Madagascar: Tsiroanomandidy - Un commandant remplacé après une dérive

Instantanément. Faisant suite à l'incursion meurtrière survenue le vendredi 7 août, dans un hameau, à l'est d'Ampamoriana Bemangoraka, dans la commune de Fihaonana, à Tsiroanomandidy, trois responsables ont été relevés de leur fonction. Ils sont le commandant du deuxième bataillon interarmes (2e BIA), son adjoint et le chef de l'opération ayant causé la mort de deux villageois, un quinquagénaire et son fils.

« Le vendredi après-midi, après avoir reçu le rapport et l'enquête sommaire, l'État Major des Armées s'est réuni. Le chef de l'État-Major et le directeur des renseignements et opérations ont dépêché sur place une délégation avec des représentants du ministère de la Défense nationale (MDN). Elle y est arrivée le vendredi à 22 heures et a procédé à toute investigation », a expliqué au téléphone le général de division Jean Claude Rabenaivoarivelo, chef de l'État-Major des Armées (CEMA).

« L'enquête s'est divisée en deux, l'une au sein des militaires ayant accompli la mission et l'autre, une vérification sur place avec des représentants des habitants. Après les avoir harmonisées, le CEMA a pris la mesure de changer les responsables directs et d'envoyer les remplaçants qui dirigeront le 2e BIA à Tsiroanomandidy » poursuit l'officier général.

Fusillé

Aux dernières nouvelles, la délégation de l'ÉtatMajor et du ministère ont déjà bouclé les négociations avec les autorités locales et les procédures judiciaires. Les éléments incriminés sont déjà à Antananarivo pour faire l'objet d'une enquête au sein de l'Armée. « C'est la situation jusqu'à hier (ndlr: samedi). Celle d'hier soir (ndlr: samedi soir), après une organisation, l'interrogatoire commence lundi (ndlr: ce jour). Il y aura enquête menée par la gendarmerie, ce que nous appelons procédure pénale. Puis, des auditions seront effectuées au village pour recueillir les versions des témoins et de ceux qui pourront fournir d'autres informations », a décrit le CEMA.

Un rapport d'enquête dûment signé par le CEMA sera livré au MDN.

Un habitant d'Andrefanigara Tsiroanomandidy s'est plaint au 2e BIA, mais dont la raison reste floue, aurait été à l'origine de l'invasion. Une troupe militaire accompagnée des civils a débarqué dans le petit village, vendredi aux petites heures. Elle a jeté une grenade sur la maison d'un père de famille qu'elle a ensuite fusillé avec son fils. Dans une autre habitation, elle a fait feu sur un individu malade. Le projectile lui a coupé la jambe. Cette victime se trouve maintenant hospitalisé au chef-lieu du district.

Les militaires ont mis le feu à deux toits et dérobé une cinquantaine de zébus. Ils ont également emporté avec eux les fusils des défunts qu'ils ont accusés de dahalo. Cette scène de dérapage et de violence bafouant entièrement les droits humains a coûté les sièges aux trois responsables du bataillon. Une procédure pénale suit son cours.

Plus de: L'Express de Madagascar

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.