Maroc: Le e-commerce, une tendance qui s'installe

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Un fort engouement a été constaté pratiquement dans l'ensemble des secteurs

Faire ses courses en un seul clic ? Au Maroc, cette tendance du e-commerce a pris énormément de l'ampleur durant cette conjoncture de crise sanitaire liée à la pandémie du nouveau coronavirus (Covid-19) à même de devenir un comportement habituel pour le consommateur.

Ce fort engouement a été constaté pratiquement dans l'ensemble des secteurs et a poussé les vendeurs à revoir leurs stratégies de communication pour s'adapter à cette nouvelle réalité et maintenir le lien avec leur clientèle. Ainsi, les sites marchands ont enregistré un franc succès en matière de ventes durant cette période laissant entrevoir des perspectives prometteuses pour cette industrie dans le Royaume.

D'ailleurs, nul ne peut douter que l'e-commerce se veut aujourd'hui un véritable levier de performance et de croissance qui permet de pallier la fermeture des points de vente physiques et par conséquent éviter tout risque de contamination par le virus.

"A l'heure où toute l'économie semble mise sous cloche, un petit territoire résiste encore à l'envahisseur biologique. Le commerce en ligne devient subitement tout le commerce, ou presque", a souligné Mahdi Ouadghiri, responsable e-commerce au sein d'une agence digitale à Kénitra, dans une déclaration à la MAP, notant que le coronavirus pourrait constituer un tournant décisif dans la transition vers l'économie numérique.

En effet, certains consommateurs, qui n'utilisaient pas Internet pour leurs achats, ont pris durant le confinement de nouvelles habitudes qui pourraient durer même après cette période. "La livraison de produits frais issus de circuits courts bénéficiera notamment de la crise actuelle pour attirer de nouveaux adeptes", a-t-il relevé.

M. Ouadghiri a, parallèlement, fait savoir que d'après une enquête élaborée par l'agence auprès de 1.200 consommateurs marocains, 40% d'entre eux se disent aujourd'hui prêts à réduire la fréquence de leurs visites aux magasins, leur priorité absolue étant la sécurité, tandis que 28% sont prêts à augmenter la fréquence de leurs achats en ligne.

Cette enquête révèle également que 25% des répondants ont confirmé avoir vécu au moins une fois une mauvaise expérience concernant les retards de livraison (chez 30% des répondants), des produits reçus ne correspondant pas aux produits commandés (20%), le non remboursement du produit (10%) ou des problèmes dans l'opération de paiement chez 7% des enquêtés, a-t-il soutenu.

Ce responsable e-commerce n'a pas manqué de préciser que la crise économique qui suivra la crise sanitaire sera un catalyseur pour ce circuit, lequel a le triple avantage de permettre une maîtrise du budget, d'avoir accès à une offre sous promotion attractive et bien souvent aux mêmes prix qu'au magasin. Et d'ajouter: "Reste à savoir si les enseignes d'hypermarchés ne chercheront pas à re-prioriser la promotion dans leurs magasins pour retrouver du trafic".

De son côté, le directeur général adjoint (DGA) du Centre monétique interbancaire (CMI), Ismail Bellali, a indiqué que les sites marchands et sites des facturiers affiliés au Centre ont réalisé 6 millions d'opérations de paiement en ligne via cartes bancaires, marocaines et étrangères, pour un montant global de 2,9 milliards de dirhams (MMDH) durant le 1er semestre 2020.

Il a, en outre, souligné que l'activité des sites marchands et sites des facturiers affiliés au CMI ressort, ainsi, en progression de 31,3% en nombre et de 23,6% en montant par rapport au premier semestre 2019, ajoutant que l'activité des paiements en ligne des cartes marocaines s'est améliorée de 29,6% à 5,8 millions de transactions et de 26,2%, en montant, à 2,7 MMDH au titre des premiers six mois de 2020.

Les consommateurs marocains, selon M. Bellali, ont été plus disposés à payer en ligne ou par carte bancaire (avec le paiement sans contact notamment) plutôt qu'en espèces, afin de restreindre les échanges de billets et de pièces de monnaie et, par conséquent, limiter les risques de contamination au Covid-19.

