Djibouti: Présidentielle de 2021 - Le président Guelleh «décidera au moment voulu»

Le temps n'est pas encore venu de parler d'un cinquième mandant selon le président de l'Assemblée nationale djiboutienne, Mohamed Ali Houmed. Le responsable met plutôt en avant les résultats du petit État dans la lutte contre la propagation du nouveau coronavirus et assure que Djibouti n'est pas laissé de côté dans les recompositions géopolitiques de la Corne de l'Afrique.

Le petit État d'un million d'habitants dit avoir testé une part relativement conséquente de sa population (environ 6%). Ce chiffre expliquerait donc le nombre important de cas positifs à Djibouti (5 348, mardi soir). À ce jour, 59 personnes sont décédées du Covid-19. « Nous avons mis en place une politique proactive », explique le président de l'Assemblée nationale, invité de RFI. Le pays teste tous les voyageurs entrants à l'aéroport et ne les laisse entrer sur le territoire que lorsque le test se révèle négatif. Dans le cas contraire, ils sont mis en quatorzaine.

Le problème pourrait venir du fait que les autorités ne demandent pas aux voyageurs de se faire tester dans leur pays d'origine, avant leur arrivée sur le sol djiboutien. Avec la période d'incubation du virus (quand le patient est contagieux mais asymptomatique) cela pourrait augmenter à terme les foyers de contamination. Selon Mohamed Ali Houmer, une réflexion est en cours même si son pays a d'abord privilégié les tests à l'arrivée.

À l'instar d'autres pays du continent, les prisons djiboutienne ont été désengorgées face à la pandémie de SARS-Cov-2. La prison de Madobe, à Djibouti-ville, compte 400 détenus, dont le pilote de l'armée Fouad Youssouf Ali, qui a débuté une nouvelle grève de la faim récemment. Il est accusé d'avoir tenté de voler un avion. Il avait tenté de demander l'asile en Éthiopie, mais a été arrêté et remis aux autorités djiboutiennes. D'après le président de l'Assemblée nationale, il faut laisser la justice faire son travail « le plus sereinement possible et sans interférences quelconque ». Il accuse l'opposition de vouloir « instrumentaliser » l'affaire.

Sur la scène sous-régionale, le petit État, hôte de bases militaires, notamment française, américaine, chinoise, souhaite continuer à jouer un rôle pivot. En témoigne l'organisation d'un sommet historique entre les président de Somalie et du Somaliland en juin dernier. Mohamed Ali Houmed considère que son pays n'est pas laissé de côté par les changements en cours, à commencer par le rapprochement entre Addis-Abeba et Asmara qui pourrait ramener les ports érythréens dans le jeu alors que Djibouti assure 90% du trafic de marchandises vers l'Éthiopie. L'ancienne colonie française attend par ailleurs une invitation de son Premier ministre pour avancer sur le dossier du rapprochement avec l'Érythrée, avec laquelle un conflit frontalier empoisonne les relations.

Enfin, le président de l'Assemblée nationale refuse de répondre à la place d'Ismaïl Omar Guelleh sur la question de l'élection présidentielle de 2021. « Nous sommes sur le terrain pour répondre aux besoins formulés par la population », affirme Mohamed Ali Houmed, rappelant la tournée effectuée par le chef de l'État dernièrement dans le pays. Le président Guelleh « décidera au moment voulu », conclut-il.

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