Burkina Faso: Centre-Nord - L'association "Enfant du Sahel Burkina" plaide pour l'intégration de la nutrition dans les PCD de la région

Dans le cadre de la mise en œuvre des projets CAP et Pooled Fund dont bénéficie le Réseau de la société civile pour la nutrition (Resonut), il a été mis un budget dit "décentralisation" à la disposition de cinq organisations membres et dans cinq régions prioritaires.

Il s'agit notamment des régions de l'Est avec l'APRG, le Centre-Nord (Enfant du Sahel), la Boucle du Mouhoun (Resacifroat) le Nord (Association-Koom) et le Sud-Ouest (Varena-Asso).

Selon Hermann Goumbri, coordonnateur du Resonut, ce financement aidera à amorcer le processus tant attendu de décentralisation des actions de plaidoyer du Resonut.

Ainsi donc, Enfant du Sahel, l'une des associations bénéficiaire de ce financement, mène des activités de plaidoyer, de mobilisation sociale et de communication pour le changement de comportement en vue d'obtenir un engagement fort et durable des leaders religieux, chefs coutumiers, décideurs et élus locaux en faveur de la nutrition.

De gauche à droite, Hermann Goumbri, coordonnateur du Resonut, Adama Sawadogo, coordonnateur de l'association ESBF et Béatrice Kaboré, Chargée de plaidoyer et à la communication du Resonut

En effet selon Adelaide Ilboudo/Kabré, nutritionniste à la Direction régionale de la Santé/Centre-Nord, la situation nutritionnelle de la région est variable en fonction des déficits céréaliers de l'année.

"De manière globale, la prévalence de la malnutrition aiguë globale est nettement au dessus de la moyenne nationale", affirme-t-elle.

Pour Mme Kabré, investir dans la nutrition s'impose d'urgence et offre un excellent retour sur investissement.

"Chaque dollar consacré à des interventions directes sur la nutrition rapporte à terme 15 dollars, ce qui est comparable voire supérieur au retour sur investissement observé pour l'irrigation, l'eau et l'assainissement ou encore les infrastructures", fait-elle remarquer.

Et Hermann Goumbri d'ajouter que selon l'enquête SMART faite chaque année, les taux de malnutrition ne sont pas reluisants.

"D'où le travail de plaidoyer du Resonut et l'ensemble des acteurs pour la nutrition. La question est assez critique surtout dans la région du Centre-Nord qui est fortement touchée. Les taux sont assez inquiétant surtout avec la situation d'insécurité dans la région", souligne-t-il.

L'urgence est d'autant plus impérieuse que les conséquences économiques d'une mauvaise nutrition ont un effet domino sur un enfant, sa communauté et son pays.

Pour Adama Sawadogo, coordonnateur de l'association ESBF, il est temps que les élus locaux prennent à bras le corps la question en intégrant la nutrition dans leurs PCD afin d'éradiquer le mal à la base.

EL Hadj Abdoulaye Pafadnam est le maire de Barsalogho, une commune durement éprouvée par le terrorisme. L'intégration de la nutrition dans les PCD évitera les longues queues dans les centre de santé et donnera des enfants plus intelligents et aptes à apprendre à l'école.

Au nom de l'Association des municipalités du Burkina Faso (AMBF) dont il est le président du bureau régionale, Mr Pafadnam a pris l'engagement de rendre compte aux Conseils municipaux et leur demandé de prendre des délibérations afin d'intégrer cette thématique dans les PCD.

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