas-contacts symptomatiques et/ou porteurs de comorbidités, laissant en rade les porteurs asymptomatiques. Cela revient à faire des économies de bouts de chandelles au détriment d'une lutte efficace contre la pandémie».

Dans une marche surplace, le professionnel de santé d'arguer qu'on «en revient toujours à cette approche médicalisée qui privilégie la prise en charge curative individuelle sur l'interruption des chaînes de transmission».

«La sous-estimation du nombre de cas positifs semble relever d'un manque notoire de volonté politique d'instituer une stratégie nationale de dépistage appropriée», renseigne la blouse blanche.

Et de recommander «qu'elle devra associer plusieurs variétés de tests (PCR, sérologiques, TDR) et diverses modalités de dépistage, comme des investigations ponctuelles au niveau de certains groupes (professionnels et/ou à risques) et utilisant des techniques judicieuses d'échantillonnage.

C'est ainsi que le dépistage permettra une bonne surveillance épidémiologique, une détection précoce et un isolement des cas positifs, un traçage des cas contacts, et l'évaluation de l'immunité collective...».

Pour y arriver selon Dr Ly, «notre pays devra se libérer de la «tutelle» encombrante de laboratoires comme celui de l'Institut Pasteur, préconisant des recettes pas forcément adaptées à nos réalités africaines.

Ainsi, par exemple, les pays occidentaux utilisent des tests, certes un peu plus sensibles (10-20%) que les tests antigéniques, mais onéreux et hors de portée de nos pays pauvres, à mesure que la pandémie progressera».

Plus de: Sud Quotidien

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