Sénégal: Bilan du samedi 08 et dimanche 09 août 2020 - 166 cas communautaires en 48 heures

11 175 cas enregistrés en 5 mois de pandémie de covid-19 au Sénégal. Et pour les seules journées du samedi 8 et d'hier, dimanche 9 août, 288 cas ont été déclarés par le Ministère de la santé et de l'action sociale (Msas) dont plus de la moitié est issue de la transmission communautaire (166 cas communautaires).

Le nombre de décès garde son allure ascendante à l'image des 07 cas de décès enregistrés en ces dernières 48heures. Les services de réanimation restent toutefois saturés. 43 cas graves sont prises en charge dans les services de réanimation a renseigné Msas au dernier bilan virologique.

Ainsi, le taux de positivité affiche une pente de croissance insoutenable, conséquence des plus de 11000 cas enregistrés dans le pays à ce jour dont 3590 patients sont sous traitement.

Après les fêtes de Tabaski qui ont laissé libre cours à la banalisation des mesures restrictives par les populations, les conséquences commencent à s'illustrer notamment par des contaminations à la pelle, dont la majorité est issue de la transmission communautaire.

Qualifiés «d'une bombe» par le Pr. Moussa Seydi, ces cas communautaires montent en flèche et alimentent plus que jamais les inquiétudes des spécialistes en santé et épidémiologistes.

Rappelons que malgré les multiples réactions d'alertes de plusieurs experts en santé publique par rapport aux durcissements des mesures de préventions individuelles et collectives en cette période festive, l'histoire retient que le gouvernement n'a acté aucune mesure contraignante pourle respect des gestes barrières.

Mieux, le ministre de la santé et de l'action sociale, Diouf Sarr, a indiqué « la prise de conscience populaire » comme l'ultime clé.

Ainsi, pour avoir adopté une telle stratégie qualifiée de «vide de sens et saugrenue» par Dr Mohamed Lamine Ly, le Sénégal enregistre au quotidien des taux records de cas communautaires. 166 en 48heures.

Aussi, Les services de réanimation sont plongés dans une situation presqu'anxiogène avec près d'une cinquante de cas graves expliquant le taux de mortalité qui s'est décuplé, soit 232 sénégalais ont déjà perdu la bataille contre le meurtrier virus.

«Nos lendemains sont incertains» ou encore, «l'hécatombe tant redoutée est déjà là malheureusement» laisse entendre Dr Mouhamadou Mbengue.

Pour le compte du samedi 08 août, le directeur de la prévention, Dr El Hadj Mamadou Ndiaye lisant le communiqué n°160 a fait savoir que « sur 1576 tests réalisés, 116 échantillons sont revenus positifs, soit un taux de positivité de 07,36% ».

Pour cette journée, 63 échantillons de cas contacts suivis par les services sanitaires sont revenus positifs et plus d'une cinquantaine (53) sont déclarées comme des cas communautaires.

Au sujet de ses cas issus de la transmission communautaire, le directeur de la prévention a précisé les différents lieux de provenance dont selon lui, «05 à Bignona, 05 à Guédiawaye, 05 à Thiès, 04 à Mbour, 04 à Ziguinchor, 03 à Keur Massar, 03 à Liberté 6, 03 à Mékhè, 03 à Sacré Cœur, 03 à Saint Louis, 02 à Hlm, 02 à Ouest Foire, 01 à Dakar Plateau, 01 à Diamniadio, 01 à Kédougou, 01 à Kolda, 01 à Médina, 01 à Parcelles Assainies, 01 à Pété, 01 à Pikine, 01 à Popenguine et 01 à Thiadiaye ».

Les services de réanimations très limités en capacité sont au bord du gouffre avec «39 cas graves» renseigne Dr El Hadj Mamadou Ndiaye. Poursuivant, il déclare que «04 nouveaux cas de décès ont été enregistrés», non sans ajouter que «143 patients hospitalisés sont déclarés guéris».

EFFET TABASKI

Pas d'accalmie ! Pis, le tableau virologique enfonce sa noirceur. Hier, dimanche 9 août, le taux de positivité relatif aux cas issus de la transmission communautaire a atteint un seuil jamais atteint depuis le début de cette pandémie de Covid 19 dans le pays.

65,69% de taux de positivité de cas communautaires révélé le communiqué n°161 du ministère de la santé et de l'action sociale. « 1656 tests réalisés, 172 sont revenus positifs, dont 59 cas contacts suivis et 113 cas communautaires ».

