Cameroun: « Le président de la République est garant de l'indépendance du pouvoir judiciaire »

interview

Laurent Esso, ministre d'Etat, ministre de la Justice, garde des Sceaux, vice-président du Conseil supérieur de la magistrature.

En votre qualité de vice-président du Conseil supérieur de la magistrature, vous avez pris part aux côtés du président de la République aux travaux de cette instance. Peut-on avoir une idée de l'ambiance de cette session ?

Merci de l'intérêt que vous portez au fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature sous la présidence du président de la République. Ce que je peux dire c'est que ce Conseil s'est tenu dans un contexte assez particulier en raison du contexte sanitaire que nous vivons. Tout s'est déroulé dans de très bonnes conditions. Les parties ont pris part aux travaux et ont pu s'exprimer sur les textes qui leur ont été présentés.

Le président de la République a souvent plaidé pour la crédibilité de la justice. Cela est-il vrai aujourd'hui ?

La justice camerounaise est à la hauteur des attentes des Camerounais. Le seul problème que nous avons c'est que les magistrats ne sont pas toujours compris parce que nous avons la justice telle qu'elle est voulue par la presse et la justice et la justice qui est la réalité du contenu des dossiers que les magistrats examinent. Parfois, il y a un monde. Le magistrat juge sur la base d'un dossier. L'opinion publique est une opinion.

Et ce débat sur l'inféodation de la justice dans le politique, il est oiseux ?

C'est ne pas connaître la réalité parce que le magistrat a prêté serment. C'est son métier. Ceux qui pensent que la justice est inféodée, c'est mal connaître les mécanismes du fonctionnement judiciaire. Le président de la République est garant de l'indépendance du pouvoir judiciaire et ceci ne dépend pas des états d'âme du magistrat. Un conseil de discipline a été mis en place et ses membres ont été désignés. Le travail de ce conseil c'est de veiller à ces dérives.

Habituellement, on a assisté à la présence de quelques avocats et de quelques magistrats mis en cause. On ne les a pas vus cette année. Pourquoi ?

C'est vrai. C'est parce qu'il n'y a pas eu de dossiers disciplinaires instruits. C'est quand le Conseil de discipline achève l'instruction que le président de la République décide de traduire un magistrat devant le Conseil supérieur de la magistrature en conseil de discipline. A ce moment-là, il peut être assisté par un avocat ou par un de ses pairs.

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