Ile Maurice: La vie après la mort

Les réseaux sociaux font partie de notre vie, mais que se passe-t-il lorsqu'une personne, inscrite sur le plus grand réseau social de la planète, créé par un certain Mark, vient à disparaître ? Il se passe ce qui arrive dans la vie courante : des proches et des gens qui ont connu la personne défunte continuent à parler d'elle, à se remémorer les bons, et parfois les mauvais souvenirs. On peut dire d'une certaine manière qu'on peut atteindre, avec Facebook, la vie éternelle, ou plus exactement, la vie après la mort.

Plus besoin de s'en remettre à une religion, puisque nous devenons « immortels » une fois décédés, si, bien entendu, quelqu'un prend le relais et continue à faire vivre le compte fantôme. Car beaucoup de comptes sont entretenus par des proches pendant un certain temps, se mettant à la place de la personne qui n'est plus, devinant ce qu'elle aurait dit, ce qu'elle aurait mis comme photos ou comme publication.

Cela semble étrange, à première vue, car c'est le nom de la personne décédée qui apparaît, mais pourtant ce n'est pas elle qui fait vivre le profil. Etrange paradoxe que nous donne le numérique, aussi étrange que le cinéma d'ailleurs, dont nous sommes habitués depuis longtemps, et qui joue très bien le rôle de fantôme, mais pour les actrices et acteurs seulement.

Néanmoins, dans un film, les acteurs interprètent un rôle, alors que dans les réseaux sociaux, c'est la personne elle-même qui s'exprime, c'est son « je » qui parle, qui poste, qui publie, qui « like ». Et pourtant, dans le cas d'un décès, « je » est un autre, ou plutôt « je » n'est plus, et c'est l'autre qui prend sa place, qui devient le « je » disparu, par la parole écrite et en nourrissant son compte. « Je » ne joue pas ici, on joue plutôt à sa place.

Faire perdurer la mémoire de celle ou de celui qui n'existe plus afin que le deuil numérique se fasse plus ou moins tranquillement. Certains spécialistes prédisent que si le plus grand réseau social de la planète existe toujours à la fin du siècle, il y aura plus de morts que de vivants en son sein. Les étoiles éteintes sur la toile seront les plus nombreuses.

La mort fait ben partie de la vie, car les vivants continuent à faire vivre les morts de multiples manières, comme la mémoire, les souvenirs, les diverses productions et réalisations de celles et ceux qui ne sont plus. Mais avec le monde virtuel que sont les réseaux sociaux, les morts seront aussi vivants... que les vivants. Est-ce une nouvelle révolution qui nous attend ? A partir de maintenant, ne devrions-nous pas dire plutôt que nos vies font partie des réseaux sociaux, et non le contraire ?

Plus de: L'Express

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