Burkina Faso: Candidats à la présidentielle - Vite des propositions concrètes contre le terrorisme

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Comme cela se constate dans de nombreux pays et sur le terrain au Burkina Faso, la lutte contre le terrorisme ne saurait se gagner en un tour de bras. Il faut de la vision, du temps, des moyens.

Au cours du mandat qui s'achève, les dirigeants ont fait preuve d'une farouche volonté de mettre les terroristes hors d'état de nuire. De nombreuses initiatives ont été développées tant humainement, techniquement, tactiquement que financièrement.

Les opérations spéciales anti-terroristes, le renforcement des capacités techniques et opérationnelles des FDS, le renforcement du dialogue civilo-militaire et de la coopération sous régionale, l'élaboration d'une politique de sécurité nationale, le recrutement et le déploiement de volontaires pour la défense de la patrie, le relèvement du budget alloué à la Défense et à la Sécurité,... figurent au rang des actions menées.

Dans le budget de l'État exercice 2020, le budget du ministère de la Défense et des Anciens Combattants passe de 209 milliards CFA à 220 milliards et celui de la Sécurité de 100 à 104 milliards.

La lutte contre le terrorisme n'est pas une promenade de santé

La conjugaison des différents efforts a permis de contenir la progression des groupes terroristes. Des zones jadis totalement sous emprise terroriste (Au nord et au centre nord) ont été libérées et les populations s'y réinstallent progressivement grâce à l'action concertée des FDS et des VDP.

Aujourd'hui, si le bilan n'est pas totalement reluisant, il est aussi loin d'être catastrophique comme beaucoup passent le temps à le claironner.

La lutte contre le terrorisme n'est pas une promenade de santé. Si tel était le cas, le Mali n'y serait pas enlisé depuis près de 10 ans, avec l'armada d'armes et de soldats déployés dans ce pays. En réalité, les enjeux qui se jouent au Burkina Faso et dans tout le Sahel rendent la lutte encore plus complexe.

Sans dédouaner le régime actuel, il faut tout de même reconnaitre qu'il a consenti de grands efforts pour tenir la baraque.

Quand les attaques ont commencé, de nombreux analystes avaient estimé que le Burkina Faso, qui venait de sortir d'une insurrection, allait sombrer dans le chaos et l'ingouvernabilité.

Aujourd'hui, le pays, en dépit de ses limites objectives, montre à la face du monde son extraordinaire résilience. Il y a encore certes des poches d'insécurité résiduelle, mais la dynamique enclenchée incite à l'optimisme.

Comme à l'accoutumée, le peuple héroïque burkinabè sortira vainqueur de cette bataille contre ses ennemis internes et externes. Pour ce combat, il a besoin de dirigeants convaincus, intrépides et résolument patriotes.

La campagne pour la présidentielle s'ouvrira dans quelques mois. Certains candidats font de la critique systématique de la lutte contre le terrorisme menée par le régime actuel leur sport favori.

Pour eux, le tableau est totalement noir. Nous sommes en politique. C'est de bonne guerre. Mais dans le cas d'espèce, la question va au-delà des clivages politiques.

Il s'agit du devenir de l'État et de l'idée de Nation au Burkina Faso. Ceux qui estiment avoir la recette pour guérir le Burkina Faso de ce mal ont là la formidable opportunité de faire leurs preuves devant le peuple.

Si la thérapie proposée semble efficace, les électeurs pourraient leur donner un blanc-seing pour l'expérimenter au soir du 22 novembre 2020.

En clair, les différents candidats sont attendus avec des solutions concrètes face à ce mal qui ronge le pays depuis de nombreuses années mais qui n'est pas prêt de s'arrêter. Il ne s'agit pas de jouer au démiurge ou au charlatan mais de proposer une alternative crédible et réaliste. Alors, à vos marques candidats !

Jérémie Yisso BATIONO

Enseignant chercheur

Ouagadougou

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