Indiquant les origines de provenances des cas communautaires, ledit communiqué fait savoir qu'il y a eu « 19 Cas à Thiès, 09 à Rufisque, 08 à Tivaouane, 07 à Mbour, 07 à Saint Louis, 04 à Ngor, 04 à Pikine, 03 à Gueule Tapée, 03 à Mbao, 03 à Maristes, 03 à Pout, 02 à Grand Dakar, 02 à Grand Yoff, 02 à Hlm, 02 à Kédougou, 02 à Liberté 1, 02 à Médina, 02 à Ouakam, 02 à Parcelles Assainies, 02 à Passy, 02 à Sacré Cœur 3, 01 à Almadies, 01 à Centenaire, 01 à Dakar Plateau, 01 à Dieuppeul, 01 à Fann, 01 à Fass, 01 à Guédiawaye, 01 à Hann Montagne, 01 à Hlm Grand Yoff, 01 à Joal, 01 à Kaolack, 01 à Khar Yalla, 01 à Kolda, 01 à Louga, 01 à Malem Hodar, 01 à Mermoz, 01 à Ouest Foire, 01 à Patte d'Oie, 01 à Point E, 01 à Richard Toll, 01 à Scat Urbam, 01 à Sud Foire et 01 à Touba ».

Selon ledit communiqué, 43 cas graves sont pris en charge dans les services de réanimations et 03 nouveaux cas de décès lié à la Covid 19 ont été enregistrés.

Par ailleurs, «23 patients hospitalisés ont été contrôlés négatifs et déclarés guéris» renseigne Dr Ndiaye, selon le communiqué n°161 du ministère de la santé et de l'action sociale. Au total, le pays décompte 11175 cas à la date d'hier, dimanche, dont 7352 guéris contre 3590 cas sous traitement.

La région de Dakar reste le plus géant foyer de contamination avec plus de 7000 cas de contaminations.

Mais «l'épidémie est en train de quitter Dakar » alerte le patron de l'Institut Pasteur, Dr. Sall, à l'image des 19 cas communautaires enregistrés à Thiès en 24heures ou encore des 07 cas communautaires déclarés par le Msas à Saint Louis.

Aussi, Comme le mois précédent ou même pis, le mois d'août est tout aussi funeste et porte la somme des cas décès à 232.

Situation en permanence détérioration, le ministère de la santé et de l'action sociale, exhorte les populations à se mobiliser davantage au sein de nos communautés, pour un respect strict des mesures de prévention individuelle et collective.

GESTION DE LA RIPOSTE  - «Tout a été dit... Mais la parole a été confisquée par le charlatanisme politique»

Encore une voix de plus p6our dénoncer l'approche unilatérale du gouvernement dans le cadre de la gestion de cette pandémie dans le pays depuis plus de 05 mois. «Tout a été dit...des modèles syndromiques aux modes de transmissions du nouveau coronavirus.

Tout a été publié depuis presque trois (3) mois...et nous avons eu le temps de voir venir. Mais la parole a été confisquée par le charlatanisme politique, par la polémique et l'ignorance surtout», a déclaré Dr Mouhamadou Mbengue.

Pour la blouse blanche, «il n'y a pas de remède miracle universel pour ce virus. Tout dépend de la précocité de la prise en charge, tout se fait au cas par cas ».

Cette stratégie basée sur la précocité de la prise en charge des cas évoquées et soutenue d'ailleurs parle directeur du Samu national, Pr. Bèye ainsi que le Pr. Seydi et Dr. Amadou Sall, est liées à une « tactique de dépistage active ».

Mais, la restriction des tests de dépistage aux cas symptomatiques laisse libre cours à la contamination à la pelle sans une possibilité de traçage rapide et une prise en charge dans un bon timing.

«C'est une renaissance pour la médecine à tout point de vue et peut-être même un vrai départ sur le chemin de la médecine moderne pour nous (un étudiant peut demander un scanner pour une pneumonie sans se faire gronder en staff ...) » a fait savoir Dr. Mbengue.

Alors que la situation épidémiologique du pays ne fait que s'aggraver, le réveil brutal du gouvernement comme l'illustre les mesures actées lors du dernier conseil présidentiel semble être assez tardif pour éviter le pire selon la blouse blanche.

«L'hécatombe tant redoutée est déjà là malheureusement», a déclaré sans ambages Dr. Mbengue. Et de poursuivre dans une forme de déprécation : «on implore encore le Ciel s'il nous reste quelque force et on croise les doigts». Non sans déplorer que « cette longue bataille indécise ne fait que commencer... »

Plus de: Sud Quotidien

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