Congo-Kinshasa: Musique - Libanga, un des titres en vogue depuis le confinement

Plusieurs Kinois se sont familiarisés à cet air de Bercy Mwana à la Bill Clinton souvent diffusé sur les radios et télés locales, les chauffeurs taxis tout particulièrement n'hésitent pas à augmenter un tantinet le volume de leurs radios dès ses premières notes.

Il ne fait aucun doute que le morceau de l'animateur Bercy Mwana accroche le public. De nombreux mélomanes ont exprimé un grand enthousiasme à l'écoute de Libanga. Il avoisine les 425 000 vues sur YouTube où il a été posté depuis le 20 juin. Quarante jours donc après sa sortie, la chanson qui fait presque quatre minutes (3'44") cartonne avec 423 743 vues qui s'accompagnent de commentaires élogieux. De quoi titiller suffisamment l'animateur-chanteur quitte à l'encourager définitivement à rejoindre carrément le rang des chanteurs et s'y caser pour de bon. Son style rentre dedans fait tout de suite penser à Bill Clinton, ancien sociétaire de Wenge Musica Maison Mère (WMMM) tout comme lui, cet air lui fait acquérir un certain nombre de fanatiques. Bien plus, ce serait une sorte de rampe de lancement d'une carrière solo encore timide.

Certains affirment avoir été conquis par le thème développé dans la chanson Libanga. Pour tout mélomane, amateur de la musique congolaise, que l'on compte aussi bien en bon nombre en Côte d'Ivoire, le mot n'est pas étranger. En effet, il se rapporte à cette pratique, pas toujours bien vue, de dédicacer des personnalités de renom, ou autres illustres inconnus dans le but de les hisser justement au rang des notoriétés. Les chanteurs le font directement quand ils ne décident pas de laisser cette besogne aux atalaku ou animateurs. La dédicace est monnayée à prix d'or dans certains cas ou se fait à titre gracieux en guise de reconnaissance, c'est selon.

Libanga dépouille et enrichit

Dans Libanga, Bercy parle de ce phénomène qui a traversé les frontières des Congo et a fini par gagner la musique ivoirienne dont les accointances sont observables à ce jour. S'il a souvent été l'objet de plusieurs discussions, il n'a presque jamais à proprement parlé été évoqué à la manière dont l'a fait l'animateur encore membre de la Team Wata, orchestre du chanteur Héritier Watanabe, également ancien sociétaire de Maison Mère. Bercy l'aborde sur le point de vue de l'artiste, chanteur ou animateur qui en fait usage. Il expose en quelque sorte les coulisses autour de cet « art » de la dédicace pratiqué depuis belle lurette. C'est d'ailleurs beaucoup plus de son expérience personnelle dont il est question dans cet air produit par l'agence de communication et marketing Divo international. Pour ce qu'il en sait, il affirme que des gens se sont retrouvées à vendre des biens et autres objets de valeur. Pour certains, résidences, automobiles, bijoux, y sont passés. C'est dire que pour être dédicacées dans une chanson, il y a un prix à payer. Certains ont payé le prix fort : mariages disloqués, des nantis dépouillés au bénéfice des artistes enrichis. Les inimitiés qu'elle a des fois suscitées sont aussi au nombre des malheureux revers de cette pratique.

Par ailleurs, nous renseigne Bercy, certains dédicacés n'ont pas honoré toute leur facture : des débiteurs qui ont su le rouler. Il semble en avoir tiré amertume de sorte qu'on l'entend répondre à la demande d'une dame que ses services sont payés à l'avance. « Mbongo liboso, libanga na sima, Mama ! », autrement dit en français : « Les sous en premier lieu, ensuite la dédicace, madame ! ». Mais dédicacer n'était pas toujours une affaire d'argent : « il y a de ceux pour qui je l'ai fait gratuitement », révèle-t-il. Enregistré, mixé et masterisé à Kinshasa, au Studio 350 par Luna Maserati. Bercy l'a composé avec le concours de Déo Kasongo, directeur général de Divo et l'ingénieur de son précité.

Autre chose encore, l'animateur passe à confesse. Il reconnaît à son tour n'avoir pas honoré certains engagements. Il s'en défend : « Il est vrai que j'ai reçu de l'argent de votre part, et qu'en retour vous n'avez jamais entendu vos dédicaces. Ce n'est pas à moi que revient cette faute, mais aux leaders des groupes ». Comme quoi, le dernier mot revient aux patrons des orchestres et qu'à cause de cela, « ils ont gâche plusieurs de nos relations », explique-t-il en dernier ressort.

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