Concernant l'activité des paiements en ligne des cartes étrangères, le DGA du CMI a fait savoir que celle-ci a affiché une croissance de 84% en nombre d'opérations à 260.000 transactions et un repli de 5,9%, en montant, à 180 millions de dirhams (MDH), notant que l'activité reste très fortement dominée par les cartes marocaines à hauteur de 95,7% en nombre de transactions et de 93,7% en montant.

Interrogé sur la réticence d'un nombre important de Marocains quant à l'achat en ligne, M. Bellali a expliqué que les raisons reviennent d'abord à la peur de l'arnaque ou de la contrefaçon, l'inquiétude sur la protection des données personnelles outre l'absence de conseil lors de l'achat ou encore le manque de garantie sur la livraison.

Il a, dans ce sens, estimé que cette crise a été justement l'occasion pour un bon nombre de commerçants d'avoir une sorte de "prise de conscience" quant à l'utilité de l'usage de paiement sans contact, notamment à travers "des opérations d'achat en ligne réussies, effectuées sans le moindre souci".

Pour que les habitudes des consommateurs marocains en matière d'achat en ligne perdurent, les entreprises marocaines sont appelées à fournir davantage d'efforts sur le plan marketing pour fidéliser ces nouveaux clients une fois la crise passée. Un objectif stratégique et complexe certes, mais largement réalisable via une bonne gestion de la relation client.

Importante dégradation du déficit commercial français au premier semestre

La France a subi au premier semestre de l'année en cours une "importante dégradation" de son déficit commercial des biens, à -34 milliards d'euros contre- 29 milliards au premier semestre 2019, résultat direct du contexte "exceptionnellement défavorable" de la crise liée à la pandémie de Covid-19, selon des chiffres officiels publiés vendredi.

"Ces chiffres ne sont malheureusement pas une surprise, tant l'ampleur de la crise que nous traversons est exceptionnelle. Ils donnent la mesure de l'énergie qu'il nous faudra déployer pour reconquérir les marchés internationaux et retrouver la tendance positive que nous avions engagée depuis 2017", a déclaré Franck Riester, ministre délégué en charge du commerce extérieur et de l'attractivité, cité dans un communiqué du Quai d'Orsay.

Selon la direction générale des Douanes, rapporte la MAP, les exportations françaises de biens ont accusé une baisse de 21,5% par rapport au 1er semestre 2019, soit un repli supérieur à celui enregistré au premier semestre 2009, au plus fort de la crise financière (-20,8%). Ce recul n'est que partiellement compensé par le repli des importations (-17,6%), explique-t-on.

Au cours du premier semestre 2020, les échanges de biens se sont progressivement dégradés avec l'ensemble des régions du monde, au fil de l'évolution de la pandémie de Covid-19, d'abord avec la Chine, puis avec l'Europe et plus tardivement avec les Etats-Unis.

Les échanges avec les partenaires européens montrent cependant des "signes d'amélioration" dès le mois de mai et les exportations vers ceux-ci résistent mieux (-17,0%) que vers les pays tiers (-25,6%), note le communiqué.

Toutes les catégories de biens sont affectées par le repli des échanges, à l'exception des produits pharmaceutiques (+10,1% d'exportations, +16,6% d'importations), relève-t-on.

Les secteurs aéronautique et automobile sont particulièrement touchés par la baisse des exportations (respectivement -47,2% et -38,1% par rapport au 1er semestre 2019), tandis que les exportations agroalimentaires résistent relativement mieux (-4,9%), grâce notamment à une hausse des exportations de produits agricoles (+5,1%).

Selon la Banque de France, les échanges de services restent légèrement excédentaires, avec un solde de 2,4 Md€ contre 11,7 Md€ au 1e semestre 2019, malgré un net recul des exportations (-15,4%), plus marqué que celui des importations (-9,2%).

Cette baisse est notamment liée à la chute de moitié des échanges de services liés au tourisme international.

Les perspectives pour le second semestre et pour 2021 "restent incertaines et dépendront de l'évolution de l'épidémie, du scénario de reprise de l'activité mondiale, mais aussi de l'évolution des tensions commerciales et des risques protectionnistes", souligne le communiqué.

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