Madagascar: A... bus de pouvoir

Les travailleurs, publics comme privés peuvent pousser un ouf de soulagement. Après un mois de fermeture, les bureaux et les usines ont rouvert.

La crise sanitaire a surtout mis à genoux le secteur privé. Selon des chiffres officieux, cent mille employés ont été envoyés au chômage technique sans solde. Davantage si la crise perdure. La sécurité de l'emploi est plus que jamais aléatoire. Des secteurs entiers à l'image du tourisme ou de l'hôtellerie sont complètement anéantis. On ne sait pas s'ils vont pouvoir renaître un jour.

Ceux qui ont la joie de reprendre leur travail ont du faire bon cœur contre mauvaise fortune. L'État a autorisé la réouverture des bureaux administratifs et des entreprises mais a interdit le transport public, vecteur tout indiqué de propagation de la covid-19. Des employés doivent ainsi faire des dizaines de kilomètres à pied pour rejoindre leur bureau le matin et refaire le même trajet l'après-midi pour rentrer. L'État a purement et simplement rejeté la responsabilité du transport du personnel aux sociétés et entreprises ainsi qu'aux départements ministériels. La ministre de la Fonction publique a carrément simplifié les choses en affirmant par dessus le marché que ceux n'en ont pas les moyens poursuivent le confinement. Une déclaration juste ahurissante.

Les employés de quel bord qu'ils soient travaillent pour l'État, renflouent les caisses de l'État à travers les impôts. L'État a un devoir absolu d'assumer ses responsabilités et ses devoirs tels qu'ils sont définis dans la Constitution et de garantir les droits des citoyens soulignés dans la loi fondamentale.

Le transport reste un service public même s'il est exécuté par des entrepreneurs privés.

Vu l'indiscipline caractérisée, la piètre qualité du service rendu par les taxi-be, l'État n'a pas voulu prendre des risques en autorisant les taxi-be à fonctionner sous la condition du respect absolu du cahier de charges. Un engagement qui ne pourra jamais être tenu. Ce sont les travailleurs qui paient les pots cassés. L'État aurait dû chercher une solution de rechange. À quelque chose malheur est bon, c'est peut-être le moment de repenser à une société de transport en commun gérée par l'État pour mettre fin à l'anarchie et à la gabegie imposées par les taxi-be.

L'échec de Fibata, Fima, Antafita pour mauvaise gestion dans les années 80 ne doit pas décourager les autorités. On peut renouveler l'expérience avec de vrais professionnels comme il en existe dans les transports en zone régionale.

Le précédent régime avait un projet avec la création d'une société de transport public muni d'un parc de bus intelligent. Des prototypes ont été présentés à la presse en 2016 mais le projet a tout simplement disparu. C'est le moment ou jamais de le relancer. Tant qu'à faire, il ne faut pas se limiter aux PPN et au carburant pour soulager la population, le transport reste un secteur qui lui fait très mal avec l'a... bus de pouvoir des brutes au volant.

Plus de: L'Express de Madagascar

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