Ile Maurice: PNQ - La détérioration de la brèche anticipée depuis le 4 août

Pourquoi le gouvernement a-t-il attendu 14 jours avant de déclarer une urgence environnementale ? Pourquoi l'aide proposée par le secteur privé et les pays amis n'a pas été acceptée dès le premier jour de l'échouement ? Et surtout pourquoi les barges disponibles à Maurice n'ont pas été utilisées pour assurer l'immobilité de Wakashio ?

Autant de questions qui taraudent de nombreux Mauriciens et qui ont été adressées au ministre Sudheer Maudhoo au Parlement hier, lors de la tranche réservée à la Private Notice Question (PNQ). Selon le ministre de l'Économie bleue et de la pêche, c'est le propriétaire du Wakashio qui décide qui va mener les opérations de renflouage. Un Lloyd's Standard Form of Salvage Agreement a été signé entre le propriétaire du Wakashio et la compagnie SMIT Salvage à Singapore le 26 juillet. Un document qu'il a d'ailleurs refusé de déposer au Parlement, malgré la requête de Ritesh Ramful. Les réponses fournies par le ministre hier confirment que les autorités locales se sont contentées des rapports quotidiens fournis par le Salvage Master et d'un Special Casualty Representative.

Ces derniers ont, selon le ministre, avancé qu'un risque de déversement était «minime». Pourtant, dès le 2 août, soit quatre jours avant le début du déversement, le même Salvage Master a attiré l'attention sur le fait que la salle des machines où l'huile est stockée ainsi que des tuyaux avaient déjà été ébréchés par la force des houles. Deux jours plus tard, dans son rapport, il a déclaré que la situation s'est détériorée. Des informations qui ont poussé le leader de l'opposition à réclamer, avec force, la démission de Sudheer Maudhoo et du ministre de l'Environnement, Kavy Ramano.

En effet, lors d'une conférence tenue la veille du début de déversement, le 5 août, et au Parlement un jour plus tôt, soit le 4 août, Kavy Ramano avait assuré que la «situation était sous contrôle» et que son ministère était «préparé pour faire face à un éventuel déversement d'hydrocarbures». Arvin Boolell estime que le gouvernement a pris la situation à la légère et que le désastre écologique auquel Maurice fait face est le résultat de «l'irresponsabilité et l'incompétence» des ministres en poste. Par ailleurs, Sudheer Maudhoo a fait ressortir qu'un rapport préliminaire de l'enquête du directeur du Shipping est attendu dans les plus brefs délais. Ce qui permettra de déterminer la marche à suivre.

Après le naufrage, des ministres au secours de Sudheer Maudhoo

Séance houleuse au Parlement, lors de la PNQ axée sur le naufrage du «Wakashio», hier. Le leader de l'opposition n'était pas satisfait de la réponse du ministre de la Pêche, Sudheer Maudhoo. Qui, lui, a été épaulé par ses collègues...

Sale quart d'heure pour le ministre de la Pêche, Sudheer Maudhoo. L'opposition ne lui a pas fait de cadeau lors de sa première Private Notice Question (PNQ), au Parlement, hier. Mais il a eu le soutien de ses collègues et des fonctionnaires. En outre, la séance a été marquée par la suspension du whip de l'opposition pour trois semaines (voir plus loin).

La PNQ du leader de l'opposition, Arvin Boolell, était axée sur le naufrage du vraquier Wakashio sur les récifs de Pointe-d'Esny. Déjà, le ministre est arrivé au Parlement avec huit minutes de retard, alors que tous les élus avaient pris place dans l'hémicycle. Par la suite, il a commencé à lire une longue réponse qui n'était pas forcément liée à la question.

Cependant, huit minutes plus tard, le leader de l'opposition devait interpeller le speaker, Sooroojdev Phokeer. «J'ai posé deux questions spécifiques. J'attends une réponse précise», a protesté Arvin Boolell. Mais Sudheer Maudhoo a insisté que les explications étaient importantes. Trois minutes plus tard, l'élu de l'opposition devait une nouvelle fois se lever pour exprimer son désaccord avec la longue réponse.

«Ce n'est pas l'heure de faire une déclaration», a lancé Arvin Boolell. Mais le speaker n'a pas réagi, laissant faire le ministre Maudhoo. Ce qui a fait perdre patience à Shakeel Mohamed. «Li pa dir li nanié. Li les li kozé mem.Nou pa inn démann tousala !» a marmonné le député rouge.

Les fonctionnaires sont venus à la rescousse du mi- nistre. Et quand Arvin Boolell a demandé à ce dernier quelles ont été les mesures prises dès le premier jour du naufrage, c'est Patrick Assirvaden, l'élu de l'opposition, qui a répondu à sa place. «Zéro», a-t-il lâché.

Peu après, le leader de l'opposition lui a demandé pour quelle raison le gouvernement a fait croire à toute la population que tout était «under control». Après Sunil Bholah et Stephan Toussaint un peu plus tôt, cette fois, c'est Joe Lesjongard qui est venu à la rescousse de Sudheer Maudhoo. «Tout était sous-contrôle», a-t-il répondu, alors que le ministre donnait des explications.

Un peu plus tard, c'était au tour du ministre de l'Environnement, Kavy Ramano, de lui souffler des réponses. Des backbenchers du gouvernement sont également venus à la rescousse du ministre de la Pêche. Subhasnee Lutchmun-Roy et Kenny Dhunoo devaient s'en prendre à Salim Abbas Mamode, qui faisait partie de ceux qui réclamaient la démission de Sudheer Maudhoo et de Kavy Ramano.

«Sa bann ménas-la, mo pa per!» a déclaré le député du PMSD. Le speaker a essayé de rappeler à l'ordre, mais difficilement. À un moment, le ministre de la Pêche a répondu : «Attendons voir.» Patrick Assirvaden devait exprimer son mécontentement. «Bato apé koulé, ki pou atann», s'est exclamé le président du Parti travailliste. Par la suite, Sudheer Maudhoo a ajouté qu'il n'a aucun agenda politique. «Agenda mem to péna», a répondu Xavier-Luc Duval.

Le leader de l'opposition a aussi voulu savoir pour quelle raison les autorités mauriciennes n'ont pas jugé bon de montrer à bord du Wakashio dès le premier jour. Quand le ministre de la Pêche a répondu que la loi ne le permet pas, Patrice Armance, du PMSD, a eu ceci à dire. «Il est en train de mentir!» Son leader a ajouté que le ministre ne connaît pas la loi alors que Maneesh Gobin a essayé d'aider celui-ci.

Plus de: L'Express

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