Sénégal: Le coronavirus source de polémique autour du prochain grand Magal de Touba

La grande mosquée de la ville sainte des Mourides, Touba, prête pour le Grand Magal qui se tient jeudi 17 octobre.

Au Sénégal, le grand Magal fête le départ en exil du fondateur de l'influente confrérie mouride, Cheikh Amadou Bamba. Cette fête, la plus importante dans le mouridisme, aura lieu le 5 octobre prochain, et regroupe habituellement chaque année autour de 4 millions de disciples dans la ville sacrée de Touba. Alors que les rassemblements sont de nouveau interdits par l'État afin de lutter contre la propagation du coronavirus, la tenue de cette grande fête commence déjà à être au cœur du débat.

Aux abords de la grande mosquée mouride de Dakar, Momar Ndiaye explique ne pas avoir peur de fêter le Magal à Touba, malgré le coronavirus. « Depuis ma naissance, je n'ai jamais vu un Magal annulé, on part à Touba pour faire nos prières et bénédictions, on va prier pour que le corona parte. Mais ça dépend du khalife et du gouvernement ».

« Plusieurs formats possibles... »

Plusieurs personnalités demandent pourtant à l'État de prendre des décisions fermes, quitte à annuler le pèlerinage, afin d'éviter la propagation du virus. Mais le dernier mot revient au khalife général des mourides, rappelle Mor Daga Sylla, membre de la confrérie. « Personne ne peut interdire aux mourides de célébrer le Magal, mais la question, c'est de savoir comment sera fait le Magal avec cette pandémie. Les autorités religieuses sont en train de prendre des décisions idoines pour prendre en compte la pandémie du Covid-19 ».

Le chercheur Cheikh Gueye rappelle le poids économique et social du Magal, qui le rend compliqué à annuler. Il s'attend alors à une adaptation des autorités religieuses. « Plusieurs formats sont possibles, organisation avec un nombre limité de participants, limiter la participation des âgées ou dicter des mesures barrières strictes »

Le ministre sénégalais de l'Intérieur a assuré que les marabouts sont associés aux décisions étatiques, étant donné « leur rôle pour la stabilité du pays ».

Plus de: RFI

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