Congo-Brazzaville: Vie associative - Sodios organise une rencontre sur les droits des veuves

L'association Sodios et le Groupe de réflexion contre les violences faites aux femmes ont tenu, le 8 août, une conférence-débat au village touristique à Djeno dans le 6e arrondissement Ngoyo sur le thème "Veuvage entre tradition et modernité".

Animée par Jessica Mamoni Goma, magistrat au Tribunal de grande instance de Pointe-Noire et Mme Bernadette Bephangayahou, présidente de l'association sodios (Solidarité, disponibilité des oeuvres sociales), la conférence-débat a eu pour but d'échanger avec les veuves sur leurs droits et recueillir les différents témoignages sur leur condition de veuvage pour en faire, le cas échéant, un plaidoyer. Lors de sa communication axée sur la veuve, tel que le définit le code de la famille au Congo, les rites de veuvage, les successions et le droit de maintien dans les lieux, Jessica Mamoni Goma a dit que la veuve est toute femme qui a contractée un mariage à l'état civil avec son conjoint. Le pré-mariage ou la dot ne sont pas pris en compte dans ces dispositions. Elle a renchéri que le pré-mariage ne peut excéder cinq ans puisqu'après les deux conjoints ont l'impérieux devoir de se marier. Les rites de veuvage ne sont pas obligatoires, a-t-elle ajouté, et ne peuvent s'imposer de facto à la veuve.

Pour la juriste, en matière de succession, la veuve a des droits aussi tout comme les enfants et la famille du défunt mari. « De nombreuses familles outrepassent leurs droits et ne respectent pas les textes ni la veuve en profitant de la fragilité de celle-ci pendant le veuvage. Pour que les choses bougent, les veuves doivent venir voir les juges, dénoncer les abus qu'elles subissent et ensemble nous pouvons engager les procédures judiciaires prévues par la loi », a-t-elle conseillé. Et d'ajouter que la veuve, jusqu'à un an après la disparition de son époux, peut rester dans la maison sans être dérangée selon les textes. Elle est libre après cette période de faire un autre choix. Jessica Mamoni Goma a poursuivi que la veuve n'est pas un objet qui rentre dans la succession et certains beaux-parents obligent la veuve de se remarier dans leur famille. Les traditions sont à la base de certaines violences faites sur les veuves d'où la nécessité d'associer aux prochains échanges les chefs de quartiers, les chefs de famille pour que les dispositions contenues dans le Code de la famille soient intériorisés par tous, a-t-elle conclu.

Contente de voir beacoup de femmes à ces retrouvailles, Bernadette Bephangayahou a signifié que le veuvage n'est pas une fatalité. Les veuves doivent cesser d'avoir peur de leurs belles-familles. Elles doivent faire valoir leurs droits prévus par le Code de la famille et dénoncer toutes les violences qu'elles subissent. Les associations, les affaires sociales, etc. sont là pour les accompagner. Pour elle, les veuves doivent chercher à s'autonomiser en exerçant des activités génératrices de revenus pour bien s'occuper de leur progéniture. Aux jeunes filles qui vivent sous un même toit avec leurs compagnons, la présidente de Sodios les a exhortées d'officialiser leur union par un acte de mariage délivré par un administrateur-maire d'arrondissement, après cinq ans de pré-mariage Cette rencontre organisée en différée de la journée internationale de la veuve a édifié les veuves sur leurs droits.

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