Congo-Kinshasa: Ituri - La violence paralyse la reprise des cours

A map showing Ituri province in the Democratic Republic of Congo.

En République démocratique du Congo, les écoles ont rouvert leurs portes depuis ce lundi (10 août). Mais dans la province de l'Ituri, des élèves ont dû fuir les violences des groupes armés.

C'est dans un climat tendu que les cours ont repris en territoire de Djugu, dans la province de l'Ituri, un territoire frappé ces derniers jours par de nouvelles attaques de groupes armés qui ont fait des victimes au sein des combattants mais aussi de la population.

Au premier jour de la reprise des cours, plusieurs établissements scolaires de la région ont noté un fort absentéisme des élèves.

C'est le cas par exemple de l'école primaire "2Kilo Moto" dont une trentaine d'élèves ne se sont pas présentés.

Son directeur justifie cette absence par l'insécurité accrue dans la région.

"La rentrée chez nous est un peu timide. Un grand nombre d'élèves ne s'est pas présenté à l'école. On devait accueillir aujourd'hui 80 élèves finalistes mais 53 seulement se sont présentés. Aujourd'hui, la zone n'est vraiment pas sûre, alors les parents ont déplacé leurs enfants vers d'autres zones plus ou moins sécurisées. C'est ce qui explique qu'on observe une pareille absence des élèves", explique Déogratias Nesombahu.

C'est un constat similaire observé à l'école primaire 3 Mungbalu où plus de la moitié des élèves sont absents. La directrice de cette école primaire demande aux autorités de sécuriser la région pour que la rentrée scolaire puisse se dérouler normalement.

"A cause de l'insécurité, nous avons reçu seulement 56 élèves, sur 170. Quelques élèves se trouveraient à Bunia où ailleurs, car ici on n'est pas en sécurité. Au gouvernement congolais, nous demandons la sécurité, pour que la reprise des cours soit effective", indique Pascaline Patsiwegu, directrice adjointe de l'école primaire 2Kilo Moto.

Peur chez les élèves

Les élèves pour leur part craignent que leur année scolaire soit gâchée. Junior Kambale, qui vit à présent à Bunia, se trouve à des centaines de kilomètres de son école. Pour lui, la rentrée est hypothétique.

"On avait fui les attaques des FDLR et de CODECO. Aujourd'hui, je n'ai pas pu travailler parce que mon école ne se trouve pas ici à Bunia. J'étudiais à Tshabi. Je ne sais pas quand est ce que je reprendrai les cours. Il faut que mes parents décident de rentrer mais ils ont encore peur", explique l'élève.

Selon l'Unicef, plus de 250.000 personnes, dont une majorité d'enfants, ont fui l'intensification de la violence dans la province de l'Ituri depuis le début de l'année.

Le mois dernier, le Parlement des enfants de l'Ituri s'était dit aussi très préoccupé par la situation que traversent les enfants déplacés dans la ville de Bunia qui n'ont pas seulement accès à l'éducation, mais aussi à l'assistance humanitaire.

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