Sénégal: Quand des récalcitrants au port du masque se heurtent à la détermination des forces de l'ordre

11 Août 2020

Le gouvernement du Sénégal a renforcé sa communication sur le port obligatoire du masque. Le message des autorités est très clair, les récalcitrants au port de masque encourent des amendes et le respect des mesures de distanciation physique est vigoureusement recommandé. Mais, qu'en est-il de l'application des mesures sur les lieux publics ?

Au Sénégal, le message est passé en direct, sur toutes les chaînes de radio et de télévision, et il est on ne peut plus clair.

Au cours d'une conférence de presse tenue vendredi, le ministre de l'Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye informait qu'il était désormais interdit tout rassemblement, toute manifestation sur la voie publique.

L'obligation du port du masque dans les services de l'administration et du privé, dans les commerces et les transports est vigoureusement réitérée.

Il est aussi interdit tout rassemblement au niveau des plages, des terrains de sport, des espaces publics et des salles de spectacles. Toute manifestation sur la voie publique est passible de sanctions.

Le masque est désormais donc obligatoire dans tous les lieux publics. Comme ici, à la cité des eaux, les clients qui attendent devant la Brioche dorée jouent le jeu. L'accès au magasin est refusé aux éventuels récalcitrants.

En effet, un vigile posté à l'entrée du magasin veille au grain et n'hésite pas à renvoyer les indociles. Cependant, il y a encore quelques rares désobéissants. «Pas de masque, pas d'accès», reste ici le mot d'ordre, à respecter bon gré, mal gré pour qui veut avoir accès au magasin.

Le port du masque est obligatoire à l'entrée, et la distanciation physique est respectée. Ces mesures restrictives observées depuis des mois déjà sont saluées par Ndeye Fatou, une fidèle cliente de ce commerce.

«Le port du masque est un rempart efficace qui protège autant celui qui le porte que son prochain», souligne t-elle. Cette recommandation est à respecter d'autant plus il y a des «chiffres qui confirment que l'épidémie prend de l'ampleur, nous devons prévenir et nous protéger», avance t-elle.

Le port du masque semble donc être respecté par l'écrasante majorité des citoyens dans tous les lieux où il est désormais obligatoire de le porter.

Toutefois, il demeure toujours quelques récalcitrants. C'est le cas de ce jeune homme âgé d'une vingtaine d'années. Trouvé sur l'allée Castors, il marche seul, sans porter de masque. Interpellé sur son attitude, il assure habiter à quelques mètres et avoir oublié en sortant de la mettre.

Il verse sa conduite plus dans le compte de l'oubli que de la négligence. Pourtant, toute violation des dispositions expose son auteur à des sanctions pénales pouvant aller de l'amende à l'emprisonnement, conformément aux dispositions du code des contraventions.

Ainsi, des instructions ont été données par les autorités pour faire payer aux contrevenants une somme forfaitaire entre les mains de l'agent verbalisateur, c'est-à-dire au bureau des contraventions des commissariats de Police, des brigades de Gendarmerie conformément aux prévisions de l'Article 517 du Code de procédure pénale, rappelait le ministre de l'Intérieur Aly Ngouille Ndiaye, au cours d'une conférence de presse tenue, vendredi dernier.

Des sanctions en vue...

Un membre des forces de l'ordre témoignant sous anonymat pense que les quelques rares personnes qui ne portent pas de masque « n'étaient pas réfractaires, mais l'avaient pour l'essentiel soit oublié, soit ils n'étaient pas au courant de l'obligation, des erreurs innocentes en somme, qui se feront sans doute de plus en plus rares, à mesure que le temps passera ». N'empêche, il veille au respect strict de la mesure.

«Ceux qui semblent s'être trompés de bonne foi se voient intimés l'ordre d'acheter immédiatement un masque. Les plus récalcitrants reçoivent tout bonnement une amende conformément à la prescription de la loi», souligne t-il.

Toutefois, il s'empresse de préciser que cet écart de compréhension ne sera plus de vigueur sous peu. En effet, après quelques jours d'explications, l'étape suivante consistera à appliquer la loi, dans toute sa rigueur, note t-il.

Maty, la trentaine tient une boutique de vente de vêtements à Liberté 6. Elle avait plus ou moins renoncé à demander aux visiteurs de sa boutique de porter un masque avant de franchir son palier. Depuis que les autorités ont réitéré l'obligation du port de masque, elle a remis sur la table cette exigence.

Désormais, pour accéder à sa boutique, la clientèle est tenue de porter un masque. «A vrai dire, il est rare de voir un client qui ne porte pas de masque. Les gens qui viennent ici ont pour l'essentiel bien compris le message et s'évertuent à respecter les indications», se réjouit-elle.

En revanche, ses inquiétudes sont nombreuses car elle craint que son commerce soit considéré comme responsable et donc susceptible de recevoir une amende, si des personnes contreviennent à l'obligation du port du masque entre ces murs.

Devant ses interrogations, elle attend de voir comment la situation évoluera en espérant, comme bien d'autres personnes, que cette nouvelle obligation de port de masque dans les lieux publics puisse participer, à l'endiguement de cette crise, souligne t-elle.

Au niveau des transports en commun, les receveurs se montrent beaucoup plus exigeants. En application des consignes qui leur ont été données, aucun passager n'est admis dans les bus, sans préalablement porter de masque. La rédaction

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