Congo-Brazzaville: Monde du travail - Les employés des Mucodec divisés sur la grève en cours

Depuis quelques jours, une frange des travailleurs des Mutuelles congolaises d'épargne et de crédit (Mucodec) ont entamé une grève appuyée par des manifestations pacifiques, en vue d'une revalorisation salariale. D'autres, par contre, sont à leur poste de travail comme si de rien n'était.

La Mucodec est passée récemment de l'accord collectif d'établissement à la convention bancaire. Un mécanisme permettant aux salariés de bénéficier de plusieurs avantages ajoutés à ceux acquis avec l'ancien statut. « On n'est pas satisfait. La convention bancaire n'arrange que les directeurs qui ont connu une revalorisation salariale en termes de millions alors que pour nous, les employés, c'est entre 8000FCFA et 150.000 FCFA », a expliqué Félicia Wamba, une employée de la frange des manifestants. Le constat de décalage a été fait lors de la paie du mois de juillet 2020. Ce qui a poussé une centaine d'agents, sur quatre-cent-vingt au total, de déclencher la grève.

Vice de forme évoqué

Selon les sources concordantes, le jeudi 30 juillet dans la matinée, la section de la Confédération syndicale des travailleurs du Congo a sollicité une rencontre avec l'employeur, en exigeant d'être reçue quelques heures après. La menace de grève était brandie au cas contraire. Le lundi 3 août, un document non signé faisant office de préavis de grève est diffusé de sorte à entrer en vigueur le lendemain. Ainsi, la frange concernée a entamé la grève assortie d'une marche avec les banderoles sur lesquelles pouvait-on lire : « Florian Mougnegue Bitanda et Dieudonné Ndinga doivent partir ». Il s'agit respectivement du président du conseil d'administration fédéral et du directeur général. Un slogan qui, visiblement, n'a pas de lien avec la réclamation portant sur la revalorisation salariale.

« Le code du travail congolais souligne qu'un préavis de grève émane d'une assemblée générale. Aussi, celui-ci doit couvrir une période de sept jours sans compter des jours francs c'est-à-dire les samedis et dimanches. Si l'employeur ne réagit pas après ce délai, les salariés peuvent entrer en grève. Malheureusement, ces principes n'ont pas été respectés par ceux qui manifestent », a rappelé un des responsables des Mucodec.

Par ailleurs, la secrétaire générale de confédération syndicale congolaise des Mucodec, Cynthia Loemba Khondi, a exprimé son étonnement face à cette attitude. « Je ne sais pas de quelle revendication il s'agit précisément car chacun de nous a constaté une augmentation sur son salaire ce mois. A moins que ceux qui manifestent aient aient un autre problème », a-t-elle déclaré. Certaines langues se sont déliées pour souligner qu'il n'est exclu que l'employeur sanctionnent ceux qui ont entamé la grève sans respecter la procédure en vigueur.

Une brèche ouverte

Les mêmes sources expliquent qu'après la paie du mois de juillet, l'employeur a adressé un courrier à l'ensemble du personnel annonçant l'ouverture d'un cahier de revendications pour les employés dont certains aspects liés notamment à leur profil n'ont pas été pris en compte dans l'application de la convention en vue d'une régularisation.

Cette situation perturbe visiblement les sociétaires des Mucodec parfois sont perplexes devant les guichets.

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