Cameroun: Les chemins de l'autonomisation

Renforcement de la carte sanitaire, relèvement des plateaux techniques, production locale des médicaments, intégration de la médecine traditionnelle... sont assurément des voies d'avenir.

Un hôpital de référence dans chaque localité. La pandémie du Covid-19 vient de confirmer qu'investir sur la santé n'est pas de l'argent jeté dans l'eau. Avoir des formations sanitaires dans tout le pays et même dans chaque district ne peut donc être que bénéfique. Plus encore, s'il s'agit d'hôpitaux dotés de plateaux techniques de pointe. L'on ne saurait affirmer qu'à l'heure actuelle le Cameroun fait partie des mal lotis en Afrique en matière d'infrastructures sanitaires. Mais les pouvoirs publics pourraient s'appuyer sur les contraintes imposées par le Covid-19 pour renforcer les efforts dans ce secteur névralgique. Car l'ouverture en urgence des centres spéciaux de prise en charge des patients dans les camps de logements sociaux, les stades et les centres commerciaux est la preuve qu'il y a encore à faire dans ce sens.

Un monde post-Covid impose par exemple une amélioration quantitative et qualitative de l'offre de soins sur l'ensemble du territoire. Une localité, un hôpital est en effet l'idéal vers lequel il faudrait tendre. Ceci avec toutes les commodités nécessaires. Notamment des laboratoires bien équipés. Structures qui permettraient d'éviter le voyage des échantillons de prélèvements d'une région à l'autre en cas d'épidémie. Le processus de décentralisation de la prise en charge des patients, tout comme celui du dépistage devrait en effet gagner en intensité, si jamais le Cameroun veut affirmer son autonomie.

D'autre part, la production locale des médicaments essentiels et des consommables médicaux de base est un pan à développer. Le Cameroun a l'expertise qu'il faut et dispose déjà d'une quinzaine d'unités de fabrication. Mais à date, l'offre locale couvre moins de 5% de la demande. Pour inverser la tendance, des financements et d'autres facilités sollicitées par les différents intervenants de la chaîne seraient évidemment les bienvenus. La fermeture des frontières en cas de pandémie amène chaque pays à être capable de compter sur lui-même. Et l'absence d'une industrie pharmaceutique performante, peut être un sérieux handicap.

Au Cameroun comme partout ailleurs, l'autonomisation passe également par l'intégration de la médecine traditionnelle dans le système de santé national. C'est vrai que dans les faits, certains pratiquants sont des charlatans. Mais il est avéré que l'on peut compter sur les trésors de la nature pour prévenir et guérir certains maux. Le traitement prometteur de Mgr Samuel Kleda, archevêque de Douala et bien d'autres du même genre témoignent à suffisance que la médecine traditionnelle est capable de beaucoup dans ce pays, si seulement elle est encadrée et développée.

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