Cameroun: Éducation - Le tableau doit changer

La vie à l'école et même autour de celle-ci devrait connaître des changements en profondeur.

A quelque chose, malheur est bon. C'est ainsi que Laurent Georges M., enseignant de formation et actuellement responsable dans les services déconcentrés au Minesec, résume sa pensée face au nouveau tableau de l'école camerounaise, désormais impactée par le paramètre Covid-19. « On ne peut pas se réjouir de la survenue d'une maladie, mais en raison du coronavirus, beaucoup de choses vont changer en bien, nous y sommes contraints », explique-t-il. Et en premier lieu, souligne le formateur, l'obligation d'alléger les effectifs dans les salles de classe. « Il ne sera plus possible d'avoir des classes avec 70, 80, voire 100 élèves. Et les enseignants pourront mieux faire leur travail », indique ce responsable du Minesec, qui n'exclut pas l'éventualité d'un retour du système de mi-temps.

Autre changement envisagé, la systématisation de l'hygiène et de la salubrité à (et autour de) l'école. « On devra mettre l'accent dessus plus que par le passé », soutient Laurent Georges M. Ce qui implique, entre autres choses, la construction de toilettes modernes, et ce en nombre suffisant au vu des effectifs des établissements. Et des toilettes modernes dignes de ce nom doivent être constamment alimentées en eau potable, en produits d'assainissement, et bénéficier en outre de la meilleure maintenance qui soit.

Des cantines scolaires systématiques seraient également les bienvenues dans nos établissements. Ceci permettrait - pour continuer sur le volet hygiène-salubrité - de s'assurer qu'écoliers, collégiens et lycéens se restaurent sans risques.

La piste du numérique est également à l'étude en ce moment dans les sphères décisionnelles de l'enseignement au Cameroun. CT a appris, d'une source à la délégation régionale du Minesec à Douala, qu'une réflexion a été récemment menée sur la question (aussi bien au Minesec qu'au Minedub), et que des propositions ont été transmises à la hiérarchie. Ainsi, les téléphones portables, interdits dans les établissements secondaires par exemple, pourraient devenir des fournitures scolaires...

Et s'il faut explorer la voie digitale, l'approche devra être globale. Nécessitant par exemple l'équipement des établissements en supports et matériels TIC. Un nouvel écosystème qui accueillerait aussi, outre les téléphones portables, des tablettes, voire des ordinateurs portables...

Différents acteurs de la communauté éducative s'accordent dessus : le visage de l'école va changer en profondeur. Laurent Georges M. conclut, un rien prophétique : « C'est une nouvelle ère qui va débuter dans le domaine de l'éducation dans notre pays. »

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