Congo-Kinshasa: Parquets, IGF, APLC, Cour des comptes... - F. Tshisekedi : La machine « État de droit » déjà grippée

La lutte contre la corruption et l'impunité, qui avait démarré en trombe ne tourne plus comme à ses débuts. Depuis l'arrestation, le jugement, puis la condamnation du directeur de cabinet du chef de l'État, Vital Kamerhe, c'est le silence radio.

Plus d'actions d'éclat, à part de petites interpellations intempestives à peine menées comme du vernis en trompe-l'œil. Pourtant, le président de la République a multiplié et même renforcé les services et agences pour apporter l'éclairage nécessaire au coulage des recettes, devenu une pratique ancrée dans la gestion de la République. Outre les parquets (Matete et Gombe), on a l'Inspection générale des finances (IGF), l'Agence de prévention et de lutte contre la corruption (APLC), la Cour des comptes... Qu'est-ce qui a fait ralentir la machine mise en marche avec pompe? Toutes ces structures subiraient-elles des pressions ou sont-elles intimidées ? Au président de la République d'huiler encore davantage sa machine afin que l'État de droit avance et atteigne sa vitesse de croisière.

La léthargie. C'est le moins que l'on puisse dire du ralentissement étonnant des enquêtes sur de grands dossiers de soupçons de détournements enclenchées avec pompe sur le Programme de 100 jours du chef de l'État.

En effet, lorsque le chef de l'État avait annoncé, dans son discours à la nation, devant les deux Chambres du Parlement réunis en Congrès, que « 2020 serait l'année de l'action », beaucoup de Congolais y avaient cru. Et ils espéraient, avec raison, à l'éradication drastique de la corruption et la fin de l'impunité en RDC. Pour imprimer sa marque et faire redouter ceux qui le prenaient juste pour une « marionnette » au sommet de l'État, Félix Tshisekedi a donné un premier coup de balai dans sa propre cour, en laissant la justice se saisir de son directeur de cabinet. Chose inédite dans les annales politiques congolaises !

À l'issue d'un procès pédagogique et spectaculaire, retransmis en direct sur les antennes de la télévision nationale, et qui a tenu toute la population en haleine comme un match de football de l'équipe nationale, celui qui fait le ticket avec Fatshi à la présidentielle de décembre 2018, fut condamné à 20 longues années des travaux forcés et 10 ans d'interdiction de tout mandat électif. Vital Kamerhe incarcéré à Makala pour « détournement des deniers publics », c'est tout un peuple qui a applaudi, croyant enfin à la rupture avec de vieilles pratiques consistant à brader impunément à se servir dans la caisse de l'Etat, sans avoir des comptes à rendre.

Mais hélas ! Ce n'était qu'un feu de paille : tout l'élan s'est arrêté juste après la condamnation de Kamerhe. Pourtant, il y a beaucoup de dossiers qui méritent qu'on s'y penche et mette la main surtout sur des « criminels à col blanc » de l'ancien régime.

Pas de justice sélective

À cet effet, l'Agence de prévention et de lutte contre la corruption (APLC) créée par le président de la République a trouvé plusieurs cadavres dans les placards laissés par le professeur Luzolo Bambi Lessa. Qu'attend-on pour agir ? À peine ont-ils commencé leurs enquêtes, les nouveaux membres de l'Inspection générale des finances (IGF), service de contrôle des dépenses publiques placé sous l'autorité du chef de l'État pour apporter l'éclairage nécessaire au coulage des recettes, se disent, eux aussi, subir des pressions et intimidations. D'où viennent ces intimidations ? Seul celui qui les a placés et à qui ils doivent rendre compte de s'y imprégner, en les rassurant de tout son soutien.

Comble de tout, curieusement, c'est juste au moment où les USA apportent tout leur soutien à la RDC que le gouvernement lâche prise ! Il y a quelque chose qui cloche. Quoiqu'il en soit, le chef de l'État devrait aller de l'avant, en corsant l'État de droit, avec une justice juste et équitable pour tous, afin d'ôter à l'UNC le prétexte selon lequel le procès Kamerhe et son arrestation relèvent d'un acharnement politique.

En optant pour l'instauration de l'État de droit, avec le renforcement de la justice, le président de la République a la responsabilité de veiller à sa vision afin d'obtenir des résultats escomptés. Le pays ne devrait pas faire du surplace, en marchant comme un perroquet, un pas en avant, un pas en arrière. Il faut avancer.

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