Congo-Brazzaville: Parlement - Le gouvernement présente le cadre budgétaire à moyen terme

Le Premier ministre, Clément Mouamba, a présenté, le 10 août devant les deux chambres du Parlement, la politique budgétaire en s'appuyant sur le cadre budgétaire à moyen terme pour la période 2021-2023.

Rappelant le contexte général caractérisé par une crise sanitaire mondiale, le chef du gouvernement a indiqué que l'économie congolaise, qui avait amorcé un léger redressement à partir de 2018, a subi un choc sur le plan macroéconomique et budgétaire. Sur les perspectives économiques et financières de 2021-2023, le Premier ministre a annoncé que le taux de croissance moyen du Produit intérieur brut (PIB) sur la période atteindrait 0,8%, reflétant le comportement cyclique du secteur pétrolier et une reprise progressive des activités du secteur non pétrolier.

« Ce taux est de loin inférieur à celui de la croissance démographique de notre pays qui se situe à 2,6%. Cet indicateur doit être pris en compte dans le cadre de notre stratégie de réduction de la pauvreté », a-t-il rappelé.

Selon lui, les recettes et les dépenses budgétaires projetées tiennent compte des hypothèses macroéconomiques, des différentes mesures prises par le gouvernement pour accroître les recettes fiscales et non fiscales ainsi que pour rendre efficace la dépense publique. Rappelant les hypothèses macroéconomiques relatives au secteur pétrolier pendant les trois prochaines années, Clément Mouamba a indiqué que les ressources budgétaires s'établiraient à 1 777,0 milliards FCFA en 2021, 2 062,5 milliards FCFA en 2022 et 2 023,2 milliards FCFA en 2023.

« Les dépenses budgétaires augmenteraient à un rythme annuel moyen de 0,5% et s'établiraient à 1519,5 milliards de FCFA en 2021, 1540,9 milliards de FCFA en 2022 et 1536,1 milliards de FCFA en 2023. Ces niveaux de ressources et de dépenses reflètent des budgets prévisionnels, à n'en point douter, largement inférieurs à ceux que le Congo a connus avant la chute du prix du baril intervenu à la mi-2014 », a-t-il précisé.

La dette publique en moyenne s'afficherait à 92,3% du PIB

Sur l'ensemble de la période, les soldes budgétaires globaux (dons inclus) seraient excédentaires, à hauteur de 257,5 milliards FCFA en 2021, 521,5 milliards FCFA en 2022 et 487,1 milliards FCFA en 2023, soit respectivement 4,3%, 8,9% et 8,0% du PIB. Le stock de la dette publique projeté s'afficherait en moyenne à 6045,8 milliards FCFA, soit 92,3% du PIB, ce qui resterait au-dessus de la norme communautaire Cémac de 70%. Les ressources de trésorerie et de financement s'établiraient, quant à elles, en moyenne à 129,3 milliards FCFA, soit 129,0 milliards FCFA en 2021, 130,0 milliards FCFA en 2022 et 129,0 milliards FCFA en 2023. En raison du niveau relativement important de la dette, les charges financières seraient en moyenne à 793,0 milliards FCFA, avec 799,1 milliards FCFA en 2021, 807,0 milliards FCFA en 2022 et 772,0 milliards FCFA en 2023.

« Au cours de la période, il ressortirait un besoin de financement qui baisserait à un rythme annuel moyen de 38,5%, avec 412,6 milliards de FCFA en 2021, 155,5 milliards de FCFA en 2022 et 155,9 milliards de FCFA en 2023 », a poursuivi le chef du gouvernement.

Pour atteindre, enfin, cet objectif général, la politique budgétaire poursuivra à moyen terme quelques objectifs spécifiques. Il s'agira de réduire le déficit primaire hors pétrole, c'est-à-dire accroître les recettes budgétaires provenant des autres secteurs de l'économie; améliorer la transparence et la discipline budgétaires; rendre soutenable la dette publique.

Les préoccupations des députés ont, quant à elles, porté, entre autres, sur les dispositions envisagées pour éviter une baisse de la production pétrolière en 2023 ; la non-indication de manière précise dans le document de cadrage budgétaire de la contribution des secteurs miniers, forestiers et touristiques comme pour le secteur pétrolier. Les députés ont également souligné la nécessité d'un engagement ferme du gouvernement pour lancer de manière effective dès 2021 le processus d'apurement de la dette commerciale intérieure et de résorption du déficit des deux caisses de sécurité sociale.

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